Monday , 1 June 2026

Reza Uteem au sujet de la PQ de Joanna Bérenger : «Savez-vous combien mes parents ont souffert ces derniers jours ?»

« Est-ce que vous savez combien mes parents âgés ont souffert ces derniers jours à cause de Joanna Bérenger ? Alors que l’Eid est une célébration, le cœur n’y était vraiment pas pour mes parents. » C’est par ces mots que Reza Uteem souhaite recentrer la polémique née de son échange tendu avec la députée Joanna Bérenger.

Reza Uteem affirme que ses parents ont été profondément affectés par les accusations évoquées à l’Assemblée nationale. Selon lui, sa mère a été directement visée par une question qui ne portait pas, dit-il, sur la situation générale des travailleurs migrants, mais sur un cas précis d’abus allégué contre elle.

« Joanna Bérenger n’a pas posé une question sur les travailleurs migrants en général. Elle a posé une question spécifique sur l’existence d’un cas d’abus rapporté par un travailleur contre ma mère », fait-il valoir.

Le ministre estime que cette formulation a donné l’impression que sa mère aurait enfermé, séquestré ou maltraité un travailleur étranger. Il rejette cette lecture des faits et rappelle que le dossier a été examiné par la Special Migrant Workers Unit.

Une enquête qui n’a établi aucun abus

Selon lui, cette unité n’a constaté aucun abus, aucune violation de la législation du travail et aucun salaire impayé.

« Dans ma réponse, j’ai clairement expliqué qu’après enquête, la Special Migrant Workers Unit n’avait trouvé aucun cas d’abus, aucune violation de la loi du travail et aucun salaire impayé », souligne-t-il.

Pour Reza Uteem, ce constat aurait dû suffire à calmer la polémique. Il estime au contraire que ses parents ont été exposés publiquement sur la base d’allégations non établies.

Il dit accepter la critique politique et le contrôle parlementaire. Mais il considère que ses parents, qui ne sont pas des acteurs politiques, n’auraient pas dû être entraînés dans cette controverse.

« Mes parents ne méritent pas d’être jetés en pâture simplement parce que Joanna Bérenger bénéficie de l’immunité parlementaire », affirme-t-il.

L’immunité parlementaire en question

Le ministre estime que cette immunité ne devrait pas permettre de porter atteinte à l’honneur de personnes privées, surtout lorsque l’enquête administrative n’a établi aucun abus.

Il affirme aussi que les accusations visant sa mère ont indirectement atteint son père, l’ancien président de la République Cassam Uteem. Selon lui, elles pouvaient laisser entendre qu’il aurait toléré la séquestration d’un travailleur sous son toit.

C’est cette dimension familiale, dit-il, qui a rendu l’affaire particulièrement douloureuse. D’autant plus que la polémique est intervenue dans le contexte de l’Eid. « Alors que la fête Eid est une célébration, le cœur n’y était vraiment pas pour mes parents  », confie-t-il.

Le mot « colon » : des excuses assumées

Le ministre ne conteste pas avoir mal choisi ses mots. Il affirme avoir regretté l’usage du terme « colon » et présenté des excuses publiques sur Facebook à ceux qui ont pu être blessés par cette expression.

« J’ai regretté le mot et c’est pour cela que j’ai présenté mes excuses », fait-il ressortir.

Mais il estime que son excuse ne doit pas effacer l’autre partie de l’affaire. À ses yeux, le débat est devenu déséquilibré : son mot a été condamné, mais les accusations contre ses parents n’ont pas été remises en question avec la même rigueur.

« J’ai présenté mes excuses publiquement pour avoir utilisé ce terme et si j’ai blessé quelqu’un. Contrairement à moi, Joanna ne s’est pas excusée d’avoir diffamé ma mère », soutient-il.

Droits des travailleurs

Reza Uteem rejette aussi toute idée de complaisance envers les abus contre les travailleurs. Il rappelle qu’en tant que ministre du Travail, il affirme défendre les droits des travailleurs, y compris ceux des travailleurs migrants.

Il cite notamment son engagement en faveur du droit de grève devant la Cour internationale de Justice, la tenue des Assises du Travail, ainsi que les travaux du National Tripartite Council.

Lors de cette instance, plusieurs sujets ont été discutés, dont l’introduction de la semaine de 40 heures et l’extension des dispositions de la Workers’ Rights Act aux employés gagnant plus de Rs 50 000 par mois.

Le ministre estime que son action publique démontre son engagement sur les droits des travailleurs.

Une affaire qui ne se résume pas à un mot

Pour lui, cette affaire ne doit donc pas être réduite à une phrase prononcée au Parlement. Il dit avoir reconnu son erreur et présenté ses excuses. Mais il estime que la question centrale demeure : ses parents ont-ils été injustement mis en cause ?

Selon lui, l’enquête n’a établi aucun abus. Dès lors, il considère que sa mère et son père n’auraient pas dû être exposés publiquement comme ils l’ont été.

« J’ai présenté mes excuses pour un mot. Mais qui présente des excuses à mes parents ? » résume-t-il.

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