lundi , 26 octobre 2020

Reprise du travail : les parents contraints de s’organiser autrement

Avec le déconfinement graduel qui est déjà enclenché dans plusieurs secteurs, plusieurs salariés ont repris le chemin du travail. D’autres le feront au courant de la semaine prochaine. Entre temps, les enfants seront à la maison jusqu’au mois d’août. Une situation qui constitue un vrai casse-tête pour les parents qui travaillent.

Fadiilah Essackjee : «Essayer d’obtenir l’aide des proches»

Executive Assistant à l’université de Maurice, Fadiilah Essackjee reprendra bientôt le chemin du travail. Mère de trois enfants âgés de 12 ans, 7 ans et 2 ans, elle se dit très inquiète, car son époux va aussi reprendre le travail et les enfants seront ainsi seuls à la maison. « C’est un véritable dilemme. Les enfants ne peuvent pas quitter la maison conformément aux règles de confinement. Nous ne pouvons pas les déposer chez leurs grands-parents », avance-t-elle.

Toutefois, Fadiilah va essayer d’obtenir l’aide des proches afin de ces derniers puissent venir s’occuper des enfants à domicile. « Mes parents, mes beaux-parents et ma sœur sont prêts à nous aider. Mais là encore, ce sera un sacré défi. Ils devront venir chez nous quotidiennement et nous savons que cela va être difficile avec les restrictions de déplacement imposées », s’inquiète cette habitante de Coromandel.

Autre souci : la désinfection. « Une fois chez nous, les proches devront impérativement changer de vêtements et se laver les mains. Cette situation va perturber les habitudes familiales et risque de durer pendant des mois », dit-elle. Notre interlocutrice laisse entendre que ses proches devront non seulement s’occuper des enfants, mais s’assurer qu’ils suivent leurs cours en ligne.


Nush Maghoo : «Solliciter l’aide de mes parents»

Styliste et directrice de Glam by Nush, Nush Maghoo, maman d’une fille d’un an, va bientôt reprendre le travail. Pour ce faire, elle a dû solliciter l’aide de ses parents qui vont s’occuper de la petite le temps que sa mère rentre à la maison. « Dans ce genre de situation, les parents ont du mal à trouver une solution pour s’occuper des enfants. Les enfants seront à la maison pendant quelque temps et toutes les écoles, garderies et jardins d’enfants sont fermés. Même les baby-sitters ne sont pas disponibles. Je suis chanceuse d’avoir ma mère qui s’occupe d’Anayah depuis sa naissance, car j’ai de longs horaires de travail », dit-elle.

Nush Maghoo dit ne pas appréhender la situation, car selon elle, tout est sous contrôle. « Avec les mesures strictes qui ont été prises par le gouvernement, le Covid-19 a été peu à peu combattu à Maurice. Toutefois, en tant qu’entrepreneurs, mon époux et moi allons traverser une période très délicate », avance-t-elle.


Bibi Zaynah Auleear-Bundhoo : «Des mesures préventives pour protéger ma fille»

Pour Zaynah Auleear-Bundhoo, la situation qui prévaut est très difficile pour elle et sa famille. Si au début du confinement, elle avait des difficultés à gérer entre le travail, les tâches ménagères et ses études, elle indique avoir trouvé un certain rythme au fil des semaines. « Le confinement n’a pas été de tout repos surtout avec ma fille, Aisha, qui n’a que 5 ans », souligne cette employée du Conseil de district de Rivière-du-Rempart.

Zaynah confie que son époux et elle ont déjà repris travail et que leur fille est prise en charge par ses grands-parents. « Notre seul défi demeure les études de la petite. Pendant le confinement, nous étions impliqués dans son apprentissage. Maintenant, avec le travail, nous devrons trouver du temps pour elle jusqu’à la reprise des classes », explique cette habitante de Triolet.

Par ailleurs, la simple pensée de devoir se rendre au travail au moyen des transports publics inquiète la jeune maman. « Plusieurs questions d’ordre sanitaire subsistent. Mon époux et moi avons décidé de prendre des mesures préventives une fois à la maison afin de protéger notre enfant ainsi que nos aînés », conclut-elle.


Anishah Aujayeb-Gopal : «Nous allons maintenir les précautions sanitaires»

Anishah Aujayeb-Gopal exerce dans le secteur bancaire. Maman d’un enfant de deux ans, elle estime qu’il va falloir une bonne planification lors de la reprise. Son époux a, lui, déjà repris le chemin du travail. « Comme beaucoup d’entre nous, j’ai en effet peur de la situation actuelle. Il y a encore tant d’interrogations autour de la reprise. Suis-je en train d’augmenter les risques d’infection pour mon enfant? Comment et quand va-t-elle retourner à la crèche? Quid des précautions sanitaires ? » se demande-t-elle.

Entre temps, Anishah dit qu’elle apprend à vivre avec le Covid-19. « Nous ne devons pas avoir peur de rouvrir les écoles ou de reprendre le travail. Nous devons simplement nous assurer que toutes les mesures soient prises par nous-mêmes, notre famille et nos amis », avance-t-elle. Selon elle, le défi le plus difficile sera de conserver les bonnes habitudes que le confinement a engendrées. « Nous allons continuer à passer du temps en famille, à acheter des produits locaux et à maintenir les précautions sanitaires », souligne Anishah.


Roshni Moothoosamy : «J’espère avoir plus de flexibilité au travail»

Employée au sein d’une institution paraétatique, Roshni Moothoosamy, une habitante de Vacoas, a déjà repris son poste cette semaine. Mère d’un garçon de 7 ans, elle avoue n’avoir plus l’esprit tranquille depuis quelques jours. « Mon époux et moi devons travailler. Je voulais travailler de chez moi mais je dois être présent physiquement au bureau. J’espère avoir plus de flexibilité au travail, car actuellement mon fils se retrouve seul avec son grand-père qui est âgé de 72 ans », dit-elle.

Elle avance qu’elle va aussi établir un calendrier avec son époux afin de consacrer du temps à leur enfant unique. « À tour de rôle, nous devrons passer du temps avec lui. Il est à la maison et il doit suivre les cours à la télé. Je travaille pendant la journée et mon beau-père ne pourra pas l’aider dans son apprentissage. Le soir, je l’aide à faire ses devoirs », explique-t-elle.

Pour le moment, Roshni confie qu’elle se rend au travail grâce au moyen de transport mis à sa disposition par l’organisme. Toutefois, une fois le confinement levé, elle devra prendre l’autobus. Une situation qu’elle appréhende fortement. « Etre en contact avec le public est risqué vu que mon fils a une santé fragile. Une fois à la maison, nous laissons nos chaussures, sac et vêtements dans le garage, et nous allons prendre un bain », ajoute-t-elle.

Roshni explique aussi que son fils est assez triste de voir ses parents aller travailler alors que lui est confiné à la maison. « Il est renfermé depuis deux mois. Maintenant que le travail a repris, il ressent un manque. Mais on se parle au téléphone plusieurs fois au cours de la journée », laisse-t-elle entendre.

Commentaires

A propos de Nafissah Fakun

Ceci peut vous intéresser

À la Musjid Khidmat-E-Islam à riv.-du-rempart : Wasim Jaulim remporte la compétition de Naat Shareef

La finale régionale de la compétition de Naat Shareef organisée par la mosquée Khidmat-E-Islam de …