jeudi , 1 octobre 2020
Younous Ameen Moussa

Younous Ameen Moussa, ferblantier : À 70 ans, malgré son handicap, il continue de travailler

Younous Ameen Moussa, souffre de poliomyélite aux jambes mais il adore travailler. Il est aidé par son fils aîné, Ibrahim. Bhai Younous est ferblantier depuis 60 ans, une profession qui est appelée à disparaître.

Notre interlocuteur est aussi réparateur de radiateurs avec une quarantaine d’années d’expérience, autre profession qui se fait rare. Au fil des années avec la modernisation, le métier de ferblantier commence à disparaître. Et s’il en existe encore, on peut compter les ferblantiers sur les doigts de la main. Bhai Younous, ne compte pas seulement sur ce travail pour assurer son gagne-pain. Il a aussi une autre corde à son arc pour se tirer d’affaire. En effet, il répare les radiateurs des automobiles. Sa réputation a fait le tour de l’île. Ses clients lui ont même surnommé «Bhai Inous Radiateur ».

Bhai Inous n’a toutefois pas oublié ses débuts dans le monde du travail comme apprenti ferblantier. Et c’est avec nostalgie qu’il nous raconte sa vie. «J’avais 6 ans lorsque j’ai été atteint de la poliomyélite, une maladie entraînant la paralysie. J’ai passé 6 années à l’hôpital pour suivre des traitements. Pris en charge par le gouvernement, je suis allé dans une école spécialisée à Floréal, où j’ai réussi à mes examens de «Certificate of Primary Education » (CPE). Lorsque je suis retourné à la maison à Camp Yoloff, j’avais presque 13 ans. Mon père Ameen, qui exerçait comme Imam, m’a trouvé du travail chez bhai Hassam Boodheea, ferblantier renommé de la capitale. J’ai reçu tout son soutien pour faire mon apprentissage », nous dit-il.

De Port-Louis à Flacq

Au début, il a eu droit à 25 sous par semaine. Après cinq ans, d’apprentissage, il est devenu ouvrier de 1er grade. Sa famille est venue s’installer à la Cité CHA, résidence Hibiscus à Flacq. Agé de 17 ans, Inous ouvre son atelier de ferblanterie dans la cour. Pour se faire connaître, il fait passer des messages. Parmi ses clients nombreux sont des laboureurs et des planteurs qui plaçaient des commandes d’arrosoirs.

Au bout de quelques années, sentant que ce travail était menacé avec la modernisation, il s’est mis à réparer les radiateurs des automobiles. Il s’est fait aider par son fils, Ibrahim, qui fréquentait alors le collège Darwin pendant le week-end et les vacances scolaires. Après ses examens de SC, Ibrahim a quitté le collège et s’est mis à travailler avec son père. Bhai Inous compte toujours des fidèles clients, parmi des agriculteurs, des laboureurs, des pâtissiers pour des moules à gâteaux, et autres marchands de glaces pour des cuves.

Bhai Inous s’est marié à l’âge de 27 ans. Il a épousé Asmah. Ils ont eu trois enfants – un fils, Ibrahim et deux filles, Bilkiss et Naziah.

La ferblanterie

Le ferblantier  fabrique et vend des objets en fer-blanc – des arrosoirs, des gouttières, des cuves, de malles, des seaux, des décors pour le toit des anciennes maisons coloniales, des auvents, entre autres. Ce travail demande beaucoup d’adresse et de patience. Auparavant pour souder les objets en fer-blanc, le ferblantier fabriquait un genre des petites haches en fer (fer à souder), qui sont chauffées à blanc avec de l’étain et de la résine pour faire de la soudure. Mais avec l’évolution, ces outils ont disparu et ont fait place au chalumeau. Cette profession nourrissait bien son homme auparavant, jusqu’aux années 1990, mais aujourd’hui tel n’est plus le cas. Avec la construction des maisons en dur, ces objets qui étaient fabriqués avec du fer-blanc, sont aujourd’hui remplacés par le plastique ou le PVC.

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