mercredi , 29 septembre 2021

Samad Sairally, président du board de l’ICC : «Ma vision est : ‘ICC vers le peuple’»

Le président de l’Islamic Cultural Centre (ICC), Abdool Samad Sairally, dans le premier entretien qu’il nous accorde, laisse entendre qu’il compte avant tout promouvoir la culture islamique. Il affirme aussi que l’ICC n’est aucunement concerné par la délivrance de visas pour l’umrah.

L’Arabie saoudite a ouvert ses frontières pour accueillir les personnes vaccinées qui veulent accomplir l’umrah. Avec la crise sanitaire, l’ICC aura-t-il un rôle à jouer dans le cadre du petit pèlerinage?
Franchement non. Cependant, nous avons un droit de regard dans la mesure où ce sont nos frères et sœurs de foi musulmane qui feront le voyage en Terre sainte. En tant que responsable de l’organisation du hadj, l’ICC a la responsabilité morale de prendre toutes les informations pour les circuler auprès des potentiels pèlerins étant donné que nous vivons tous des circonstances exceptionnelles avec la pandémie de la Covid-19.

L’ICC est-il en contact avec les autorités saoudiennes ?
Nous avons pris contact avec la mission en Arabie saoudite pour rechercher les dernières informations après du ministère du Hadj et de l’Umrah qui a donné le feu vert pour ouvrir les frontières aux pèlerins vaccinés contre la Covid-19 venant de l’étranger. Le ministre du Hadj et de l’Umrah, le Dr Abdul Fattah Bin Sulaiman, travaille avec les autorités concernées pour développer un mécanisme dans le but de créer un environnement accessible et bien sécurisé en respectant toutes les conditions sanitaires. Il paraît que les conditions et quota varieront de pays en pays.

L’ICC n’a donc rien à faire avec l’umrah?
La délivrance des visas pour l’umrah est différente de celle du hadj. Chaque personne qui souhaite accomplir l’umrah doit passer par une agence accréditée auprès du ministère saoudien du Hadj et de l’Umrah. Le visa doit se faire à travers une plateforme de marketing approuvé et par un système de réservation. Un mécanisme a été mis en place par le ministère saoudien du Hadj pour ratifier électroniquement tout contrat entre les agents étrangers et les compagnies saoudiennes pour l’umrah.

Les Mauriciens n’ont pu accomplir le hadj deux années de suite. On imagine que la liste de pèlerins potentiels s’est allongée. Pouvez-vous faire le point sur la situation?
Bien entendu. Vu qu’annuellement Maurice dispose d’un quota de 1500 visas pour le hadj, cela nous soulage. Mais puisque deux années de suite il n’y a pas eu de hadj, la liste s’est évidemment allongée. À ce jour, le nombre de personnes enregistrées sur la liste tourne autour de 25 000. Etant donné leur désir ardent de se rendre en Terre sainte, les gens saisissent l’occasion qui leur est donnée d’accomplir l’umrah pour vivre leur religion de manière plus intense que d’habitude. Nous souhaitons que vu la situation à laquelle nous faisons face, les autorités saoudiennes prendront en considération toutes nos requêtes pour une augmentation du nombre de visas pour le prochain hadj.

Vous qui êtes en poste depuis l’année dernière, pourriez-vous nous dire comment s’est déroulée votre prise de fonction ?
D’abord, je remercie le Premier ministre, Pravind Jugnauth, et le vice-Premier ministre, Dr Anwar Husnoo, pour la confiance placée en moi. J’ai été nommé à ce poste pour donner un coup de main à l’ICC. Dès ma prise de fonction, j’ai fait un constat de la situation au niveau de l’organisme et des activités culturelles. Comme vous le savez, l’ICC est connu pour l’organisation du pèlerinage chaque année et il va continuer à le faire. Mon objectif est de recentrer le Centre culturel islamique pour donner à la culture ses lettres de noblesse et aussi aller vers nos concitoyens pour promouvoir la culture. Au niveau de l’ICC, nous avons célébré l’Urdu Day, l’Arabic Language Day et le Palestine Day. Malgré la pandémie qui a limité notre champ d’action, nous avons pu organiser beaucoup d’autres activités.

