Me Rashad Daureeawo, Senior Counsel, ne relâche pas la pression sur le dossier des visas imposés aux ressortissants pakistanais. Rebondissant sur les précisions apportées la semaine dernière par le Bureau du Premier ministre, il réclame une révision immédiate du classement du Pakistan parmi les pays soumis à des restrictions renforcées.
Dans une lettre adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam, datée du 15 juillet 2026, l’homme de loi formule trois demandes précises : revoir sans délai l’inclusion du Pakistan dans la catégorie des pays concernés, accélérer et rendre plus prévisible le traitement des demandes de visa, et envisager l’introduction d’un visa électronique ou d’un visa à l’arrivée pour les voyageurs pakistanais éligibles.
Le Bureau du Premier ministre avait expliqué, la semaine dernière, dans les colonnes de STAR que le Pakistan figure parmi les 15 pays inscrits sous les Passport Regulations nécessitant l’obtention préalable d’un visa. Il avait également indiqué que les demandes sont généralement traitées dans un délai de douze jours ouvrables.
Dispositif vieux de 57 ans
Mais pour Me Rashad Daureeawo, ces précisions ne répondent pas à la question de fond : pourquoi le Pakistan demeure-t-il sur cette liste restrictive ? Il souligne que cette classification remonte à l’Eleventh Schedule des Passports Regulations de 1969, soit à un dispositif vieux de 57 ans. Il estime qu’une réévaluation s’impose au regard des profondes évolutions intervenues depuis dans les domaines du contrôle des frontières, des relations diplomatiques, des voyages internationaux et des systèmes électroniques de visa.
L’avocat met aussi en avant les liens historiques, culturels, familiaux et économiques entre Maurice et le Pakistan. Il rappelle que plusieurs familles mauriciennes ont des racines ancestrales dans des régions aujourd’hui situées au Pakistan, notamment le Punjab et le Sindh.
Selon lui, le Pakistan ne devrait donc pas être traité de la même manière que d’autres États figurant sur la liste restrictive. Il insiste également sur le fait que ce pays membre du Commonwealth entretient des relations cordiales avec Maurice et contribue aux échanges familiaux, commerciaux, éducatifs et touristiques.
Me Rashad Daureeawo invoque enfin le principe de réciprocité. Les Mauriciens doivent certes obtenir un visa pour se rendre au Pakistan, mais la procédure serait désormais largement électronique, simple et rapide.
Il avertit que le maintien du Pakistan parmi les pays soumis à des contrôles renforcés peut donner l’impression que ses ressortissants sont considérés comme indésirables ou présentant un risque migratoire plus élevé. Une telle perception, soutient-il, pourrait décourager le tourisme, les investissements, les échanges universitaires et les visites familiales.
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