samedi , 15 août 2020
Noor Kanowah

Noor Kanowah, vendeur de vieille ferraille : une volonté inoxydable pour faire perdurer l’entreprise familiale

Chez les Kanowah à Pailles, l’achat et la vente de vieilles ferrailles est une entreprise familiale. Les Kanowah, très connus à travers l’île, sont parmi les premiers à avoir lancé ce business à Maurice. Rencontre ave Mohammad Noor Basheer Kanowah, l’un des fils de Khalim, qui a pris la relève de son frère, Saddam.

La belle histoire a commencé en 1979. Khalim Kanowah et ses frères, connus alors comme les « Kanowah brothers », ont eu la bonne idée de débarrasser les gens des vieilles ferrailles qui encombraient leurs cours. Le porte-à-porte leur permet de gagner leur vie. On a fini par les appeler « Marchand Ferraille ». Ils proposaient leurs services gratuitement. Au début, cela marchait comme sur des roulettes et le business semblait florissant. Du coup, les Kanowah se sont fait une belle réputation aux quatre coins de l’île. Mais voila que des compétiteurs s’y sont mêlés eux aussi. « Pour nous, cela ne nous gênait nullement. Car, il y avait du travail pour tous. Outre le fait de nettoyer la cour ou le terrain des gens, on récupérait aussi de la vieille ferraille dans les rues pour exporter vers l’Inde », nous dit bhai Khalim.

Cependant, au fil des années, le nombre de compétiteurs a augmenté et les choses ont pris une autre tournure. «Au lieu de se débarrasser de leurs vieilles ferrailles, les gens préféraient les vendre. Ce qui a changé complètement le travail. Pire encore. Le gouvernement a interdit toute exportation. Ce qui fait que nous étions tous obligés de nous tourner vers la seule fonderie à Maurice, la « Samlo Koyenko Steel Co. Ltd. Le prix auquel la compagnie nous achetait nos vieilles ferrailles était nettement inférieur à celui auquel nous les vendions en Inde. Et nous étions tous obligés de nous plier aux exigences du gouvernement. Pour nous, c’était un gros manque à gagner », nous dit Mohammad Noor. «Beaucoup ont dû mettre la clé sous le paillasson vu la situation de monopole que jouissait une seule compagnie qui se permettait de fixer le prix », ajoute-t-il.

Une relève difficile

Khalim Kanowah, qui a commencé à récupérer de la vieille ferraille à l’âge de 18 ans, avoue que ce n’est pas un travail de tout repos. Fatigué, il a dû se retirer à 40 ans. Ce sont ses deux fils, Noor et Saddam, qui ont pris sa relève. Les deux frères, qui ont fait leur entrée dans le monde du travail à un moment difficile, en sont bien conscients. « Si auparavant on pouvait trouver des ferrailles un peu partout par contre, maintenant c’est devenu rare et les gens préfèrent les vendre. Étant donné que la compagnie nous les rachète à un prix inférieur, cela devient de plus en plus difficile pour nous. Car, avec les frais de main d’œuvre et de transport, ce n’est pas évident », dit-il.

Le marché des « marchands ferraille » étant saturé, Noor et Sadam sont obligés de chercher d’autres débouchés. Ils se font bûcherons ou contracteurs à l’occasion afin de gagner leur vie mais laissent toujours une option ouverte pour la récupération des vielles ferrailles, car il y a toujours des gens qui téléphonent pour désencombrer leurs cours.

Au service des nécessiteux

Noor est détenteur d’un diplôme d’Ingénieur mécanique de l’IVTB, mais a choisi le métier de son père. En dehors de leurs heures de travail, son frère et lui font aussi du bénévolat en venant en aide à des familles en difficulté. Depuis son jeune âge, Noor prenait plaisir à aider les gens. Au collège, il faisait partie de l’ONG Epilepsie Group (EDYCS). Il a obtenu six « Best Volunteer Awards » dans ce domaine.

Les Kanowah mènent un combat inlassable contre les trafiquants de drogue dans leur quartier. Ils font un appel au chef du gouvernement pour les aider à orienter les jeunes vers des loisirs sains.

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