Thursday , 22 October 2026

Diego Garcia : Are the British too smart? « …et honorent leurs engagements. » (Le Coran 23 :8)

Ainsi sont ceux qui ont la foi. Et ils vaincront finalement dans ce monde comme dans l’Autre. Quant à ceux qui violent leurs engagements, ils s’invitent à la disparition. Le British Empire, dont on vantait « on which the sun never sets » n’est plus ; et l’Histoire nous montre que son déclin est largement le résultat de sa perfidie.

Aujourd’hui, avec le dernier revers sur le dossier Diego Garcia, il est temps que nous réalisions que le Royaume-Uni ne peut être digne de notre confiance.

Perfidious Albion

Ce terme légendaire remonterait à l’époque des guerres franco-britanniques, voire d’un adage depuis le Moyen-âge, soulignant à quel point certains Anglais (en particulier pour les distinguer nécessairement des Ecossais, des Gallois et des Irlandais) peuvent être fourbes, hypocrites et rarement fiables, en matière de relations diplomatiques comprises. Il ne s’agit pas du British-bashing, mais d’une observation plutôt objective. De leur duplicité avec la déclaration Balfour à la manière de la partition de la Grande Péninsule en passant, évidemment, par l’excision des Chagos, les exemples durant le siècle dernier ne manquent pas.

La Perfide Albion pousse les Arabes à se soulever contre le Califat ottoman et s’engage formellement à reconnaître l’indépendance d’un grand royaume arabe, incluant la Palestine. En même temps les Britanniques en secret avec les Français rédigent les accords Sykes-Picot se partageant le Moyen-Orient, mais pour la Palestine, ils décident d’une administration internationale. Or, en 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères, Arthur Balfour, adresse une lettre publique à Lord Rothschild avec la promesse de l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif. Depuis la région flambe…

Quant à l’Inde, Churchill ne la voyait uniquement que comme un « Jewel in the Crown » qu’il fallait coloniser, contrôler et exploiter à tout prix, sinon démolir, si la British Raj n’était plus envisageable. Son hostilité vis-à-vis du Mahatma alors qu’il ménageait Jinnah mena à une Partition dont les cicatrices persistent jusqu’aujourd’hui. La politique de « divide-and-rule » des Britanniques arriva bien jusqu’à nous à Maurice comme le démontre même notre Constitution actuelle. Le comble est que tout est écrit dans les livres d’Histoire comme si le communalisme, pour ne citer qu’un des maux les plus sérieux de notre société, était dû à nos différences de religion et n’avait absolument rien à faire avec la colonisation britannique.

Too smart?

Sir Satcam Boolell, Q.C., avait été témoin des Conférences Constitutionnelles de 1961 et 1965, ensuite Ministre des Affaires Étrangères et aussi, Haut-Commissaire à Londres. Il écrivait avec beaucoup de discernement ses réflexions sur tout ce qu’il avait témoigné. Ses analyses élaborées lorsqu’il n’était plus dans l’exercice du pouvoir sont d’une grande pertinence. Ainsi, dans « Independence without tears », article si bien intitulé, il affirmait par rapport de la base de Diego Garcia : « The British were too smart. »

Sir Satcam expliquait comment les Britanniques avait inclut une clause pour accorder rétroactivement aux « Ilois » la citoyenneté mauricienne dès 1965. Il reconnaissait aussi que son propre parti, celui de l’Indépendance, comme l’adversaire, le Parti Mauricien, « have their share of blame in the shabby transaction ». Anand Mulloo, dans sa biographie de Sir Seewoosagur Ramgoolam, nous donne les détails comment les Britanniques avaient « …twist the arms of Ramgoolam…They had kept the Diego Garcia issue up their sleeves…Ramgoolam was forced to cede Diego Garcia as the price for independence ». Leur leurre était de céder à la demande des anti-indépendantistes pour un référendum au lieu de décider de l’avenir de Maurice par le biais des élections générales. En cela, les colons britanniques avaient été certainement « smart », car si les délégués mauriciens avaient été plus unis, il n’y aurait pas eu d’excision des Chagos.

