mercredi , 29 septembre 2021

Préparons-nous à l’éventualité d’un auto-isolement

Nous avons souvent tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de vie dans les dortoirs des travailleurs étrangers. Sans doute en violation des recommandations même de l’OMS, nous les avons transformés en des lieux de quarantaine, voire des zones rouges.

Aujourd’hui il en existe plus d’une dizaine où pullule le coronavirus. Le pays a battu tous les records en cas de transmission du virus, sans compter les cas positifs qui augmentent dans la communauté comme le prouvent des résultats qui tombent des COVID-19 Testing Centres. Ce qui se passe dans les dortoirs doit nous pousser, chacune et chacun parmi nous, à l’éventualité d’un nécessaire auto-isolement, tôt ou tard.

Auto-isolement

L’isolement n’est pas une nouveauté. Il se faisait dans les hôtels, les hôpitaux, les centres de traitement et même à domicile. Toutefois, avec l’explosion des cas, le plus souvent asymptomatiques, et la vaccination déjà complétée des personnes concernées, il sera possible de faire l’auto-isolement chez soi dans la plupart des situations. Non seulement ce sera un soulagement pour les services de santé et une réduction des dépenses publiques, mais surtout ce sera une expérience humaine moins difficile pour les personnes testées positives à la COVID-19 ou suspectées de l’être. Comme pour leurs proches. Psychologiquement, l’épreuve est plus gérable particulièrement pour les enfants, les seniors et les personnes en situation de handicap ou souffrant d’autres maladies. Même pour les professionnels et les étudiants, le travail à domicile est toujours possible.

Les autorités pensent que le variant DELTA du coronavirus ne circule pas dans la population. C’est peut-être le cas, car nous aurions connu des centaines de cas chaque jour dans la communauté. Mais jusqu’à quand serons-nous épargnés surtout avec l’ouverture des frontières ? Sinon, les spécialistes prédisent d’autres variants dans les mois ou années à venir. Tous ces variants se propageront plus facilement, car ceux qui se transmettent le moins disparaitront naturellement. Par contre, on peut s’attendre à ce que ces variants les plus répandus soient moins dangereux. Un variant qui est le plus mortel n’aura pas une longue existence, car il n’aura pas suffisamment d’hôtes pour se transmettre. C’est pourquoi l’auto-isolement sera sans doute une pratique quasi-normale pour contrer la pandémie.

Dortoirs

Mais il faut tirer les leçons de ce qui se passe dans les dortoirs sinon nous transformerons nos maisons en lieux de propagation. D’abord, il faut continuer à vacciner. Avec plus d’un milliard de doses injectées dans le monde, il est établi que même si le vaccin n’empêche pas l’infection et la transmission totalement, les bénéfices sont plus que significatifs. Ceux qui sont contaminés ne sont pas vraiment à risque de complication grave lorsqu’ils ont été vaccinés auparavant. C’est pourquoi les autorités doivent vacciner au plus vite les personnes les plus vulnérables. Celles-ci, y compris les personnes âgées, en ont plus besoin que les moins de 18 ans, par exemple. Ceux qui sont vaccinés pourront être en auto-isolement au lieu d’être dirigés vers des centres de quarantaine si jamais ils sont positifs à la covid-19 ou ont été en contact avec ceux-là, surtout s’ils sont asymptomatiques et n’ont pas de complications.

Selon les recommandations de l’OMS, ‘si la quarantaine est effectuée à domicile, la personne en quarantaine doit être seule dans une pièce bien aérée. Si elle ne peut pas disposer d’une pièce pour elle seule, elle doit rester dans une zone désignée et se tenir à une distance d’au moins un mètre des autres membres du foyer. L’utilisation des espaces communs, de la vaisselle et des couverts doit être réduite au minimum, et les pièces communes (comme la cuisine et la salle de bains) doivent être bien aérées’.

