mardi , 9 août 2022
Assis (de g. à dr.) : Mael Deensah, Adam Jumeer, Farad, Ibrahim Deensah, Foolkhan. Debout (de g. à dr.) : Oosman Cassim, Yasine Mohabuth, Issa Fanny, Kamil Ramjan, Dr Mosaheb, Adil, Yousouf Dauhoo, Usama Belim, Rashid Fakeermahamod, Raffick Santally. Absents: Anwar Kanaya, Ahmed Ramjan, Imtiaz, Salim, Kamil et Umayr Sheik Adam, Ismet Jumeer, Salim Nanuck, Feroz Joomun, Ibrahim Pathel, Fezal…

De 1968 à ce jour : l’incroyable parcours de l’équipe de football des profs

Fin 1968, début 1969. Par un beau mardi après-midi, l’idée a germé d’un coup. Cinq amis, tous célibataires, (I.Atchia, I. Beeharry, Hossen Cadjee, Mael Deensah et Oosman Cassim) enseignants du primaire décidèrent de monter une petite équipe de football pour aller jouer au Champ de Mars, le lieu de prédilection de tous les jeunes des quartiers de Port-Louis. Adam Jumeer se joint à l’équipe émergente en 1969.

Mais pour pouvoir jouer, il nous fallait aller très tôt pour trouver une portion de terrain. On ne connaissait pas nos adversaires. Par moments c’étaient des vétérans, des sapeurs-pompiers et même les plus jeunes. C’était ainsi le commencement d’un très long parcours. Nous avons décidé de jouer trois fois la semaine : le mardi, le jeudi et le samedi – la pause n’intervient qu’avec l’arrivée du mois béni de Ramadan.

Si on a battu presque toutes les équipes au Champ de Mars, le parcours de 1968/69 à ce jour n’a pas été facile. On a dû faire face à beaucoup de problèmes, des tensions, des discussions (but ou non) et des disputes. Au fur et à mesure, on a dû accepter les gens des différentes couches de la société dans notre équipe (désormais cosmopolite) ; commerçants, bouchers, chauffeurs, universitaires, avocat, médecin, dentiste, policier, techniciens…

Les incidents

Presque tous les incidents ont eu un rapport avec le terrain de foot. C’était l’époque où les jeunes, tout comme les moins jeunes, s’adonnent à leur sport favori : le foot. On ne connaissait la ligue anglaise que par le documentaire de « British News » au cinéma. Cependant, c’était sacré de trouver un petit bout de terrain. Alors, deux joueurs devaient aller très tôt (vers les 15h30) pour « al bar terrain » voire placer un ballon au milieu du terrain ou au milieu du poteau, qui consistait en des pierres.

Qui ne se souvient pas d’un incident majeur avec un certain M. Pillay ! On est arrivé très tôt sur le terrain et on était sur le point de commencer notre match quand tout à coup surgit de nulle part un homme d’un certain âge, M. Pillay, qui nous dit que c’était SON terrain. Une discussion bouleversante s’en suivit et voilà que ce monsieur commença à hurler en anglais. La police a été mandée sur le lieu pour mettre un semblant d’ordre. Notre co-équipier Rashid Fakeermahamod a beau tenté de lui faire entendre raison également par des citations shakespeariennes pour lui faire comprendre que le Champ de Mars ne lui appartient pas et que c’était sur une base de ‘first come’, la formule qui prime. On ne savait comment l’incident s’est clos. Mais on n’a jamais vu ce monsieur depuis.

Il y a eu aussi des incidents comiques au fil des années mais il y a eu aussi des pertes : Malleck, un cadre du CEB s’était affaissé au début de la deuxième mi-temps d’une rencontre. On regrette aussi le trépas d’Ollivry, le cordonnier, d’Alphonse, un maçon de notre quartier, Dawood Cassim, le Bobby Charlton de l’équipe et Bhai Taleb, notre fétiche gardien de but, qui tenait une boutique à la rue Diégo Garcia.

Signalons d’abord l’âge du doyen de notre équipe, Ahmet Emambux : 78 ans.

Au fil des années, le Champ de Mars devient tellement bondé qu’on avait dû chercher d’autres terrains. C’est ainsi qu’on a loué le terrain de foot à l’école du gouvernement Jean Lebrun (jusqu’à ce jour les dimanches matin) ; lieu hautement symbolique pour plusieurs profs, car certains y ont débuté leur carrière et d’autres y ont terminé les leurs. Récemment, on a aussi loué le terrain synthétique de la municipalité de Port-Louis qui se trouve à côté de la piscine de Plaine-Verte.

Cependant avec l’âge et l’expérience, tout le monde a grimpé les échelons et sont devenus assistant maître d’école, maîtres d’école ou inspecteurs. Et à l’âge de la retraite, on a continué à jouer au foot le dimanche matin toujours à l’école de Jean Lebrun. A partir de 2010, on a ajouté la natation à notre tableau de chasse, le mercredi matin à Pereybère, hiver comme été.

Pour l’exemple

À présent, entamons le pourquoi de cet article.

Le but est pluridimensionnel. D’abord, on veut passer un message à tout un chacun que le sport peut être pratiqué jusqu’à un âge avancé (sans l’IMPREVU).

Deuxièmement, aux jeunes de prendre sérieusement leur développement physique et de ne pas jeter les armes même après le mariage, ou même après avoir eu des enfants. Ne vous contentez pas de regarder les matchs à la télé !!! Jetez-vous dans le bain !

Troisièmement, le plus grand sera votre cercle d’amis, le plus serein sera votre bonheur.

Quatrièmement, il en restera de beaux souvenirs, des plaisanteries sur le terrain ou à la mi-temps, des buts marqués, des penaltys ratés dans les avenues de notre mémoire.

Notre plus grand bonheur

Les différentes facettes de notre bonheur, c’est de voir un joueur (qu’on n’a pas vu pendant quelques temps), arriver sur le terrain, le visage souriant ; c’est aussi l’amitié qui s’est nouée au fil du temps (un demi-siècle), c’est aussi de voir évoluer un fils, un gendre, un neveu, un petit-fils dans la même équipe. C’est aussi de voir nos ex-élèves qui viennent de l’étranger et qui veulent jouer avec nous pendant leurs vacances, sans manquer d’évoquer leurs souvenirs scolaires – la victoire de l’école Jean Lebrun contre une équipe de la Réunion en handball.

Nos remerciements à tous ceux qui nous ont aidés d’une façon ou d’une autre à atteindre notre BUT. Jazaak Allah !

Par Adam Jumeer

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