vendredi , 30 septembre 2022

Ismael Rawoo, leader adjoint du ML : «Même sans portefeuille ministériel, nous soutenons le GM»

Sauf « gros macadam », le Muvman Liberater n’entretient aucune ambition de se séparer du MSM au sein de l’alliance Morisien. Du moins, pas jusqu’aux prochaines élections. C’est ce qu’indique le leader adjoint du ML, Parliamentary Private Secretary (PPS) et député de la circonscription No 13, Ismael Rawoo.

Cela fait 2 ans environ depuis qu’Ivan Collendavelloo a été révoqué par le Premier ministre. Le ML est-il toujours à l’aise au sein de ce gouvernement ?
C’est un choix de mots et de sémantique que je ne partage pas. Au sein du Muvman Liberater, le leader Ivan Collendavelloo en tant que député, mon collègue Zahid Nazurally comme Deputy speaker et moi-même en tant que leader adjoint du parti et Parliamentary Private Secretary, nous assumons nos fonctions sans problème. Notre objectif au sein du ML est de travailler dans l’intérêt de la population. Certes, pour le moment, le ML n’a pas de portefeuille ministériel mais cela ne veut pas dire que nous ne soutenons pas la politique gouvernementale. Le fait reste toutefois que les deux seuls élus de la communauté musulmane dans l’alliance gouvernementale aux élections de 2019 viennent des rangs du Muvman Liberater.

N’êtes-vous pas agacé au sein du ML que l’enquête de l’Icac dans l’affaire St-Louis semble piétiner ?
L’Icac enquête déjà sur l’affaire St-Louis. Mais je vous rappelle que le leader du Muvman Liberater, lui, ne fait l’objet d’aucune enquête au niveau de l’Icac. S’il y avait le moindre soupçon, voire la moindre preuve d’une quelconque mauvaise gestion ou d’acte criminel, Ivan Collendavelloo aurait certainement été appelé à s’expliquer. Or, il n’y a rien de tout ça. En ce qui me concerne, je n’ai donc aucune raison de m’agacer par rapport à cette enquête.

Dans l’éventualité où il n’y a aucun dénouement dans l’enquête, le ML sera-t-il toujours intéressé d’être en alliance avec le MSM ?
L’existence de l’alliance [entre le MSM et le ML] ne dépend pas de l’enquête de l’Icac. Sauf « gros macadam », comme le leader lui-même l’a dit, le ML est en alliance avec le MSM au moins jusqu’aux prochaines élections générales. Je soutiens cette prise de position.

Y a-t-il la possibilité que le ML fusionne avec le MSM, d’autant plus que vous êtes ‘overshadowed’ par Steeven Obeegadoo, No 2 du gouvernement ?
Il n’y a pas de mimétisme entre le ML et le MSM. Le ML est un parti qui a gardé encore toute sa force de 2014 et nous n’avons aucune rivalité avec les partenaires de l’alliance. En tant que partenaire, justement, nous n’avons un seul but, c’est de travailler en symbiose. Le ML est un parti bien structuré avec des assises bien ancrées dans le pays. Nous fonctionnons démocratiquement pour améliorer la qualité de vie de tout un chacun.

Il se chuchote que vous avez plus d’affinité avec des membres du MSM qu’avec des membres du ML. Dans quelle mesure serait-ce vrai ?
Je suis au sein d’une alliance qui dirige le pays. Le ML est un parti bien structuré avec son comité central et ses comités régionaux. En tant que leader adjoint du parti, une de mes responsabilités consiste en fait à mettre en avant le ML en tant que parti avec une force incontournable. Je travaille cependant aussi au sein d’une équipe avec mes deux colistiers, Renganaden Padayachy et Kailesh Jagutpal, pour le bien-être de nos mandants. Sans compter qu’en tant que PPS, j’entretiens de très bonnes relations avec tous les députés.

J’ai une grande responsabilité envers ma communauté»

Le nouveau procès de Navin Ramgoolam dans l’affaire des coffres-forts serait-il du pain béni pour le MSM et ses alliés, lui qui se présente comme challenger de Pravind Jugnauth au poste de Premier ministre ?
Je ne peux que prendre acte du jugement de la Cour suprême qui, bien sûr, aura des conséquences politiques. L’opposition est en net désarroi depuis 2019 et il n’y aucun signe majeur d’une évolution [positive] au sein de l’opposition.

Mais au sein du Parti travailliste, ils insistent que Navin Ramgoolam n’a jusqu’ici pas été condamné…
Évidemment. Navin Ramgoolam est toujours présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. Je laisse le soin aux hommes de loi de faire une meilleure interprétation du jugement de la Cour suprême.

Pensez-vous que cette situation pourrait mettre à mal l’unité au sein de l’opposition ?
L’opposition est toujours en mode On-Off. Ce qui m’amène à poser des questions quant à la possibilité d’une véritable entente entre les différents partis qui composent l’Entente de l’Espoir. À mon avis, il n’y a pas de véritable unité entre les actuels leaders et je pense que les différents partis au sein de cette entente doivent se restructurer et faire de la place aux jeunes. Si cette guerre de leadership persiste, je crains fort que cette entente restera dans les starting-blocks.

Est-ce que la carte Nando Bodha pourrait être un atout pour l’Entente de l’Espoir en le présentant comme Premier ministre ?
Comme je viens de répondre, c’est un problème de l’Entente de l’Espoir.

Vous avez récemment été en Inde dans le cadre du 75e anniversaire de l’Indépendance du pays. Qu’est-ce qui ressort de ce voyage ?
Ce voyage m’a enrichi culturellement et politiquement. Nous étions une délégation de jeunes politiciens. Il n’y avait pas d’opposition, ni de gouvernement dans la Grande péninsule. Nous avons regardé sans visière et œuvré dans la même direction. Je pense qu’avec cet esprit de mauricianisme, comme jeunes parlementaires, nous pourrons faire en sorte que le pays en sorte gagnant, que ce soit en politique ou sur le plan économique.

Le fameux « faire de la politique autrement », vous voulez dire ?
C’est triste de constater à Maurice à quel point les démagogies de certains membres parlementaires et extraparlementaires empoisonnent l’esprit de la population. Les fourberies entre les politiciens ne font pas honneur au pays. Surtout que cela peut avoir un effet néfaste sur les jeunes politiciens qui émergent. Il est dommage qu’à Maurice, la politique se résume parfois à faire des coups bas entre les partis de l’opposition et ceux au pouvoir. Je pense qu’il est grand temps de mettre fin à cette habitude que ce soit du côté de l’opposition ou du gouvernement.

Vous disiez au début de l’entretien que Zahid Nazurally et vous sont les deux seuls élus musulmans pour l’alliance Morisien dans les régions rurales. Est-ce une lourde responsabilité ?
J’ai une grande responsabilité envers ma communauté qui m’a fait confiance et je suis redevable envers elle. Je conçois que Zahid Nazurally et moi étant les deux seuls élus musulmans des élections 2019 pour le gouvernement, la communauté musulmane est en attente de plus de considération de notre part. Comme mentionné au tout début, même si nous ne disposons pas de portefeuille ministériel, nous sommes loyaux et nous soutenons la politique gouvernementale. La communauté musulmane dans son ensemble a fait confiance à l’alliance Morisien et en tant que leader adjoint du Muvman Liberater, je serai toujours à son écoute et je ferai de mon mieux pour la soutenir. La communauté peut compter sur moi. C’est le Créateur qui m’a fait cette faveur que de pouvoir être au service de ma communauté et j’espère être a la hauteur de la confiance placée en moi.

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