dimanche , 27 septembre 2020
Dawood Torabally
Dawood Torabally entouré de son épouse et de sa fille.

Parti accomplir l’umrah : Dawood Torabally décède devant la Kaaba

Dawood Torabally, 68 ans, figure très connue à Mahébourg, parti accomplir l’umrah ne reviendra pas de son voyage

En effet, il est décédé à Makka dimanche dernier alors qu’il était parti pour accomplir le namaz Fajr devant la Kaaba Shareef. C’est accompagné de son épouse, Bibi Narimann Mowlaboccus et de sa fille Amiirah, qui étudie la médecine en Hongrie, que notre compatriote est parti en Arabie saoudite pour accomplir l’umrah au sein du groupe Skylink Travel. La fille du défunt revient sur le décès subit et inattendu de son père.

Chez la famille Torabally à Mahébourg, les proches se pressent pour venir rendre hommage à la famille. Quelques sanglots déchirent le silence de la maison. Wazeer, le fils du défunt, ne peut se retenir et laisse échapper quelques larmes quand sa sœur raconte comment son père voulait lui acheter un cadeau. Bhai Dawood Torabally était en bonne santé et avait quitté le pays le 5 février 2020. C’est lors de l’escale à Dubaï qu’Amiirah et sa mère sont venues rejoindre Dawood pour prendre l’avion pour Djeddah. « Mon père était un homme très jovial et était heureux lorsque ma mère et moi l’avons rejoint », dit-elle. À Djeddah, ils ont pris le coach ensemble pour se rendre à un hôtel à Makka. « Mo papa ti très heureux et li ti pe causer et tenir longue conversation avec moi et mo maman », ajoute-t-elle.

C’est main dans la main que tous trois font le tawaaf pour accomplir leur premier umrah. Lors du parcours entre Safa et Marwa, il paraissait fatigué et avait dit à Amiirah que ses pieds le faisaient souffrir. Ils ont perdu de vue le groupe et ensemble, ils ont continué leur marche. Sur le monticule de Safa, Amiirah s’est prosternée et lisait des duahs. « Mo papa ti fier kan li pe écoute moi faire duah et li fine lire li oussi », laisse-t-elle entendre. Après le rasage du crâne de son père et le raccourcissement de ses cheveux et ceux de sa mère, Amiirah et ses parents sont entrés dans un restaurant vers 3h du matin. De retour à l’hôtel, ils ont à peine dormi, car tout le monde voulait se rendre très tôt au Harram Shareef pour trouver une place devant la Kaaba pour accomplir le namaz Jummah. Après le namaz jummah vers 14h30, ils ont regagné l’hôtel pour le déjeuner et ensuite accomplir les namaz Assar et Maghrib.

« Fer to chemin… »

Le lendemain vers 2h du matin, Amiirah et ses parents sont partis accomplir le namaz tahajud et vers 7h30, ils sont retournés à l’hôtel pour prendre le petit déjeuner. Après une journée de ziyarat aux lieux saints, le groupe est retourné à l’hôtel. Amiirah raconte que dans la nuit de samedi à dimanche, elle avait accompagné son père pour accomplir le namaz tahajud. En route vers Haraam Shareef, son père lui a dit : « To conner aster fer to chemin, mo fer seki pou moi ». « Ce sont les dernières paroles que m’ont adressées mon père », nous relate Amiirah. D’après les images enregistrées sur son téléphone portable, il était devant la Kaaba à 4 heures du matin.

Amiirah raconte qu’elle a appelé son père à plusieurs reprises mais il n’a pas répondu. Elle a accompli un tawaaf vers 10h du matin et a demandé des duahs pour son père sans savoir qu’il n’était plus de ce monde. Pendant toute la journée de dimanche, elle a fait des ziyaarat dans l’espoir qu’elle verrait son père à l’hôtel à son retour. Hélas ! Il n’était pas dans sa chambre quand elle est retournée. Elle a commencé à entamer des démarches avec l’aide de Suhayl Peerbocus, un étudiant mauricien en Arabie soudite. Après quelques heures, elle a appris que son père était décédé depuis le matin et que son corps était à l’hôpital King Abdulaziz. C’est par le biais du système d’identification sur ordinateur qu’il a été retracé. Amiirah pleure à chaudes larmes en se remémorant les dernières paroles de son père. Le Qaari Abdullah Attari, présent sur le lieu pour les démarches, ne peut que remonter le moral d’Amiirah et de sa mère.

La toilette mortuaire (Ndlr : ghusl) a été effectuée à l’hôpital et son épouse a eu la permission de le voir. « Mo fine passe la main dans so cheveux et so figure et so figure ti éna ène sourire », nous confie-t-elle. Le namaz janazah a été accompli après le namaz Esha, dimanche, et le corps du défunt a été conduit au cimetière à côté du mont Arafat pour être mis en terre. Amiirah raconte que le Dr Yaseen Golamhossein a agi comme son fils pour descendre dans la fosse. « Mo papa ti estime li couma so garçon», fait-elle ressortir.

La famille Torabally remercie tous ceux qui lui ont témoigné de la sympathie durant ce moment difficile. Ses remerciements vont à Qaari Abdullah Attari, Dr Yaseen Goolamhossein, Suhayl Peerbocus ainsi que les autres membres du groupe.

Qu’Allah lui accorde le Jannat-ul-Firdaus.

Un homme de coeur

Pour Amiirah, son père était un homme de cœur. Il ne pouvait voir une personne se plaindre de la misère sans mettre la main à la poche. On raconte qu’il avait l’habitude d’acheter des livres neufs pour les enfants de ses employés et pour ceux qui n’en avaient pas les moyens. Amiirah raconte que son père a, à plusieurs reprises, racheté les maisons des personnes qui allaient être vendues à la barre. « Li acheter lacaze-là et li ranne dimoune la so lacaze », nous raconte-t-on. Bhai Dawood était au service des gens dans l’anonymat. On raconte aussi qu’il avait déjà envoyé une personne accomplir le hadj tous frais payés sans que sa famille ne le sache.

On retient surtout sa générosité lors du ramadan. « Chaque l’année li offert iftaar à 10 musjids et li guetter si pou Eid dimoune pas manque narien », souligne un membre de sa famille. Un proche parent de Bhai Dawood ne peut s’empêcher de nous dire que le défunt « pas ti guette figure ni kominoté pou li aider. Li fine construire lacaze pou donne en cadeau». Son épouse Narimann est triste qu’il ne soit plus de ce monde. Elle indique que Bhai Dawood travaillait très dur pour ses enfants et il voulait les voir réussir dans la vie. « Allah fine choisir li et mo accepter la volonté d’Allah », admet-elle.

Soulignons que Bhai Dawood avait débuté comme chef comptable à l’usine World Knit avant de prendre sa retraite pour se lancer dans l’entreprenariat, plus précisément dans le domaine de la pâtisserie. Il vivait dans une maison coloniale à Mahébourg, lieu de son enfance. Amiirah étudie la médecine en Hongrie tandis que son frère Wazeer est expert-comptable. Il travaille comme auditeur pour une grosse boîte.

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