Friday , 19 July 2024

Taraweeh : deux jeunes Hafiz mauriciens qui dirigent la congrégation

Ils font la fierté des leurs et de la communauté. Ces jeunes Hafiz-ul-Quran mauriciens dirigent le Taraweeh cette année dans différentes mosquées. De par leur apprentissage et leurs compétences, ils mettent tout en œuvre pour rendre le mois de Ramadan encore plus spécial pour les fidèles. Rencontre.

Mohammad Moujeeb-ur-Raahmaan Joumun Attari : « Un honneur et une lourde responsabilité »

À 16 ans, Mohammad Moujeeb-ur-Raahmaan Joumun Attari, qui est en Grade 11, a mémorisé le Quran et en ce mois de Ramadan, il dirige une nouvelle fois la prière du Taraweeh à la Masjid-e-Aisha à Souillac. « C’est un honneur pour moi mais c’est aussi une lourde responsabilité, car en tant qu’officiant, on dirige la prière pour toute une communauté », nous dit le jeune étudiant de la Dawat-E-Islami, une institution qui lui permet de compléter ses études religieuses et académiques.

Révision continuelle

Le jeune Hafiz raconte qu’en temps normal, il accorde du temps le matin et dans l’après-midi à sa révision du Quran. « Mais pendant Ramadan, avant le Taraweeh, je dois réviser et reciter ce qui sera lu ce soir-là. Il est important d’être fluide et précis, car il faut que les mussallis comprennent ce qui est recité », explique-t-il.

Moujeeb-ur-Raahmaan Joumun Attari avance que pour atteindre cette précision, les étudiants doivent passer des années à apprendre et à mémoriser le texte sacré, ce qui demande beaucoup de temps, de dévouement et de sacrifice. « C’est un travail continu et de longue haleine », dit-il. Selon notre interlocuteur, l’apprentissage ne s’arrête jamais pour un Hafiz et il faut avoir une récitation continuelle pour la pratique mais aussi pour garder en vie les versets de ce Livre dont la valeur est inestimable. « Il est primordial pour chaque musulman de trouver le temps à consacrer à la lecture du Quran », poursuit-il.

Hafiz à Maurice

Parallèlement, notre interlocuteur fait ressortir que les Hafiz sont hautement respectés dans la communauté musulmane, car ils sont considérés comme des gardiens du Coran. Aussi, ils sont souvent appelés à réciter des versets du Coran lors d’événements religieux et à enseigner aux autres la récitation et la compréhension du Texte sacré. Moujeeb-ur-Raahmaan Joumun Attari est d’avis que Maurice doit avoir son groupe de Hafiz formés localement et qui pourront exercer dans diverses mosquées de l’île. « La pandémie nous a enseigné une grande leçon. Pendant quelques années, les Qaris et Hafiz de l’étranger n’ont pu fouler le sol mauricien et malheureusement, certaines mosquées n’ont pu avoir une récitation complète du Quran. Cela démontre l’importance de former les Mauriciens pour parer à toute éventualité », souligne cet habitant de Rivière-des-Anguilles.

Il espère que sa présence dans la mosquée encouragera les jeunes à emprunter la bonne voie et de retourner vers les lieux de prière. « Peut-être que la présence d’un jeune motivera certains à devenir Hafiz ou à se former pour un jour, diriger les salâts eux aussi », dit-il en ajoutant que bien que devenir Hafiz soit une entreprise exigeante, « c’est aussi une expérience gratifiante et spirituelle d’un tout autre niveau ».

Shibl Chowthee : « Avant chaque Taraweeh, une révision s’impose »

Cette année encore, Shibl Chowthee, 18 ans, dirige le Taraweeh durant le mois sacré de Ramadan à la mosquée Ibn Taymiyyah à Vale, son village natal. Il a accompli l’exploit de mémoriser le Saint Quran au complet à l’âge de 12 ans sous la direction de son père, lui-même Hafiz et prêcheur. « Avant chaque Taraweeh, une révision s’impose mais avec le temps, la mémorisation des versets du Saint Quran et la récitation sont plus faciles », dit-il d’emblée.
Shibl Chowthee raconte que lors de ses premiers Taraweeh, il avait légèrement le trac mais avec le temps, il a pu développer la confiance en lui-même. « On se perfectionne avec le temps qui passe et pouvoir diriger le Taraweeh est une action noble, qui plaît au Créateur et dont les récompenses sont incommensurables », fait comprendre le jeune homme.

Trouver l’équilibre

Shibl Chowthee, qui est en dernière année au Doha College et qui prendra part aux examens du HSC bientôt, confie que la pratique d’une activité n’entravera pas la pratique d’une autre. « Il faut trouver l’équilibre entre l’apprentissage académique et celui du Deen. D’une part, l’apprentissage académique est crucial pour le succès futur des enfants et ne doit pas être négligé et d’autre part, le Quran est également important dans la vie d’un musulman », précise-t-il.

Le jeune Hafiz ajoute que l’éducation religieuse dépasse les frontières du monde matériel. « Pour devenir Hafiz, nous ne sommes pas obligés de choisir une éducation au détriment de l’autre. Il faut juste choisir judicieusement et investir son temps selon les circonstances », fait-il remarquer en ajoutant que les parents doivent travailler en étroite collaboration avec leurs enfants pour trouver des solutions créatives et pratiques qui leur permettent de grandir et de réussir dans les deux domaines.

Servir d’exemple

Pour Shibl Chowthee, Maurice est tout à fait capable de former et de produire des Hafiz-ul-Quran. « L’apprentissage du Quran peut se faire à la maison et aujourd’hui avec la technologie, nous pouvons entre les quatre murs de notre maison faire encore plus. Il suffit d’avoir la volonté et le Créateur ouvrira la voie », affirme-t-il.

Humblement, il nous partage que son parcours à lui, ne manque pas d’inspirer les plus jeunes de son entourage. « Il y a un jeune dans notre mosquée et en ayant l’occasion de ‘faire imam’ de temps à autre, cela a développé un amour profond de la religion et du Quran en lui », conclut-il.

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