Derrière le chef-pâtissier reconnu se cache un amoureux de la nature. Dans le jardin qu’il a imaginé et façonné à Bel-Air-Rivière-Sèche, Zulfekar Ali Massafeer cultive avec la même passion les plantes et les fleurs…
On ne le présente plus… Il a animé des émissions, participé à des shows et partagé ses recettes pleines de douceur avec les Mauriciens. Le Chef Zulfekar Ali Massafeer est un nom associé à la pâtisserie dans le paysage culinaire mauricien. À 47 ans, le chef-pâtissier cumule vingt ans d’expérience dans le domaine. Il a fait le tour des grands hôtels, dont le Constance Prince Maurice, et est à la tête de sa propre école de cusisine depuis 2015, à Mesnil, où il forme la génération de demain de passionnés et de professionnels.
Et pourtant, aujourd’hui, nous vous emmenons à la rencontre de Zulfekar Ali Massafeer, le passionné de jardinage, des plantes et de la nature. À Bel-Air-Rivière-Sèche, sa maison est nichée dans un village serein et tranquille. Son jardin, agrémenté d’un bassin, est bercé par le cui-cui des oiseaux et le ruissellement de l’eau d’une petite cascade, qui font la fierté et le bonheur de son propriétaire. « Mon matin débute dans mon jardin. De quatre à sept heures, je suis au four et au moulin dans mon jardin, qui est un havre de paix pour mon épouse et moi », débute le chef.
Depuis l’enfance, une passion pour la nature
Son amour des plantes et de la nature a commencé dès l’enfance, en voyant le temps que ses grands-parents et ses parents consacraient à leur jardin. « J’ai vu ma dadi, mon père, planter et s’occuper de leurs plantes avec tendresse… Ils m’ont transmis cet amour des plantes, de la verdure et, pendant la construction de ma résidence, j’ai dessiné et conçu mon jardin, du plan jusqu’à la mise en terre de chaque plante », nous raconte-t-il avec une joie tangible.
Armé de son amour pour la nature, il bouquine, cherche, fait des recherches, surfe sur les pages spécialisées en ligne et passe son temps à apprendre grâce à YouTube afin de parfaire ses connaissances des plantes. « Avec beaucoup de recherches, j’ai créé un espace vert qui est toujours en fleurs, tout au long de l’année, car j’y ai cultivé des espèces de différentes saisons qui fleurissent à tour de rôle », dit-il.
Plantes et animaux, des êtres sensibles
En traversant le jardin, une surprise attend le visiteur : un bassin rempli de carpes koï, ces poissons qui évoquent le courage, la persévérance et la force intérieure, et qui occupent une grande place dans la culture japonaise. « À travers leurs couleurs chatoyantes et leurs mouvements gracieux, ces créatures fascinent autant qu’elles apaisent. Mais derrière leur élégance se cache un univers où se rencontrent passion, patience et respect du vivant… Je les nourris à la main, elles m’attendent et me rendent cet amour », nous relate Zulfekar Ali Massafeer.
Sa passion pour la nature, il l’a également transmise à son épouse, Washifa Massafeer, qui l’accompagne aussi dans son école de pâtisserie. Elle s’occupe, elle aussi, des plantes, les taille et élague les branches et les feuilles. « When you love nature, nature will love you », ce proverbe, le pâtissier et artiste y croit profondément et y adhère pleinement. « Je parle à mes plantes… Je les encourage à grandir et je les félicite. Les plantes sont dotées d’une vie et elles nous comprennent. Aujourd’hui, je peux donner n’importe quelle forme à mes plantes », dit-il.
La pâtisserie et le jardin, intrinsèquement liés
Au milieu des bougainvilliers, du bambou japonais, des cyprès, des pétunias, des cannas – sa plus grande fierté du jardin – et de nombreuses autres espèces, des plus simples aux plus rares, il nous explique que, pour lui, la pâtisserie et la nature sont intimement liées. Habitué des sculptures en sucre, il s’inspire de ses fleurs pour façonner ses douceurs et, inspiré par les formes de la nature, il taille également ses plantes, leur donnant des silhouettes qui ravissent ses convives.
« La pâtisserie ressemble à un jardin. Elle exige du temps, de la patience et une attention constante. Comme le jardinier qui observe les saisons, le pâtissier apprend à respecter le rythme des ingrédients. Les douceurs et le jardin ont en commun qu’ils plaisent d’abord au regard de celui qui les contemple… Les formes, les couleurs attirent », laisse entendre Zulfekar Ali Massafeer, presque poétiquement.
« Pendant le mois de Ramadan, avant que les rayons du soleil ne percent l’horizon, je vais accomplir le sehri dans mon gazebo, au milieu de mes plantes, ou, à la fin de la journée, l’iftar… Ce moment de quiétude me permet de contempler, dans une infime partie certes, la beauté dont Allah a béni cette planète », nous confie-t-il avec reconnaissance.
Aujourd’hui, cette passion le pousse à participer à des concours, dont le dernier organisé, l’Espace Maison Garden Competition 2026, où il a remporté le premier prix. Cette récompense est, pour le chef accompli, une reconnaissance de la beauté et de l’innovation de son jardin, mais aussi des soins, de la patience et de l’amour qu’il met chaque jour à l’embellir.
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