Thursday , 22 October 2026

Règlement strict du ministère du Hadj saoudien – Hajj Mission de Maurice : Fini les membres de complaisance

La Hajj Mission mauricienne ne pourra plus fonctionner comme auparavant, avec quelques chevilles ouvrières au front et d’autres membres au rôle flou. Pour le Hadj 2027, les autorités saoudiennes resserrent les règles : désignations anticipées, responsabilités précises, formation obligatoire et évaluation. Mieux encore, huit membres mauriciens seront formés en Arabie saoudite du 8 au 11 novembre 2026 avant de transmettre leur expérience au reste de l’équipe.

À Maurice, la Hajj Mission fonctionne depuis des années à deux vitesses. D’un côté, une poignée de membres en constituent les véritables chevilles ouvrières. Sur le terrain, ils courent d’un hôtel à l’autre, interviennent auprès des opérateurs et des prestataires, règlent les problèmes de transport, d’hébergement ou de restauration et répondent aux doléances des pèlerins. Ils portent, en pratique, une grande partie de la mission sur leurs épaules. Ils sont au four et au moulin.

De l’autre, certaines nominations ont régulièrement suscité des interrogations. Des membres se retrouvent au sein de la délégation officielle sans fonction opérationnelle clairement définie, parfois à la faveur de désignations effectuées à la dernière minute. Leur rôle sur place reste alors difficile à cerner, pendant que les mêmes chevilles ouvrières doivent multiplier les interventions.

Au fil des années, ces choix ont aussi nourri le sentiment, chez certains observateurs de l’organisation du Hadj, que quelques places au sein de la Mission pouvaient relever davantage de la proximité ou de la complaisance que d’un besoin réel sur le terrain. En clair : pour certains membres, l’appartenance à la Hajj Mission aura surtout eu pour effet de leur permettre d’obtenir un visa et d’accomplir leur pèlerinage sous l’étiquette de la délégation officielle, sans être soumis à la même charge de travail que les membres opérationnels. Ces observateurs ont, année après année, relevé ces interrogations sur les critères de sélection et le rôle effectif de certains membres.

Resserrer les règles

Cette pratique devrait désormais devenir beaucoup plus difficile. Pour le Hadj 2027, le ministère saoudien du Hadj et de l’Umrah resserre considérablement les règles applicables aux missions étrangères. Il ne suffira plus d’être désigné pour faire partie de la délégation : chaque membre devra être identifié à l’avance, formé, évalué et affecté à une responsabilité précise. Les noms devront en outre être communiqués dans les délais imposés par les autorités saoudiennes, mettant en principe un terme aux nominations de dernière heure.

Autrement dit, la Hajj Mission ne pourra plus être un simple moyen d’embarquer pour La Mecque sous couvert d’une fonction officielle. Désormais, une place dans la Mission devra correspondre à une tâche, une compétence et une responsabilité. C’est tout un mode de fonctionnement qui est appelé à changer.

Les noms devront être connus avant la fin de l’année

Premier changement majeur : fini, en principe, les choix opérés à la dernière heure.

Les pays devront communiquer dans un délai fixé par les autorités saoudiennes — d’ici fin de l’année — les noms des personnes qui composeront leur Hajj Mission. Cette exigence devrait obliger les instances mauriciennes chargées du pèlerinage à constituer leur équipe plusieurs mois avant le départ pour La Mecque.

Mais l’innovation la plus importante concerne la formation.

Chaque membre désigné devra suivre une formation en ligne dispensée dans le cadre du programme saoudien. Elle ne sera pas purement symbolique : elle sera accompagnée d’une évaluation.

Autrement dit, appartenir à la Hajj Mission ne devrait plus signifier simplement obtenir son billet pour l’Arabie saoudite sous l’étiquette de la délégation officielle. Chaque membre devra pouvoir démontrer qu’il maîtrise les tâches qui lui seront confiées.

Onze domaines clairement identifiés

Le programme saoudien couvre pratiquement toutes les activités nécessaires au fonctionnement d’une mission du Hadj.

Les membres pourront ainsi être affectés à des filières spécifiques : administration, transport, Tafweej et gestion des mouvements de pèlerins, préparation avant l’arrivée, hébergement, restauration, services dans les lieux saints, service aux pèlerins, gestion des centres d’accueil, services médicaux et médias.

À ces spécialisations s’ajoutent des compétences communes.

Les membres devront notamment savoir travailler avec les prestataires et les centres d’accueil, contrôler l’exécution des services prévus par contrat, enregistrer et traiter les doléances des pèlerins ainsi que coordonner leurs interventions avec les responsables de groupes.

C’est précisément ce type de répartition des responsabilités qui a souvent fait défaut lorsque quelques membres de la mission mauricienne devaient intervenir pratiquement partout.

Chacun devra désormais avoir sa place… et son travail

Pour Maurice, le changement n’est pas anodin. Jusqu’ici, l’efficacité de la Hajj Mission reposait largement sur l’expérience et le dévouement de quelques personnes habituées au terrain. Désormais, l’Arabie saoudite pousse les pays à passer d’une logique de « délégation » à une véritable logique d’équipe professionnelle, où chacun occupe une fonction déterminée.

Cette nouvelle organisation devrait aussi rendre beaucoup plus difficile la présence, au sein d’une mission officielle, de membres sans attribution réelle.

Car lorsqu’il faut être nommé plusieurs mois à l’avance, suivre une formation spécialisée, réussir une évaluation et se voir attribuer un domaine de responsabilité, il devient beaucoup plus compliqué de rester un simple spectateur.

Pour le prochain Hadj, tout devra donc être réglé comme une horloge : les hommes, les fonctions, la formation et le calendrier.

Et, cette fois, la Hajj Mission ne devrait plus pouvoir se permettre d’avoir quelques-uns de ses membres au four et au moulin pendant que d’autres ne sont que… pèlerins.

Huit Mauriciens en formation en Arabie saoudite

Le dispositif va encore plus loin. Huit membres devront se rendre en Arabie saoudite du 8 au 11 novembre 2026 pour suivre une formation sur place. Plus précisément une ToT « Training of the trainers ». Ils auront ensuite la responsabilité de transmettre l’expérience et les connaissances acquises aux autres membres de la Hajj Mission.
Le principe est donc celui de la formation en cascade : une première équipe est préparée directement par les Saoudiens avant de contribuer à la préparation de l’ensemble de la délégation nationale.

Les responsables de groupes de pèlerins sont également concernés. Leur programme porte notamment sur les différentes étapes du voyage du pèlerin, les procédures applicables à chaque étape, l’organisation des déplacements pendant les rites ainsi que la communication avec les pèlerins.

Le noyau est composé de : Hisham Rojoa (directeur de l’ICC), Abdus Saboor Mohamed Saleh et Swaley Doomun (membres du Board de l’ICC), Suhaib Ramjane (employé de l’ICC), les prêcheurs Zayd Imamane et Bilal Hosany, et les chevronnés Yasine Dulloo et Sadek Soormally. Par ailleurs, le Dr Nazir Hosany fera aussi le déplacement.

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