Bras de fer entre la société Ubora Ventures et le département de vétérinaire du ministère de l’Agro-industrie au sujet de l’importation de 1 700 bétails pour le qurbani. Le litige concerne une condition du permis. Se croyant lésée, Ubora Ventures s’est tournée vers la Financial Crime Commission. Le ministre Arvin Boolell maintient que son ministère a agi strictement d’après la loi.
«Official. » C’est le mot de la discorde entre Ubora Ventures et le département de vétérinaire du ministère de l’Agro-industrie. C’est ce qui ressort de notre petite enquête après que Samoo Moujaahid Ahmad ait évoqué, cette semaine, lors d’une conférence de presse (image ci-contre) que le différend concerne un mot.
Commençons par une mise en contexte. Le 25 avril 2025, Ubora Ventures qui a pour actionnaires et directeurs Kurmally Mohammad Zubeid et Samoo Muhammad Moujaahiid Ahmad fait une demande de permis pour l’importation de 2 000 bétails de l’Afrique du Sud dans le cadre du Qurbani.
Selon nos recoupements, le 15 mai 2025, Dr Shaun Morris, un vétérinaire privé, de Mushlendow Feedlot, avait fait une demande au ministère de l’Agro-industrie mauricien d’amender l’article 1 du ‘Permit’ qui stipule : « Quarantine/Isolation facility need to be approved by Official Veterinary Services. » Il demande que le mot « official » soit biffé et remplacé par « under veterinary supervision ». En d’autres mots, sous la supervision du gouvernement ou du privé. Il nous revient que le ministère de l’Agro-industrie n’a pas donné suite à cette correspondance, car son département de vétérinaire ne traite qu’avec son homologue sud-africain et non avec des vétérinaires privés.
Le 21 mai 2025, un comité présidé par le Senior Chief Executive du ministère de l’Agro-industrie arrive à la conclusion que cette cargaison ne pourra pas être importée, car l’isolement, voire la quarantaine des bétails, a été fait sous la supervision d’un vétérinaire privé et non pas par un « official Veterinary Authority », soit une instance du gouvernement de l’Afrique du Sud. Le comité insiste également que la cargaison doit être accompagnée d’un « International veterinary certificate issued by the Official Veterinary Authority of South Africa at time of import ». D’ailleurs, le Bureau du Premier ministre a été instantanément mis au courant de cette décision.
La riposte
Non satisfaite de cette décision, la société Ubora Ventures a fait de graves allégations contre le département de vétérinaire du ministère de l’Agro-industrie l’accusant de privilégier une compagnie d’importateur de bétail au détriment des autres. « En absence d’un level playing field, tous les compétiteurs ont mis la clé sous la porte. Nous n’avons pas l’intention de nous retirer de ce marché. Nous allons nous battre », a dit le directeur de la compagnie.
Ubora compte avoir recours à la justice au cas où ces deux cargaisons ne reçoivent pas l’aval et les animaux ne soient pas disponibles sur le marché pour le Qurbani. D’ailleurs, elle a aussi porté plainte à la Financial Crime Commission (FCC). Dans une lettre adressée à la division des plaintes, le directeur de la compagnie dénonce l’octroi de deux types de permis distincts pour l’importation de bétail en provenance d’Afrique du Sud.
Selon Ubora Ventures, ces permis font l’objet de changements fréquents et inexpliqués, ce qui a attiré l’attention des autorités sud-africaines, lesquelles jugent la situation anormale. La société affirme que ce flou administratif a entraîné d’importants retards dans le processus d’importation de bétail, sans qu’aucune explication ne soit fournie par les autorités compétentes. Ubora Ventures demande donc l’ouverture d’une enquête ciblant certains responsables au sein du département vétérinaire, estimant que des irrégularités entourent l’octroi des permis. Et déplore que seul le permis d’Ubora Ventures pose problème et non leur concurrent.
Le ministre Arvin Boolell affirme que son ministère a eu des discussions franches avec Ubora Ventures. Il maintient que son ministère a agi d’après les dispositions de la loi et des normes sanitaires établies par le gouvernement de l’Afrique du Sud.
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