jeudi , 6 août 2020

Ramadan d’antan – Assam Thupsee : «Nous avions accompli nos prières à la maison»

Assam Thupsee est un habitant de Curepipe. Il est âgé de 80 ans et malgré son âge, il a gardé toute sa lucidité. Il fait un bond de 60 ans dans le passé pour nous raconter les Ramadans de sa jeunesse. « Je vous parle d’une époque où il n’y avait pas beaucoup de musulmans à Curepipe. Nous habitions très loin de la mosquée et donc, toute la famille devait accomplir nos prières à la maison, même le Taraweeh. Cela ne veut pas dire que nous n’avions pas la foi », dit cet ancien travailleur des plantations de thé.

Il se souvient encore des aliments que la plupart des gens consommaient pour le sehri et l’iftaar. « Aujourd’hui, nous avons une grande quantité et aussi une grande variété de nourriture. Mais à notre époque, on mangeait le maïs, la patate et le manioc. C’étaient des aliments de base. Parfois on ne buvait que le thé pour le sehri. Notre journée était toutefois très chargée. Enfant, je devais me rendre à l’école à pied. Il fallait marcher des kilomètres même s’il faisait froid », confie Dada Assam, qui est membre d’Aalamee Society.

Même si la vie n’était aussi facile, l’octogénaire ne regrette pas une seule seconde son enfance, une période de sa vie où il a énormément appris. « Plus important, nous avons appris la patience, et comment vivre avec son prochain et surmonter les difficultés. C’était une époque où la misère faisait rage certes, mais il y avait aussi de la bonté dans le cœur des gens. Nous étions une famille nombreuse à vivre sous un même toit », ajoute Assam Thupsee.

Pour lui, les moments difficiles auxquels les gens font allusion de nos jours n’ont rien de comparables à ceux qu’avaient vécus nos grands-parents. « Tout le monde a une abondance de nourriture. Rester à la maison, c’est facile aujourd’hui. Il y a la technologie pour vous tenir compagnie toute une journée. À notre époque, avoir une simple radio était considéré comme un luxe. Mais on vivait bien », laisse-t-il entendre.

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