Monday , 25 May 2026

Proclamer que Dieu est Le Plus Grand !

Encore un slogan religieux creux, diront certains. Et ils ont parfois raison, car trop souvent nous avons fait des expressions du rappel de Dieu des phrases superficielles qui ne touchent, cependant, pas les cœurs des gens. Pas nécessairement parce que ces derniers soient sourds ou aveugles au souvenir du divin, mais celui qui invoque Dieu ne le fait, lui-même, que trop machinalement. Quelquefois sans réfléchir sur ces paroles sublimes qu’il prononce, sinon même qu’il crie à tue-tête sans en comprendre le sens. L’émotivité ne remplace jamais l’intention, l’intelligence et la meilleure des manières. L’humilité est essentielle, même si la Grandeur de Celui que nous appelons dépasse toute chose. Il y a aussi une pudeur dans la façon de proclamer Dieu.

Allahou Akbar

Impossible de traduire cette affirmation absolument véridique. Incontournable, irremplaçable et indispensable dans la vie du musulman. Il se lève avec, est appelé à la prière avec, la commence avec, vit avec et meurt avec. Nul besoin de la hurler, car Dieu entend tout, mais en certaines occasions il faut s’exprimer à haute voix pour des raisons évidentes, comme la façon d’être du croyant l’exige dans certains cas. L’exemple prophétique sert de preuve authentique. Jamais pour effaroucher, pour montrer les autres comme par ostentation, ou pour plaire à une créature, sinon une autorité quelconque.

Durant les dix premiers jours du mois sacré de Dhoul Hajj, de même que pendant les trois jours dits « tashreeq » qui suivent, l’univers islamique résonne au son des proclamations de la grandeur divine. Que ce soit les pèlerins à La Mecque dont les attestations verbales sont définies spécifiquement, que ce soit ceux qui offrent des animaux en sacrifice au moment de l’abattage, que ce soit les hommes rassemblés pour les prières à la fin de celles-ci, ou sinon les croyants qui vaguent à leurs occupations depuis le début de ce mois sacré, il y a comme une atmosphère de célébration révérencielle. Comme s’ils vont atteindre un but important, sont presque arrivés à une destination, sont sur le point de compléter un devoir majeur ou connaître une renaissance, s’apprêtent à partir pour une autre vie, la vraie, après avoir réussi celle-là.

En fait, il est notamment demandé aux pèlerins d’implorer Dieu Qui leur a montré la bonne voie, d’invoquer Son Pardon, de chercher non seulement le meilleur d’ici mais aussi celui de l’au-delà et la protection de l’enfer, de Lui être reconnaissants en se souvenant de Lui, bien davantage que les gens se rappelaient de leurs ancêtres comme dans les pèlerinages d’antan. L’adoration de Dieu, et de Lui uniquement, sans aucun associé, se pratique durant ces jours déterminés du mois de Dhoul Hajj, « maghdudaat », par les pèlerins comme par ceux qui ne le sont pas, à travers la proclamation profonde et lourde de signification des mots « Allahou Akbar ».

Joie

Il est tout à fait juste que cette célébration de la Grandeur de Dieu culmine avec une période d’ambiance festive, sans jamais oublier Dieu, évidemment, dans ce qui doit être de dignes jours de joie. Nous avons le droit d’être heureux ; il ne faut jamais l’oublier à force de vivre dans un monde fou où le cynisme rivalise avec la négativité à chaque instant que ce soit dans le réel comme dans l’espace virtuel. Sans jamais nier la réalité des souffrances que nous avons vues ou connues, un génocide ici, une injustice là-bas. Être joyeux dans le bonheur, sans se laisser aller, demeurant modeste, car l’islam n’est pas un mode de vie insupportable, se nourrissant de calamités, contraire à un sain épanouissement de la personne comme de la société. Au contraire, le bien de ce monde est un objectif résolu, nullement négligé, tout en prônant la quête de la réussite dans l’autre monde comme but ultime. Ce dernier repose sur le vrai succès ici-bas comme un moyen à y arriver, jamais comme une finalité. Y parvenir par la Grâce de Dieu.

Ainsi donc, proclamer « Allahou Akbar » indique en ces jours notre témoignage d’une prise de conscience collective, mais aussi intime pour chacune et chacun, que rien n’est plus que la Grandeur de Dieu. Les problèmes matériels peuvent nous tomber dessus, s’en vont et d’autres peuvent les remplacer. Et ainsi va la vie, jusqu’à la mort qui ne peut être ignorée, avec son lot de tests les uns plus difficiles que les autres, allant des simples ennuis du quotidien à des contrariétés plus sérieuses que nous craignons pour nous-mêmes, davantage fréquemment pour ceux que nous aimons. Et il y a aussi des bons moments à chérir, des réjouissances et des plaisirs qui nous sont permis…qui ne restent finalement qu’éphémères sur cette terre. Tout n’est finalement que relatif en ce monde, sauf ce qui lie à Dieu, l’Absolument Incomparable. Glorifions, exaltons, louons Dieu, Allahou Akbar, pendant les jours présents, pour le fait qu’il nous a permis de percevoir ne serait-ce qu’une infime partie de Sa Grandeur Infinie !

Par PROF. KHALIL ELAHEE

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