samedi , 23 octobre 2021

Shameem Sahadut, de l’Association of School Bus Owners : «Un manque à gagner de 50 % depuis la nouvelle formule scolaire»

Shameem Sahadut, secrétaire et porte-parole de l’Association of School Bus Owners plus, espère que les demandes formulées auprès du ministère du Transport par son association seront prises en considération. Selon lui, la Covid-19 a affecté le secteur des « contract vans ».

Les membres de l’Association of School Bus Owners ont rencontré le ministre Alan Ganoo. Pourquoi avoir sollicité cette rencontre ?
Effectivement, depuis quelque temps déjà, nous voulions rencontrer le ministre du Transport afin de lui faire part des problèmes auxquels sont confrontés les propriétaires de « contract vans » depuis l’avènement de la pandémie à Maurice. Récemment, nous avons pu obtenir cette rencontre et le ministre Ganoo s’est montré attentif à nos doléances et a promis qu’il se pencherait sur notre cas.

À quel type de problème faites-vous allusion ?
Il y a plusieurs problèmes mais la rencontre était principalement axée sur les difficultés financières auxquelles font face plusieurs propriétaires de vans que ce soit pour le ramassage scolaire ou le transport des employés de bureau. Voyez-vous, depuis la pandémie, ce secteur n’est plus comme il l’était auparavant. Beaucoup de choses ont changé. Certains propriétaires n’arrivent plus à travailler comme il se doit et subséquemment se retrouvent face à des difficultés pour honorer leurs dettes notamment le leasing pour l’achat de leur van. Plusieurs propriétaires ont été notifiés par avis notariés que leur véhicule allait être saisi en cas de non-paiement. Ces gens avaient l’habitude de s’acquitter du leasing mensuellement mais depuis quelques mois, cela est devenu impossible pour eux.

Plusieurs propriétaires ont été notifiés par avis notariés que leur véhicule allait être saisi»

Y-a-t-il moyen de remédier à cela ?
C’est ce que nous demandons au ministre Alan Ganoo : de trouver un arrangement pour le paiement des arrérages sur le leasing ou de venir en aide d’une quelconque façon à ces propriétaires de vans qui sont avant tout des pères de famille. Le ministre nous a promis qu’il va discuter de notre cas avec le ministre des Finances. Nous demandons que ces propriétaires puissent avoir un délai de six mois pour que leur véhicule ne soit pas saisi.

Les propriétaires de « contract vans » avaient-ils bénéficié de ‘schemes’ suivant la pandémie ?
Là encore, c’est un autre casse-tête pour plusieurs de mes collègues. Une grande majorité me dit que leurs demandes sur la plateforme numérique n’ont jamais abouti.

Quels sont vos autres griefs exposés lors de la rencontre ?
Tout d’abord, il faut comprendre que les « contract vans » opèrent dans plusieurs secteurs : école, employés de bureau, tourisme. Pour ce qui est des vans destinés au transport des employés de bureau, le propriétaire dispose d’une licence en bonne et due forme pour accomplir ce travail. Néanmoins, il lui faut uniquement transporter les employés d’une (ou des) compagnie (s) qui lui donne (nt) l’autorisation de le faire. Au cas contraire, il opère dans l’illégalité. Mais depuis la pandémie, le monde du travail a changé. Aujourd’hui, le télétravail gagne du terrain alors que de nombreuses sociétés ont mis la clef sous le paillasson. Nous avons de ce fait demandé au ministre de revoir cette situation et ainsi permettre à un « contract van » qui opère dans le transport des employés de bureau de pouvoir transporter les employés de n’importe quelle autre compagnie.

Pensez-vous que la National Land Transport Authority se plierait à vos exigences ?
On demande uniquement un peu plus de flexibilité par rapport aux permis d’opérer surtout en cette période de crise sanitaire, voire financière, pour beaucoup d’entre nous. Ce n’est pas la mer à boire, il faut seulement un peu de volonté. Par exemple, sur le permis délivré par la NTLA, il y a le nom et l’adresse de la compagnie pour laquelle un quelconque « contract van » transporte les employés. Il suffirait à la place de mettre la mention « All Employees » à travers le pays et le problème est résolu.

