Tuesday , 25 August 2026

Honorons-nous et ne nous humilions pas les uns les autres

1. Amour

Bénédiction et paix sur lui. Il n’y pas de foi musulmane sans l’aimer. Et cet amour doit être plus que pour n’importe quelle créature ou création. L’aimer davantage que son enfant, son père, sa mère. Facile à dire, mais le croyant sera mis à l’épreuve. Tantôt pour voir s’il préfère Dieu et Son Messager, bénédiction et paix sur lui, à ses propres désirs. Tantôt pour voir aussi si son amour est pour plaire à Dieu uniquement. Car s’il aime Dieu, il doit obéir à Son Messager, bénédiction et paix sur lui. Il n’existe pas d’autre condition pour accéder à l’amour divin. Seulement s’il suit l’exemple prophétique qu’il atteindra l’amour de Dieu.

L’amour de Celui qui est Modèle d’Excellence, Celui au Caractère Elevé, Celui qui est Miséricorde pour tous les mondes ne se montre pas en apparence pour plaire aux hommes. Il est vécu intimement, profondément, sincèrement dans la conscience de Dieu. C’est une partie intégrante de la piété. Cet amour transforme la personne, qui nous rappelle Dieu par son comportement car il s’inspire du plus parfait des êtres. Quelle que soit l’époque ou l’endroit, il n’y a pas de meilleure référence à prendre pour s’élever dans la relation avec Dieu, pour vivre la plus haute moralité, pour témoigner l’éthique la plus pure que l’exemple qu’offre le dernier Messager, bénédiction et paix sur lui.

Pour l’honorer, il n’y a pas de moment spécifique. Autrement, chaque instant, en public ou en privé, partout de la naissance jusqu’à la mort, il nous a enseigné ce que doit être la supérieure attitude. Par la clarté de son message, par les principes qu’il a transmis sans faille, par l’universalité des valeurs qu’il a incarnées. Il jeûnait les lundis et rappelait « c’est le jour je suis né, le jour j’ai eu la révélation… ».

Ce sera aussi le jour où il arrivera à Médine… et où il quittera ce bas-monde, un lundi 12 Rabi ul Awwal l’an 11 de l’hégire. Au fil des années, les gens partout au monde ont imaginé comment commémorer sa mémoire. Et pas qu’en jeûnant les lundis. Et ils ont différé dans les façons de le faire, certaines divergences pouvant aller très loin. Mais cela ne justifie jamais le fait de se diviser parce que le Messager, bénédiction et paix sur lui, doit obligatoirement nous unir. « Certes, un messager parmi vous est venu à vous. Ce que vous subissez lui est pénible ; il est plein de souci pour vous ; envers les croyants, il est compatissant et miséricordieux. » (Le Coran 9 :128)

2. Obéissance

Celui qui lui obéit, obéit à Dieu. Telle est notre relation d’amour vis-à-vis du dernier envoyé de Dieu. Bénédiction et paix sur lui. Nous lui devons obéissance, de tout cœur, de plein gré, avec contentement. Même lorsque nous ne le pouvons pas, nous devons chercher pardon, nous repentir et faire amende honorable. Ce devoir d’obéissance, qui est équivalent d’obéissance divine, s’applique à tous et il n’y a aucune personne qui a ce même statut que lui, c’est-à-dire, qui doit être obéi ainsi. Hier comme aujourd’hui et demain. Il faut retourner vers son exemple prophétique pour être sur le droit chemin.

Or, c’est justement au nom de Dieu, pour Dieu, dans l’obéissance de Dieu que les musulmans suivent l’exemple prophétique en s’attachant à la façon même qu’il leur a ordonné de se souvenir, d’exalter, voire de célébrer sa vie entière, de sa naissance et les autres évènements de sa vie jusqu’à son départ de ce monde. C’est dans l’obéissance au Messager, bénédiction et paix sur lui, qu’ils vivent son amour. Dans la loi et la jurisprudence islamiques, en matière de culte religieux, la rigueur est de mise dès les premières générations. Celles-ci, habituellement, s’adhèrent strictement à ce qu’il faisait et s’abstiennent de ce qu’il avait défendu de la manière la plus stricte, dans le sens mais aussi, souvent très littéralement.

Ils obéissaient ainsi à la lettre au Message descendu du ciel et à la Sounna prophétique. Toute déviation était gravement reprouvée. Le Coran comme les narrations authentiques ne cessent de souligner comment les peuples d’avant se sont égarés. Le cas le plus proche qui existe, Jésus, autre Messager de Dieu, paix soit sur lui, démontre clairement que les hommes peuvent se perdre en aimant sans obéissance à l’essentiel. Depuis, il y a un conservatisme qui a dû au fil des siècles relever le défi de faire face à de contextes nouveaux. Les temps, les pays, les cultures, les histoires et les réalités, souvent socio-politiques notamment, ont impacté sur l’évolution des divers mouvements au sein du monde musulman.