La perfidie de Londres était dans le fait qu’il avait déjà décidé d’avance que Maurice aurait son Indépendance, quoiqu’il pourrait arriver. Même Sir Gaétan Duval dirait plus tard que ce n’était qu’une question de « timing ». Les câbles de WikiLeaks, désormais dans le domaine public, prouvent effectivement que Maurice était en face d’un fait accompli. Les échanges entre les USA et les Britanniques démontrent à quel point ils savaient la faiblesse de leur position de colonisateur-occupant, tant du point de vue légale que morale. Donc, ils devaient jouer à fond la carte politique. Et en cela, ils étaient diaboliquement redoutables. L’écrivain-politicien Shashi Tharoor n’avait-il pas un peu raison de remarquer : « The sun never set on the British empire… because even God couldn’t trust the Englishman in the dark ? »

Diego Garcia

En somme, la « smartness » des Britanniques se résume trop souvent par cet excès de confiance que nous leur accordons, par rapport à ce qu’ils se sont montrés dignes de s’attendre de nous. Sinon est-ce un complexe d’infériorité que nous avons développé envers eux ? Notre psychologie collective en souffre-t-elle à voir la manière que nous idolâtrons les équipes de foot anglaises ou encore la « British Education » ? Dans les deux cas, il s’agit surtout du business pour les Anglais, à nos frais, leurs prestations étant largement surévaluées.

Les Britanniques nous auraient même « outsmart », Dieu sait comment, peu après le premier 60-0 historique en nous imposant un « sold out » des Chagos, cette fois pour 4 millions de livres sterling. Le MMM, jadis farouchement opposé à toute base militaire à Diego Garcia, évoquait dès 1982 sa justification comme essentielle à la paix dans le Moyen Orient. Seulement 27 jours après son arrivée au pouvoir, son Ministre des Affaires étrangères paraphait un accord avec les Britanniques qui rendait également impossible le retour des « Ilois » dans l’archipel. En juillet 2004, de nouveau au pouvoir, le Premier Ministre d’alors, Paul Bérenger, devait subir l’affront de Tony Blair qui refusa de le recevoir pour discuter de la souveraineté des Chagos, y compris sur Diego Garcia.

Ne sommes-nous pas face à un autre affront pareil aujourd’hui ? Le 21 septembre 2026, première échange téléphonique entre le nouveau Premier Ministre Burnham et son homologue mauricien. Un communiqué d’ici annonce que le premier « réitère son engagement » à tout mettre en œuvre avec les USA pour la ratification du traité déjà signé par son prédécesseur. Il est prévu que nos ministres responsables des Affaires étrangères se rencontrent à New York, sans qu’il ne soit indiqué que la question de Chagos sera au rendez-vous. Effectivement, dans les comptes-rendus subséquents aucune mention de ce dossier. Entretemps, Trump est repassé par là et les Britanniques font marche arrière officiellement sur le traité qui avait été signé. Et le Premier ministre mauricien nous informe de son départ pour Londres pour reprendre l’épineux problème… sans cependant aucun rendez-vous au 10 Downing Street !

Conclusion

De Blair à Burnham, comme de Lloyd George à Wilson en passant par Churchill et Atlee, il y a une constante. Leurs engagements pris ne sont pas honorés quand ils ont affaire aux peuples colonisés. Ce qui a fait la force de ces derniers, toutefois, est qu’ils ont le « moral high ground », sauf s’ils se comportent comme des néo-colonisés. Le droit international comme les forums onusiens nous ont porté là où nous sommes dans nos revendications si légitimes. Ce sont nos seules armes qui sont infiniment plus puissantes aujourd’hui à l’heure des médias en ligne et des réseaux sociaux.

Il est vivement temps de mettre la pression au plus haut degré, sur les Britanniques surtout, en attendant que Trump ne soit plus à la Maison Blanche. Un de ses illustres locataires, Ronald Reagan disait avec justesse « If they cannot see the light, put on the heat ». D’ailleurs, ce qu’ils craignaient le plus de Sir Seewoosagur Ramgoolam à l’époque était l’organisation à l’époque d’une conférence internationale sur les Chagos, selon les câbles confidentiels sur WikiLeaks.

Ne faut-il pas rassembler autour d’un tel événement, non seulement nos soutiens multiples et inconditionnels en Afrique et en Asie, mais aussi de nouveaux partenaires comme l’Espagne, l’Irlande, la Norvège, le Brésil, l’Uruguay et certainement les pays voisins indien-océaniques ? Pas seulement les gouvernements, mais aussi la société civile et les instances humanitaires. Pour notre souveraineté, mais aussi pour la protection de l’océan ou encore pour faire face au changement climatique. Même les Maldives y trouveraient une retentissante réplique à leur tentative, que nous sous-estimons trop, mais qui nous vise directement. Ce sera aussi une occasion pour reconnaître et donner un rôle de premier plan aux Chagossiens, la Conférence pouvant conclure avec une flottille en route vers Diego Garcia sous les feux des projecteurs des médias et autres plateformes numériques du monde entier.

Prof. Khalil Elahee

Commentaires

A propos de star

Ceci peut vous intéresser

Respectons-nous vraiment La Mecque ?

« Il m’a seulement été ordonné d’adorer le Seigneur de cette Cité qu’Il a rendue …