Combien de « contract vans » véhiculant les employés de bureau sont concernés par cette situation ?
Je dirais entre 1500 à 2000. Ce sont des pères de famille qui ont des dépenses et des dettes comme tous les Mauriciens. S’ils ont la possibilité de pouvoir transporter des employés de n’importe quelle compagnie, cela va créer un dynamisme et aussi créer des emplois à temps partiel.

Par ailleurs, vous vous êtes farouchement opposés aux variations des permis. Pourquoi ?
Je trouve que c’est une perte de temps. Par exemple, moi, j’ai un permis pour le ramassage scolaire avec tous les critères requis. Pensez-vous qu’avez la rentrée scolaire, j’irais faire une demande pour opérer dans un autre créneau ? Et le plus drôle, c’est qu’on n’a pas le droit d’opérer dans deux différents secteurs. Pourquoi se rebattre sur le système des variations alors que plusieurs autres propriétaires ont plus de difficultés ? Après, ce n’est pas une mesure permanente.

On demande un peu plus de flexibilité en cette période de crise sanitaire»

Est-ce que la Covid-19 est le seul facteur qui affecte les « contract vans » ?
La Covid-19 a chamboulé le monde. Notre secteur a été touché par le fait que plusieurs compagnies ont opté pour le ‘work from home’. Cela comporte plusieurs avantages pour elles. Mais pour nous, cela représente une baisse de clientèle. Outre la Covid-19, il y a eu la hausse du prix des carburants mais c’est une mesure qui affecte tous les Mauriciens et qui a été utile pour l’achat des vaccins.

Vous opérez dans le secteur du ramassage scolaire. Votre travail a-t-il été impacté ?
La nouvelle formule proposée par le ministère de l’Education est un gros souci. D’ailleurs, elle représente un manque à gagner de 50% pour les propriétaires de vans scolaires. Avec le fait que les enfants ne partent à l’école que 8 à 12 jours par mois, les parents ne veulent pas payer les tarifs habituels.

C’est assez logique…
Bien sûr ! En tant que parents, nous comprenons leur situation. Il n’est pas convenable de leur faire payer le transport pour un mois alors que les enfants ne vont à l’école que 8 ou 12 jours. Mais nous arrivons à trouver des formules pour que personne ne soit perdant. Je remercie les parents pour leur compréhension car ils continuent à nous faire confiance.

Comment compensez-vous ce gros manque à gagner ?
Vous savez, des fois, le plus important c’est de faire le travail avant tout et ensuite de penser à l’argent. Ces nombreux parents, surtout ceux qui travaillent, comptent beaucoup sur nous pour que leurs enfants puissent se rendre à l’école à l’heure et ensuite rentrer chez eux en toute sécurité dans l’après-midi. Il y a cet élément de confiance qui s’est formé au fil du temps. N’empêche qu’avec l’inflation, nous commençons à ressentir ce poids étant donné que nous avons aussi des bouches à nourrir.

Un mot sur l’Association of School Bus Owners.
Notre association a vu le jour en octobre 2013 et compte plus d’un millier de membres. Nous avons mené plusieurs combats par le passé et pour être la voix des propriétaires de vans qui faisaient face à des difficultés. En outre, nous sommes très actifs sur le plan social et avons participé à diverses activités caritatives. Actuellement, nous multiplions les démarches pour revoir les critères sur l’emploi d’un helper dans les vans scolaires et aussi pour étendre la durée de vie légale d’un « contract van » de 20 ans à 25 ans.

Commentaires

A propos de Nuur-Uddin Jandanee

Ceci peut vous intéresser

Samad Sairally, président du board de l’ICC : «Ma vision est : ‘ICC vers le peuple’»

Le président de l’Islamic Cultural Centre (ICC), Abdool Samad Sairally, dans le premier entretien qu’il …