C’est là surtout, malheureusement, que les dortoirs n’ont pas été aux normes. Mais cela ne date pas d’hier. La COVID-19 n’a fait que ramener à la surface et amplifier les défaillances et dysfonctionnement existants. C’est cela qu’on appelle une ‘syndémie’. Combien parmi nous vivent dans des conditions décentes où l’auto-isolement sera possible d’après les normes ? C’est comme pour le travail à distance ou le ‘home-schooling’, nous ne sommes pas tous égaux. C’est pourquoi il faudra préparer méticuleusement l’éventualité d’un auto-confinement afin qu’il soit efficace. En parallèle, il faudra renforcer le respect des gestes barrières, car nous voyons trop de laisser-aller sur les lieux de travail, dans les écoles et surtout dans les rues.

Selon, l’OMS, en l’absence de chambres individuelles pour l’auto-isolement, ‘les lits doivent être placés de façon à ce que ceux qui les occupent puissent rester à un mètre au moins les uns des autres. Une distance physique d’au moins un mètre doit être toujours maintenue entre toutes les personnes placées en quarantaine. Des mesures environnementales appropriées de lutte anti-infectieuse doivent être appliquées, notamment en assurant l’accès aux installations d’hygiène de base (c’est-à-dire eau courante et toilettes) et l’application de protocoles de gestion des déchets et des fournitures.’

Accompagnement

Les autorités doivent non seulement évaluer et surveiller l’efficacité d’un auto-isolement, mais aussi accompagner la personne en question. Par exemple, il n’est pas possible de lui demander de voyager par bus, ou autrement, afin d’aller faire des tests PCR dans un centre. Ces tests doivent se faire à domicile. Or, nous savons que la pression sur les services de santé va s’accentuer si les cas augmentent. Donc, il faudra engager davantage dans la lutte contre la pandémie d’autres partenaires comme les cliniques privées, les pharmacies, voire former des groupes de bénévoles avec le soutien des ONG. Ceux-ci, dans le respect des mesures sanitaires, sont mieux à même à approcher et accompagner les personnes en auto-isolement. Imaginons quelqu’un qui vit seul et doit être en confinement à son domicile! Il est temps de faire du concept de l’‘économie de la vie’, mentionné en phare dans l’avant-dernier Budget, autre chose qu’un slogan. Investissons dans les services de soin à domicile si le bénévolat a ses limites.

Conclusion

Pendant longtemps, nous avions cru que l’espérance de vie allait toujours croître au fil des décennies. Même avant la COVID-19, elle était déjà en baisse par exemple aux USA avec les maladies cardiaques, le cancer, les accidents de route, la toxicomanie, le tabac, l’alcool, sinon la criminalité, renversant l’impact des progrès de la médicine. Avec la pandémie, les gens, en moyenne, meurent plus tôt presque partout au monde. Jusqu’à presque quatre années de moins en Afrique du Sud depuis le début de la nouvelle décennie. Nous ne serons pas épargnés, peut-être, même si nous savons aussi qu’à partir de cette année-ci la population de notre pays commencera à baisser. Le débat actuel sur la réforme de la pension de retraite ne fait que souligner le défi de la décroissance et du vieillissement de la population. Ajoutons à cela, des gens qui meurent plus jeunes et l’impact de la COVID-19.

Dieu Seul sait ce que demain nous réserve… mais nous pouvons faire des efforts dans la préparation d’un avenir meilleur. Prions pour que ce ne soit pas le cas pour chacun parmi nous, mais il est probable que certains devront s’auto-isoler tôt ou tard. Même si nous sommes très nombreux à respecter les gestes barrières, comme nous le voyons dans les lieux de culte par exemple, il y a toujours des récalcitrants. Et un autre variant plus contagieux est possible. Il faut penser dès maintenant ce que nous ferons s’il faut nous auto-isoler. TO FAIL TO PREPARE IS TO PREPARE TO FAIL…

Par DR KHALIL ELAHEE

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