jeudi , 6 août 2020

Travailleurs du secteur informel – Amanoullah Rhematally : «Se débrouiller avec ce que nous avons»

Amanoullah Rhematally, 51 ans, est propriétaire d’un magasin de prêt-à-porter à Port-Louis. Il dit entrevoir une reprise difficile et compliquée pour le secteur du prêt-à-porter lorsque le couvre-feu sanitaire sera levé.

Mais déjà, cet habitant de Vallée-des-Prêtres indique que sa situation se complique au fil des jours. Une situation que notre interlocuteur ne pourra endurer pendant encore longtemps, selon ses dires. « Lorsque le confinement sera levé le 5 mai prochain, du moins, si c’est le cas, cela fera presque deux mois que nous n’avons pu travailler. C’est un manque à gagner important pour nous qui réinvestissons généralement nos revenus dans l’achat de nouvelles marchandises », dit-il.

Le quinquagénaire appréhende aussi une reprise difficile. Selon lui, les magasins ne vont quasiment pas faire de ventes les premières semaines. « Par crainte, les gens ne voudront pas s’aventurer dans les lieux publics et peut-être encore plus à Port-Louis, généralement très bondée. Mais aussi, les Mauriciens feront preuve de retenue en termes de dépenses, se focalisant davantage sur les produits de première nécessité au lieu des vêtements et autres accessoires. Lespri pa pou dans linz », estime-t-il.

De plus, Amanoullah Rhematally n’a plus de nouveaux modèles de prêt-à-porter à proposer à ses clients. Habituellement, il importe les vêtements de la Chine et de l’Inde. « Mais en ce moment, toutes les frontières sont fermées. Je vais donc devoir faire avec les marchandises que j’avais déjà en stock. Je n’aurai pas les toutes dernières tendances en termes de style. Ceux qui ont pu importer leurs marchandises avant le confinement auront peut-être plus de chance d’attirer des clients », dit-il.

En attendant, Amanoullah Rhematally est contraint de rester cloîtré chez lui, se demandant comment il va faire pour payer ses factures, la location du magasin et autres dépenses. Il se dit chanceux d’avoir pu faire quelques provisions pour le Ramadan. « La situation est certes difficile mais par la grâce de Dieu nous parvenons à nous en sortir », dit-il. N’empêche qu’il dit avoir hâte de reprendre les affaires car ses économies s’épuisent. « Nous allons devoir serrer la ceinture et se débrouiller avec ce que nous avons. Ceki nu ena bizin viv avec ca mem. Pa capav fer extravagance », dit-il.

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