mercredi , 5 août 2020

Ramadan d’antan – Fareed Arzamkhan : «Les difficultés d’aujourd’hui sont incomparables à celles d’antan»

Les images de son enfance défilent encore dans sa mémoire à chaque fois qu’on évoque les souvenirs d’antan. Fareed Arzamkhan (69 ans) se rappelle encore des Ramadans de son enfance. D’emblée, il nous dit que « les difficultés que les gens évoquent aujourd’hui n’ont rien de comparables à celles d’antan ». « Dans les années 50, la vie était simple. Dès l’âge de six ans, j’avais commencé à jeûner mais seulement pendant les weekends. En jour de semaine, c’était un peu difficile, car il fallait marcher trois à quatre kilomètres pour aller à l’école et faire le même trajet dans l’après-midi pour rentrer à la maison. Mais à l’âge de neuf ans, ma mère m’a encouragé à observer le jeûne durant la semaine également », se remémore cet habitant de Camp-Fouquereaux.

Il soutient que de nos jours, il y a une abondance de nourriture pour le sehri et l’iftaar mais qu’à son époque, les gens ne pouvaient se permettre autant de largesses. « Nous étions pauvres. Mais nous mangions à notre faim. Je me souviens toujours comment ma mère se réveillait tôt pour préparer les faratas pour toute la famille. On s’essayer à même le sol pour manger. Il y avait plus de légumes que la viande ou le poulet. À cette époque, la viande ou le poulet était considérée comme un luxe. On n’en consommer qu’une par semaine voire pas du tout », ajoute l’ancien Advisor au ministère des Arts et de la Culture.

Pour l’iftaar, Fareed Arzamkhan explique qu’il n’y avait pas autant de fritures et de gâteaux sur la table comme c’est le cas chez de nombreuses familles aujourd’hui. Selon lui, la rupture du jeûne était un moment familial et de partage. « Ma mère préparait de petits gâteaux simples pour l’iftaar. Je me souviens qu’il y avait le fameux sharbaat fait à base de sirop et d’eau. Il n’y avait pas d’alouda comme à présent », raconte notre interlocuteur. Pour lui, ces moments l’ont aidé à forger son caractère. « C’est notre foi en Allah qui nous aidait à surmonter toutes les difficultés. Je me rappelle aussi qu’à cette époque, il n’y avait pas de réveille-matin. Des fois, ma mère n’arrivait pas à se réveiller à l’heure pour préparer le sehri et alors nous observions le jeûne en buvant une tasse de thé », confie-t-il.

Par ailleurs, bien qu’à cette époque, les temps étaient durs, Fareed Arzamkhan avance toutefois qu’il existait une fraternité extraordinaire entre les gens durant le Ramadan. « C’était un moment de partage, de solidarité et de réflexion », dit-il et d’ajouter que la situation s’est améliorée quand il a commencé à travailler.

« Avec le temps, les choses ont changé. Nous avions la possibilité d’avoir un peu plus de nourriture pour le sehri et l’iftaar », poursuit-il. Concernant la pandémie, Bhai Fareed estime que c’est une épreuve de notre Créateur. « Il faut garder la foi pour pouvoir surmonter ces moments difficiles. Nous avons ce que nous voulons en abondance et nous faisons du gaspillage. Il est temps de prendre conscience de nos actes », conclut le sexagénaire.

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