lundi , 1 juin 2020

Ramadan à l’étranger : une expérience inoubliable et exaltante

On aime tous passer le mois sacré du ramadan aux côtés de nos proches. Mais pour plusieurs raisons, on peut se retrouver dans l’obligation d’observer le jeûne loin de sa terre natale. Pour beaucoup, cela a été une expérience inédite et inoubliable. Ils nous racontent leur vécu du ramadan en terre étrangère.

Riad Hullemuth, directeur d’Al Barakah : «Le ramadan en Égypte et aux Seychelles»

310518_riadRiad Hullemuth garde de très bons souvenirs des ramadans qu’il a vécus en Égypte et aux Seychelles. Il a une bonne connaissance des traditions égyptiennes car il a fait ses études tertiaires en Égypte pendant 8 ans. « Pour accueillir le ramadan, les Égyptiens allument des lampes (fanar) aux coins de rue et autour de leurs maisons. Les rues sont illuminées tout au long du mois », raconte-t-il.

Il avance qu’à Maurice, les musulmans mettent beaucoup d’accent sur la dimension spirituelle du ramadan tandis qu’en Égypte, outre l’aspect religieux, ce mois est aussi considéré comme une période de détente et de shopping. « Les rues sont transformées en de véritables foires et les magasins restent ouverts jusqu’à fort tard. C’est après le taraweeh que tout le monde fait ses courses. Il y a aussi le Mahida Ramadan qui est un dîner organisé en pleine rue par les riches hommes d’affaires et les footballeurs à l’intention des gens pauvres », dit-il. Riad Hullemuth affirme garder de bons souvenirs des prières accomplies à la mosquée Amr Ibn Aas qui accueille plus d’un million de fidèles par jour. « Pour pouvoir accomplir le taraweeh dans la mosquée, on devrait s’y rendre après le namaz assar », souligne-t-il. Il se rappelle aussi des longues heures de jeûne – soit 16 heures pendant l’été.

Par ailleurs, Riad Hullemuth estime que le ramadan est observé de façon très particulière aux Seychelles. « Les non-musulmans de l’île savent que le ramadan a débuté lorsque nous leur distribuons des dattes. Une mosquée n’accueille pas plus de 150 personnes pour le taraweeh car les musulmans sont éparpillés à travers Mahé. On organise également des expositions pour les non-musulmans pour leur faire découvrir l’islam durant ce mois béni », conclut notre interlocuteur.

Dr Siddick Maudarbocus, directeur de clinique : «Au Tchad, la peau de gazelles servait de tapis de prière»

310518_siddickLe Dr Siddick Maudarbocus, fondateur et directeur de Les Mariannes Wellness Sanctuary, nous confie qu’il a vécu des moments très forts de sa vie lorsqu’il a passé le mois sacré du ramadan dans deux différents pays : en Angleterre et au Tchad. Son passage dans ces deux pays lui a laissé de très bons souvenirs.

« Lorsque j’étais en Angleterre, j’avais rencontré un groupe de convertis. C’étaient tous des Anglais. J’avais constaté par la suite qu’il y avait plus d’une centaine de familles converties à l’islam. J’avais vécu le mois de ramadan avec elles et nous avions également accompli le namaz Taraweeh en congrégation. Ce fut pour moi un des meilleurs ramadans que j’ai vécus à l’étranger. Aujourd’hui encore, je me souviens de ces personnes qui vivaient dans la simplicité », dit-il encore. Le Dr Siddick Maudarbocus ajoute que ces gens lui ont fait découvrir la vraie valeur de l’amitié et aussi de l’amour pour l’islam. « Ils étaient pourtant des convertis. J’aurais aimé revivre ces moments à nouveau. À cette époque, l’Islam avait déjà commencé à se propager en Angleterre. Et aujourd’hui, on note un nombre important de musulmans qui vivent dans ce pays », souligne-t-il.

Le directeur de la clinique Les Mariannes dit avoir également vécu de très bons moments lorsqu’il était au Tchad, en Afrique. Il a eu l’occasion d’observer le jeûne du ramadan en compagnie des Tchadiens. « C’est un peuple qui vit dans l’extrême pauvreté. Pour rompre le jeûne, il y a avait le strict minimum : de l’eau et quelques dattes. Je me souviens qu’on utilisait la peau de gazelles comme tapis de prière. Après la salaat-ul-maghrib, on servait du poulet grillé à petit feu », relate-t-il. Il ajoute qu’au Tchad, il a pu découvrir l’immensité de la foi de ce peuple qui vit pourtant dans des conditions difficiles. « J’ai beaucoup d’admiration pour ces gens. Ils sont pauvres mais il y a de la barakat dans tout ce qu’ils font. Par exemple, le peu de nourriture qu’ils ont à leur disposition suffit à nourrir tout le monde », conclut le Dr Maudarbocus.