Quels sont vos projets prioritaires?
J’ai une vision pour la culture. Je souhaite porter le l’ICC vers nos concitoyens pour promouvoir la culture islamique. Nous prônons l’ouverture vers tous les Mauriciens. Vu que les membres du board viennent de différentes régions du pays, l’idéal serait de créer des cellules à travers l’île où chaque membre pourra regrouper les gens de sa région pour organiser les activités culturelles. Ma vision est : « ICC VERS LE PEUPLE ». D’autre part, nous vivons à l’ère du numérique, et je souhaite informatiser le programme du hadj. L’Arabie saoudite a déjà informatisé ses services et nous devons aller très vite. Nous pensons développer un système qui facilitera les pèlerins potentiels pour leur enregistrement en ligne. Une personne qui souhaite accomplir le hadj n’aura plus à se déplacer à l’ICC. Quant il entre dans le système, il aura un mot de passe et automatiquement il pourra suivre l’évolution de son rang sur la liste.

Quid du site web de l’ICC ?
J’ai constaté que notre site web était inactif. Mais il a été réactivité et le lancement se fera le 2 novembre 2021. Nous allons utiliser le site comme une plateforme pour mettre en exergue notre calendrier d’activités et toutes les informations recherchées y figureront. Aussi, nous comptons donner plus de visibilité à l’ICC sur le plan international.

Comment la Covid 19 a-t-elle impacté les activités à l’ICC?
La Covid-19 a mis un frein à notre enthousiasme quand nous avons enclenché notre plan d’action. Mais néanmoins nous avons bien redémarré et tous nos membres regardent dans la même direction.

L’ICC date de 2004. Certaines parties du bâtiment tombent en décrépitude. Que comptez-vous entreprendre pour y remédier ?
Certainement, nous n’allons pas laisser tomber un bâtiment de cette envergure dans la décrépitude. Les membres du board ont remarqué qu’il y a beaucoup de problèmes au niveau structurel qui méritent une attention immédiate. Ce bâtiment est un bijou dans l’océan Indien et c’est notre fierté. Avec le support du ministère des Arts et du Patrimoine culturel, nous allons solliciter l’expertise du ministère des Infrastructures publiques pour un constat et la marche à suivre. D’ailleurs, deux techniciens du ministère des Infrastructures publiques sont disposés à venir faire un constat global du bâtiment.

Portrait du président de l’ICC

Abdool Samad Sairally s’est joint à la fonction publique en 1974. Il y a connu une carrière fructueuse. À son départ à la retraite en avril 2020, il était Registrar General. II détient plusieurs diplômes : Diploma in Legal Studies and Management, Diploma in Law and Management, Diploma in Personnel Management and Industrial Relations.

Samad Sairally etait membre de plusieurs organisations internationales. Il était le vice-président du forum international des ONG basé à Paris et supporté par la commission de l’Union européenne. Il était le vice-président du comité sur l’élimination de la pauvreté. Il a été secrétaire de l’Islamic Welfare Foundation, et ex-trésorier et membre exécutif de Macoss. Il est récipiendaire d’un certificat pour sa contribution dans les activités volontaires socio économiques. Il a servi comme Returning Officer à maintes reprises aux élections générales, municipales et villageoises sous la supervision du bureau de la Commission électorale.

Le Chairman du board de l’ICC est un habitant de Plaine-Verte et durant sa jeunesse, il a joué dans plusieurs pièces au Théâtre de Port-Louis.

Composition du board

Le board de l’ICC est composé de membres suivants:

Abdool Samad Sairally (président)
Dawood Begue
Hossen Jeeawoody
Abdool Adil Olee
Mohamed Nizam Ramjean
Ibrahim Vavra

Les membres cooptés sont:

Fareed Arzamkhan
Ibrahim Lalmohamed
Nadeem Lotun
HouzeifaMamoojee
Abdool Mouazam Nazeerally

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