Un incident à l’aéroport de Djeddah lors du dernier pèlerinage a ouvert une brèche dans l’organisation de la Hajj Mission 2026. Deux membres officiels de la délégation mauricienne n’auraient pas obtenu le visa spécial « Hajj Mission », alors que cinq autres bénéficiaires, dont des opérateurs privés et des personnes dont le rôle reste à clarifier, figuraient sur la liste. Derrière cette anomalie se pose une question centrale : comment l’ICC attribue-t-elle ces visas spéciaux, et selon quels critères ?
L’incident qui ouvre l’enquête
L’affaire commence à Djeddah. Après l’atterrissage de la dernière délégation mauricienne, les membres de la Hajj Mission doivent prendre le transport vers La Mecque. Au moment du scan des passeports par le Service Provider, une anomalie apparaît. Deux membres de la mission, Mohammad Zulfad Houssein Chady, membre de l’ICC, et Shahzaad Ghoorun, de la Mauritius Broadcasting Corporation, ne disposent pas du visa spécial « Hajj Mission ». Ils ont un visa ordinaire.
Sur place, la différence n’est pas théorique. Elle est immédiate. Le visa « Hajj Mission » donne accès au dispositif prévu pour les membres de la délégation officielle. Sans ce visa, pas d’accès automatique au transport réservé à la mission. Selon les recoupements de Star, Mohammad Zulfad Houssein Chady a dû prendre place dans le transport des pèlerins. Shahzaad Ghoorun, lui, a pu rester avec la délégation après intervention des représentants mauriciens, au motif qu’il devait assurer la couverture audiovisuelle pour la télévision nationale.
La question qui dérange
L’incident aurait pu être traité comme une simple erreur administrative. Mais il pose une question beaucoup plus embarrassante : si deux membres officiels n’ont pas obtenu le visa spécial, qui l’a obtenu à leur place ? C’est là que le dossier change de nature.
Après plusieurs semaines de vérifications, Star a obtenu la liste des 18 bénéficiaires du visa « Hajj Mission ». Selon les observations consignées dans les éléments d’enquête, les 13 premiers noms correspondraient à des membres officiels de la mission. Mais cinq autres noms soulèvent des interrogations.
Cinq bénéficiaires à expliquer
De ces cinq noms, trois seraient des organisateurs de Hadj : Muhammad Ahmed Abdullah Qadri Syed, Mohammad Zubeid Kurmally et Abdool Raouf Khodabocus. Deux autres, Naushad Ally Elaheebocus et Mohammad Yashine Chummun, ne figureraient pas parmi les membres officiels de la Hajj Mission, selon les éléments à la disposition de Star.
C’est ce décalage qui constitue le cœur de l’affaire. D’un côté, deux personnes présentées comme membres officiels de la mission se retrouvent à Djeddah avec un visa ordinaire. De l’autre, cinq bénéficiaires dont le rôle exact dans la Hajj Mission reste à expliquer auraient obtenu le visa spécial. Cette situation ne relève plus seulement d’un problème de passeport. Elle interroge directement la méthode d’allocation des visas au sein de l’ICC.
Un visa spécial, pas une faveur
Un visa « Hajj Mission » n’est pas un privilège personnel. Il n’est pas censé récompenser une proximité, une fonction privée ou une relation avec l’organisation. Il correspond à une responsabilité officielle. Il doit permettre à celui qui le détient d’encadrer, d’assister ou de coordonner les services aux pèlerins mauriciens.
Dès lors, plusieurs questions se posent. Pourquoi des opérateurs privés auraient-ils bénéficié de ce visa spécial ? Sur quels critères ont-ils été retenus ? Étaient-ils officiellement intégrés à la mission ? Ont-ils été désignés par une instance compétente ? Leur rôle a-t-il été documenté ? Et surtout, pourquoi deux membres officiels, eux, n’ont-ils pas reçu le visa correspondant à leur statut ?
L’ICC appelée à répondre
Depuis près d’un mois, Star a sollicité le chairman de l’ICC pour obtenir des explications sur l’allocation des visas « Hajj Mission ». À ce jour, aucune réponse ne nous est parvenue.
Ce silence ne fait qu’accentuer les interrogations. Qui a validé la liste ? Selon quels critères les visas spéciaux ont-ils été attribués ? Pourquoi deux membres officiels de la Hajj Mission en ont-ils été privés, alors que cinq autres bénéficiaires dont le rôle reste à clarifier y figureraient ?
Dans une affaire touchant à la gouvernance de la Hajj Mission, l’absence de réponse ne peut tenir lieu d’explication. C’est désormais à l’ICC de dire clairement comment ces visas ont été distribués, par qui, et au nom de quels critères.
Star Journal d'information en ligne