vendredi , 16 avril 2021
L’attaquant du club turc de Besaksehir dit STOP au racisme dans le football.

Demba Ba, le héros là-bas

Des fois, un sportif peut avoir un impact qui dépasse les terrains de jeu. Nous avons connu cela avec Muhammad Ali, ex-Cassius Clay, qui a marqué l’histoire. Non seulement sur le ring, mais aussi dans société. Il refusa de s’engager dans la guerre du Vietnam. Malgré les conséquences sur sa carrière et sa condamnation à la prison, il ne baissa pas les bras. Et il vaincra pour demeurer un symbole de la lutte contre le racisme.

En cette année des présidentielles aux USA, le mouvement Black Lives Matter a été aux devants de l’actualité. Voir des sportifs mettre un genou à terre, souvent le poing en l’air également, est un rite sans lequel ne peut démarrer le jeu. Dans ce contexte marqué par tant de violence sur fond de racisme, malgré la Covid-19, des USA jusqu’en Chine en passant par la France, impliquant même des policiers, tout acte ferme de résistance mérite d’être souligné.

Indigne au plus haut niveau

Lorsque le footballeur Demba Ba se lève du banc des remplaçants pour confronter le quatrième arbitre du match PSG-Besaksehir, il se passe une chose que le sport n’avait jamais vue. Il est révolté, car le quatrième arbitre a désigné et s’est référé à un assistant-entraîneur par la couleur de sa peau. Il l’a appelé « le noir là-bas ». Certains penseront qu’il n’y a rien d’anormal à appeler un noir un noir. Et un blanc un blanc. Mais Demba Ba insista auprès de l’arbitre: « pourquoi lorsqu’il s’agit d’un homme blanc vous ne dites jamais ‘cet homme blanc’ mais ‘cet homme’ ? »

Demba Ba a parfaitement raison, car nous oublions trop souvent que réduire l’identité d’une personne à la couleur de sa peau est inacceptable. Cela se fait partout et toujours, mais c’est indigne au plus haut niveau. C’est presqu’impossible d’empêcher aux gens de parler des autres, ou d’eux-mêmes, en se référant essentiellement à la couleur de la peau. Sans oublier toute la connotation que renferme une telle désignation. Des mots cachent aussi une histoire pénible liée, entre autres, à l’esclavage. Même si l’intention n’est pas mauvaise de la part de celui qui prononce ces paroles, le manque de respect est ressenti par celui qui est visé. Pire, des fois des termes encore plus péjoratifs comme ‘nègre’ sont employés, voire d’autres expressions se référant à la couleur des gens. Lorsque ces paroles viennent de la part d’un arbitre international, le cas est particulièrement grave.

Preuve de courage

Demba Ba a fait preuve de courage et a compris que le match ne peut continuer comme si rien n’était. Le quatrième arbitre ne peut rester sur le terrain, mais il ne faut pas s’arrêter là. Le monde doit prendre acte. Demba Ba a été a l’origine d’un walk-out historique, répercuté à l’échelle de toute la planète grâce à la retransmission télévisée, les médias et les réseaux sociaux. En cela, il a été soutenu, non seulement par ses co-équipiers, mais aussi magistralement par ses adversaires du jour au sein du PSG. L’honneur revient aussi à des stars comme Neymar et Mbappé qui n’ont point hésité à épauler Demba Ba.

Demba Ba rappelle ce qui arriva à Bilal, le compagnon du Messager de Dieu (saw). Un jour, il contredit Abû Dzar, autre illustre compagnon, qui l’ appela « toi, fils de négresse ». Bilal se rendit chez le Messager de Dieu (saw) et lui relata les propos tenus par Abû Dzar. Le visage du Messager de Dieu (saw) changea et il lui dit : « Ô Abû Dzar…tu es un homme chez qui il y a un reste de sentiment de l’ère de l’ignorance préislamique ». Abû Dzar fondit en larmes, puis s’agenouilla et dit : « Ô Messager de Dieu, implore le pardon de Dieu pour moi ». Il sortit en pleurant et Bilal le croisa. Lorsqu’Abû Dzar vit ce dernier, il plaça sa tête sur le chemin, enfonça sa joue dans la poussière et lui dit : « Ô Bilal, je jure par Dieu que je ne sortirais pas ma tête de cette poussière jusqu’à ce que tu la piétines, car tu es noble et moi je suis méprisable ». Bilal à son tour se mit à pleurer, puis se rapprocha d’Abû Dzar et l’embrassa et dit : « Le front qui se prosterne devant Dieu ne doit pas être piétiné ; au contraire il doit être embrassé ».

Est-ce si étrange de voir certains s’en prendre à Demba Ba ? Au nom de la liberté, doit-on permettre des propos racistes ? Demba Ba est-il attaqué aussi à cause de sa conviction religieuse ? Ce fut le cas, ailleurs, avec Muhammad Ali. Ces détracteurs ne sont pas nombreux. Ce qui doit changer, c’est le langage de la majorité parmi nous qui se dit respectueux des autres mais utilise toujours la couleur pour identifier une personne.

Par Dr Khalil Elahee

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