1. Réformer la gouvernance de l’ICC
Maulana Shamim Khodadin recommande de faire de l’ICC le véritable responsable national et régulateur du programme Hadj, avec :
- une séparation nette entre le conseil d’administration et l’équipe opérationnelle ;
- des responsabilités écrites ;
- un responsable unique de la mission ;
- des responsables identifiés pour la logistique, la santé, le religieux, les finances, les données et les relations avec les pèlerins ;
- un plan annuel du Hadj ;
- des échéances et indicateurs de performance ;
- une enquête indépendante sur les allégations de favoritisme, de conflit d’intérêts et d’irrégularités.
2. Professionnaliser la Hajj Mission
Il est proposé de :
- sélectionner les membres selon leurs compétences et non principalement leur appartenance au Board ;
- constituer la mission bien avant les premiers départs ;
- organiser des réunions régulières de préparation ;
- établir un plan de travail pour toute la saison ;
- présenter les membres et leurs coordonnées aux pèlerins ;
- les faire participer aux séances d’information ;
- organiser des séances de travail conjointes avec les opérateurs ;
- envoyer la mission en Arabie saoudite avant l’arrivée du premier groupe ;
- positionner une partie de l’équipe à Médine lorsque des pèlerins y arrivent en premier ;
- loger les membres de la mission dans le même hôtel pour faciliter la coordination.
3. Réglementer les opérateurs selon leurs performances
Le rapport préconise :
- la publication des critères de licence ;
- un plafond de 100 pèlerins par opérateur ;
- l’abaissement du minimum de 50 à 40 pèlerins ;
- l’interdiction d’un accès privilégié aux listes de candidats ;
- une gestion indépendante des données de visa ;
- des critères précis pour choisir les assistants ;
- un rapport avant et après chaque Hadj ;
- la production des déclarations fiscales et des preuves de conformité auprès de la MRA ;
- un état financier détaillé après la saison ;
- une fiche de performance par opérateur;
- la prise en compte des plaintes et des manquements antérieurs lors du renouvellement de la licence ;
- des sanctions graduées et prévisibles.
4. Créer un véritable mécanisme de plaintes
Le rapport recommande :
- un bureau permanent des plaintes ;
- un registre centralisé ;
- un accusé de réception systématique ;
- un classement par opérateur et par type de service ;
- un délai maximal de trois mois pour traiter chaque plainte ;
- une enquête contradictoire ;
- la consignation de la décision et des mesures correctives ;
- la publication d’un bilan anonymisé après chaque Hadj ;
- l’utilisation des plaintes pour évaluer les opérateurs.
5. Rendre les flux financiers traçables
Il est recommandé :
- d’interdire les paiements en espèces ;
- d’imposer les virements bancaires ;
- de détailler chaque composante du forfait ;
- d’obliger les opérateurs à publier leurs coûts et marges ;
- de contrôler les remboursements ;
- de remettre aux pèlerins, dans un délai fixé, toute somme excédentaire restituée aux opérateurs ;
- de plafonner le prix des ziarats ;
- de soumettre les opérateurs à des contrôles financiers et fiscaux.
La recommandation la plus radicale consiste à faire contrôler par l’ICC tous les paiements — billets, hôtels, ziarats et autres services — et à transformer les opérateurs en guides rémunérés. Elle impliquerait une refonte profonde du modèle actuel et nécessiterait une étude juridique, financière et concurrentielle.
6. Acheter les billets suffisamment tôt
Le rapport propose :
- une estimation annuelle de la demande ;
- une réservation anticipée d’environ 1 500 sièges ;
- une mise en concurrence documentée des compagnies ;
- une négociation commencée plusieurs mois à l’avance ;
- un prix annoncé dès les premières réunions ;
- un choix effectif de la compagnie lorsque plusieurs options existent ;
- le versement d’un acompte par les pèlerins pour financer la réservation.
Le montant exact de l’acompte est illisible ou incomplet dans le texte extrait du rapport et devrait être vérifié sur la version originale avant publication.
7. Fixer des normes minimales pour les hôtels
L’ICC devrait :
- définir une zone géographique acceptable ;
- fixer des normes de distance, d’accessibilité, d’hygiène et d’occupation des chambres ;
- examiner les contrats hôteliers ;
- connaître les prix réellement négociés ;
- inspecter les hôtels avant signature et avant l’arrivée des pèlerins ;
- permettre à la mission d’y accéder sans obstacle ;
- permettre aux pèlerins de parler confidentiellement aux membres de la mission ;
- privilégier un ou deux hôtels, ou à tout le moins une même zone ;
- sanctionner les opérateurs lorsque le logement fourni ne correspond pas au contrat.
8. Supprimer ou réévaluer l’option Aziziyah
La recommandation formelle du rapport est de supprimer Aziziyah.
Dans son analyse plus développée, le document suggère aussi une démarche d’évaluation portant sur :
- le coût total réel ;
- la proximité du Haram Shareef ;
- le prix et la disponibilité du transport ;
- la qualité de l’hébergement ;
- la fatigue des personnes âgées ;
- l’incidence sur les pratiques religieuses ;
- la comparaison avec des hôtels trois ou quatre étoiles à Misfalah ;
- l’information donnée aux pèlerins avant leur choix.
Il demande également une enquête sur d’éventuels conflits d’intérêts liés aux résidences et guest houses d’Aziziyah.
9. Créer une véritable coordination médicale et religieuse
Le rapport préconise :
- un registre de tous les médecins présents ;
- un responsable médical ;
- des permanences et rotations ;
- des temps de repos ;
- des espaces confidentiels de consultation dans chaque hôtel ;
- un registre des cas médicaux ;
- des protocoles d’urgence ;
- une coordination avec les structures sanitaires saoudiennes ;
- un calendrier de séances religieuses ;
- une disponibilité clairement annoncée des oulémas ;
- l’interdiction de détourner médecins et oulémas vers des tâches administratives ordinaires.
10. Encadrer les incidents et la communication
- Le rapport propose implicitement ou explicitement :
- un registre des incidents en temps réel ;
- un classement par niveau de gravité ;
- un responsable assigné à chaque incident ;
- une procédure d’escalade ;
- une traçabilité des décisions ;
- un retour d’expérience après chaque Hadj ;
- une communication publique régulière ;
- une meilleure préparation des accréditations médiatiques ;
- une réglementation des retransmissions en direct ;
- un contrôle des nuisances sonores à Mina et Arafat.

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