dimanche , 9 août 2020

Opinion : Lockdown sur les rumeurs

Comme mensonge, il suffit à une personne de transmettre tout ce qu’elle entend. Une autre narration qualifie même de péché le fait de répéter tout ce qu’on entend. Le Coran rappelle aux croyants qu’ils doivent confier aux autorités compétentes une information, rassurante ou alarmante, et NON la diffuser au risque de provoquer un trouble social. Celles-ci ont le devoir les éclairer. Ainsi, avec la responsabilité citoyenne et la transparence des autorités, l’ordre public est garanti.

Aux rumeurs sur un nouveau lockdown, nous devons répondre par un lockdown sur les rumeurs. À force de répéter une chose, même en précisant que c’est une rumeur, nous créons un environnement de doute, potentiellement destructrice. Du panic-buying à la pagaille sur les routes et dans les écoles, tout peut basculer vers un chaos total. Il est prouvé que les rumeurs, demi-vérités et fake news sont reprises 70% plus souvent que les faits, par exemple sur les réseaux sociaux. Ceux qui pensent qu’il n’y a pas de fumée sans feu démontrent surtout une connaissance très limitée de la chimie élémentaire. Non seulement peut-il arriver que des mensonges soient fabriquées, mais cela est aussi fait intentionnellement dans le but de manipuler l’opinion.

À l’ère moderne, il y a aussi un ‘overflow’ d’informations, y compris celles qui ne sont pas exactes. D’une institution comme la CIA à l’homme de la rue, en passant par un étudiant accroc à Google et Wikipédia, tous peuvent être désarmés face à une multitude de données qu’ils ne peuvent analyser proprement dans un temps restreint. La vérité se trouve noyée au milieu d’un océan de faussetés et d’informations sans aucune pertinence. L’émotivité et la subjectivité prennent le dessus. L’absence d’un esprit critique ne fait qu’ajouter au désastre de l’autorité ou de la personne qui est inondée de telles données. Aucune intelligence rationnelle ne peut émerger d’une telle situation. Et si nous ajou-tons à cela l’absence d’une intelligence émotionnelle, le dicton anglais ‘ Ignorance is bliss’ serait juste dans ce cas. Mieux vaut ne pas savoir…

Et dire que nous vivons à l’ère où jamais comme auparavant la connaissance n’aurait été aussi acces-sible. Jamais n’avons-nous eu autant de moyens pour la transmettre et la sauvegarder. Cette intelligence ‘artificielle’ n’est aujourd’hui pas toujours utile, voire devient dangereuse lorsque nous faisons preuve de peu d’intelligence, celle du cœur surtout.

Que faut-il faire ? L’éducation est essentielle. Une vraie éducation qui ne néglige aucune dimension de notre personnalité. Mais aussi une éducation altruiste, et non individualiste. Mais il faut aussi un nouveau leadership qui soit morale, éthique, unificatrice et non partisane.

L’information juste, prompte, transparente et vérifiée est un droit. Le dialogue, le débat et la divergence sont cruciaux. Il y a lieu de se désespérer si nous regardons le déroulement des débats parlementaires. À interdire absolument à nos enfants et nos jeunes. Mais notre espoir, heureusement, ne repose pas sur les hommes. Dieu merci.

par DR KHALIL ELAHEE

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