jeudi , 6 août 2020
Kamil Duman

Travailleurs du secteur informel – Kamil Duman : «Pour mes deux enfants, je ne souhaite prendre aucun risque»

Depuis le 20 mars dernier, Kamil Duman (37 ans), chauffeur de taxi, a mis sa voiture au garage et ne travaille plus. Un choix non sans conséquence qu’il dit avoir fait pour ne pas mettre en péril la santé de sa famille.

Chauffeur de taxi depuis bientôt 17 ans, Kamil Duman, un habitant de la capitale, travaille essentiellement avec des sociétés ‘off shore’ basées à Ébène. « Mais dès l’annonce des trois premiers cas, ces compagnies ont demandé à leurs employés de travailler de chez eux. Depi ca travay fini », dit-il. Kamil Duman ne cache pas que certains de ses clients habituels l’ont sollicité pour des « courses ». Il a cependant refusé. « J’ai reçu plusieurs appels de quelques clients réguliers, dont deux qui me demandait de les déposer à l’aéroport. J’ai refusé car j’ai deux enfants à la maison. Je ne souhaite prendre aucun risque », laisse-t-il entendre.

Afin de pouvoir faire face à plus d’un mois d’arrêt de travail, Kamil Duman indique qu’il n’a d’autre choix que de puiser dans ses économies. En outre, il soutient avoir bénéficié des Rs 5100 offertes par le gouvernement sous le Self-Employed Assistance Scheme. « J’attends maintenant d’obtenir les Rs 2 550 additionnelles », explique Kamil Duman. Des aides financières qui lui permettront de payer notamment ses factures mais aussi les frais de scolarité de sa fille aînée âgée de 3 ans et demi. « Pour au moins deux mois elle n’ira pas à l’école, n’empêche qu’il va falloir payer pour ces deux mois. Il faudra donc trouver au moins Rs 6 000 », dit-il.

Pour ce qui est de ses autres dépenses, notre interlocuteur indique qu’il devra à nouveau compter sur ses économies, car selon lui, les premières semaines suivant la reprise s’annoncent compliquées. « Travay pa pu parey », dit-il. En cause, le ‘work from home’ qui a pris de l’ampleur durant le confinement. « Aussi longtemps que les employés restent chez eux, c’est mauvais pour mes affaires. Vivement donc la reprise, même si elle doit se faire graduellement », ajoute-t-il. Il indique cependant que la reprise ne devrait nullement se faire au détriment de la santé publique. « Si le nombre de cas reprend l’ascendant, par exemple, le mieux à ce moment-là serait d’étendre le confinement encore une fois afin d’éviter que le virus ne se répande », suggère-t-il.

Kamil Duman dit cependant avoir une pensée pour ses confrères qui éprouvent, eux, plus de difficultés à s’en sortir. Selon Kamil Duman, plusieurs chauffeurs de taxi ont contracté des prêts pour l’achat de leur voiture. « 90% sofer ena loan lor loto », souligne-t-il, précisant que les mensualités revient à au moins Rs 5 000. « Ainsi, j’ai des confrères qui n’ont d’autre choix que de travailler et prendre le risque de contracter le virus ne serait-ce que pour pouvoir répondre à leurs engagements financiers et familiaux », se désole-t-il.

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