Amiirah Nabee Mohomed, enseignante : «La température pouvait atteindre les 50O C au Qatar»

310518_amiirahAmiirah Nabee Mohomed, enseignante au Collège St Helena, dit qu’elle n’oubliera jamais le ramadan qu’elle a passé au Qatar en 2017. Elle était l’une des boursières de la Hammad bin Khalifa Qatar Foundation et elle a eu l’occasion de suivre des cours pendant deux années. Elle a ainsi passé tout le mois du ramadan au Qatar l’année dernière. « Le ramadan a eu lieu en plein été l’année dernière et il faisait très chaud. La température pouvait atteindre les 50 degrés Celsius. Le sehri se terminait à 3 heures du matin et il fallait se faire vite car on entendait l’adhan pour la salaat-ul-fajr juste après », se souvient-elle. Elle ajoute que dans certains endroits, les Qataris annoncent l’iftaar à coups de canon.

Amiirah Nabee affirme n’avoir pas eu de difficultés à s’intégrer dans la société qatarie. « La population du pays est majoritairement musulmane et il y a très peu d’étrangers non-musulmans qui y travaillent. Quand vous vivez dans ce pays, vous avez l’impression d’être une vraie musulmane car tout le monde porte des tenues islamiques », poursuit-elle. Elle ajoute que durant ce mois sacré, les bureaux ferment après la salaat-ul-Zohr. Les restaurants et autres commerces sont également fermés dans la journée et ne s’ouvrent qu’après l’iftaar jusqu’au sehri. « Les Qataris profitent des offres promotionnelles à l’occasion du ramadan pour faire du shopping », dit-elle.

Selon notre interlocutrice, la nourriture du Qatar est succulente et très différente des plats mauriciens. Elle ajoute que durant le ramadan, de nombreux hôtels et restaurants proposent des buffets ouverts à prix réduits. Par ailleurs, Amiirah dit également apprécier la voix du Qari qui officie dans la mosquée pour le taraweeh. « La taraweeh dure plus d’une heure mais la voix mélodieuse du Qari nous fait oublier la fatigue. En l’écoutant, vous pourriez accomplir le taraweeh toute la nuit », nous confie-t-elle.

Yousouf Olitte, entrepreneur : «En Angleterre, toute la famille va à la mosquée»

mosquéeYousouf Olitte se rend souvent en Angleterre pour rendre visite à ses parents et à ses proches. Il a eu l’occasion d’observer le jeûne du ramadan à plusieurs reprises au pays de sa Majesté et il dit en garder de très bons souvenirs. Il estime qu’à Maurice, les musulmans doivent se réjouir des conditions climatiques favorables pour observer le jeûne. « Ici, le nombre d’heures est moins contrairement aux pays d’Europe et scandinaves. Il faut profiter de toutes ces faveurs divines pour se soumettre à notre Créateur », dit-il.

Il a vécu une expérience enrichissante lorsqu’il a observé le jeûne du ramadan en Angleterre aux côtés de ses parents, il y a quelques années. « Là-bas, j’ai découvert une autre facette de la foi. J’ai pu voir comment les frères et sœurs musulmans se soumettent complètement à Allah. Lors de mon dernier séjour en Angleterre, on prenait le sehri à 2h45 du matin alors que l’iftaar était à 21h15. Cela faisait plus de 18 heures de jeûne. Et malgré la fatigue, tout le monde accomplit les 20 rakaats du taraweeh lus avec tajweed en congrégation. Après le namaz taraweeh, nous n’avions qu’environ seulement 2 heures pour dormir avant le sehri », nous confie Yousouf.

D’ailleurs, Yousouf nous dit qu’il n’oubliera pas de sitôt le taraweeh accompli en Angleterre. « Le mode de vie de certaines familles anglaises de foi musulmane est exemplaire. À l’heure de la salaat-ul-esha, toute la famille converge vers la mosquée. Les femmes musulmanes sont accompagnées de leurs époux. C’était très beau à voir », se rappelle-t-il. Il ajoute que la East London Masjid White Chapel peut accueillir jusqu’à 10,000 fidèles pour le ramadan. « C’est une mosquée qui est tout le temps pleine à craquer. La Regent Park Masjid, située au centre de Londres, peut elle accueillir de 5000 à 6000 mussallis. Mais là encore, certains fidèles doivent accomplir la prière en dehors faute de place à l’intérieur », conclut-il.

Fareed Dean et Ahmad Fakuddeen Jilani

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