3. Honneur

Avec la colonisation, puis la mondialisation, et aujourd’hui l’ère des réseaux sociaux, les barrières entre les écoles de pensée ne s’effacent pas forcément. Il se peut même que des fossés se forment entre-elles, pas à cause de leurs savants et autorités à leurs origines, mais de certains de leurs disciples actuels plutôt intransigeants. Pire, l’homme de la rue, qu’il pratique ou non sa foi, a le droit de s’exprimer sur internet, anonymement s’il veut, et s’engage dans des débats d’experts que jadis les érudits en la matière évitaient puisque trop complexes. Souvent par pudeur ou modestie de la part de ces derniers, et non par manque de compétences. S’enchainent ainsi maintenant virtuellement en ligne les controverses, les polémiques et les disputes quelquefois violentes, voire vulgaires et…pas islamiques du tout. Et du numérique au réel, il n’y a plus de frontière.

Dans un environnement où les formations académiques, religieuses comme séculières, laissent parfois à désirer et où l’esprit critique, le dialogue respectueux, l’éthique du débat contradictoire sont trop absents, nous nous humilions nous-mêmes les uns les autres à travers des attaques et des répliques qui fusent sur internet.

Sporadiquement, comme à l’approche de certaines dates, les hostilités s’accentuent. Les intervenants peuvent être des prêcheurs, des imams, des maulanas, des shuyukh, des diplômés en différentes sciences islamiques, des cadres religieux et associatifs, ou simplement n’importe qui. Mais, finalement, ils sont tous égaux face aux dangers de zizanie par le medium des technologies modernes d’information et de communication.

Tout comme nous devons protéger nos enfants des dérives de ces outils numériques, ne faut-il pas protéger nos « représentants » religieux des détournements, des machinations et des trappes auxquels chaque parole qu’ils produisent est exposée ? Il y a des éléments extrémistes dans chaque tendance, pas toujours instruits, intègres ou bien intentionnés, qui alimentent la division, voire la haine même entre les composantes distinctes de la communauté. Un pire ennemi des musulmans n’aurait pas fait mieux : publier sur internet, sous deux fausses identités qui s’opposent, des propos injurieux d’un côté comme de l’autre, allumant ainsi la haine entre deux parties.

Conclusion

La mémoire du dernier Messager, bénédiction et paix sur lui, doit être honorée dans la pratique avec amour et obéissance. En vivant et mourant comme musulman. Si nous nous humilions les uns les autres, c’est que quelque part nous ne lui faisons pas honneur. Les réseaux sociaux sont dangereux s’ils nous rendent si vulnérables et nos dirigeants religieux doivent être avertis. Nous devons les protéger d’eux-mêmes car leurs paroles peuvent si couramment être instrumentalisées.

Suivre le Messager et lui obéir est notre mission première, preuve de notre amour pour lui et pour Dieu. Jésus, paix soit sur lui, sentant l’égarement de ceux autour de lui, avait obtenu de ses disciples la plus ferme des engagements, mais sans que cela n’empêche ce qui se passera plus tard : « Notre Seigneur, nous avons cru en ce que Tu as fait descendre, et nous avons suivi le messager. Inscris-nous donc parmi les témoins. » (Le Coran 3 :53).

Honorer le Messager de Dieu, bénédiction et paix sur lui, est une obligation et il faut s’en rappeler à chaque fois que les divergences peuvent mener à la division. Revenir à la crainte de Dieu et réciter alors ce rappel crucial : « Nous t’avons envoyé comme témoin, annonciateur et avertisseur, afin que vous croyiez en Dieu et en Son Messager, que vous le souteniez, que vous l’honoriez, et que vous glorifiiez Dieu matin et soir. » (Le Coran 48 :8-9).

Et multiplier toujours nos prières et salutations sur notre bien-aimé Messager, bénédiction et paix sur lui, car : « Certes, Dieu et Ses anges prient sur le Prophète. Ô vous qui croyez, priez sur lui et adressez-lui vos salutations avec un salut parfait. » (Le Coran 33 :56).

Prof. Khalil Elahee

Commentaires

A propos de star

Ceci peut vous intéresser

Certes, avec la difficulté… il y a facilité !

Double affirmation coranique. La Parole de Dieu est répétée ainsi, avec emphase, immédiatement coup sur …