Wednesday , 20 May 2026

Dr Mohummad Shakeel Luckhoo : «La science renforce la spiritualité»

Lauréat du Global Excellence Award in Science & Spiritual Integration 2026, le Dr Mohummad Shakeel Luckhoo porte un message clair : science et foi ne sont pas ennemies. Selon lui, plus l’être humain comprend la complexité de l’univers, plus il mesure la grandeur de Dieu. Une conviction nourrie par des années de recherche, de méditation et de réflexion.

Pour le Dr Mohummad Shakeel Luckhoo, il faut sortir d’un vieux réflexe qui oppose science et spiritualité. À ses yeux, la science ne détruit pas la foi. Elle peut, au contraire, la consolider.

« La science ne peut jamais être une rivale de la spiritualité », dit-il. Et il insiste : « La science nous rend heureux dans notre foi en Dieu, car elle montre Sa grandeur infinie lorsque nous observons le monde quantique. La science renforce la spiritualité. »

Dans sa démarche, il ne s’agit donc pas de prouver Dieu en laboratoire, ni de transformer la religion en formule mathématique. Il s’agit plutôt, explique-t-il, de montrer que l’exploration scientifique du réel peut conduire à davantage d’humilité, d’émerveillement et de profondeur intérieure.

Une fascination née dès l’adolescence

Cette réflexion ne date pas d’hier. Le Dr Luckhoo raconte que son intérêt pour ce croisement entre science et spiritualité remonte à sa jeunesse, alors qu’il était encore étudiant.

« Quand j’étais au collège, j’étais toujours fasciné par la structure des atomes », confie-t-il. « J’ai toujours cru que les atomes pouvaient avoir une forme de vie, puisque les électrons tournent en permanence autour du noyau. J’ai toujours voulu approfondir cela. »

Cette fascination première pour l’infiniment petit semble avoir ouvert, chez lui, un questionnement beaucoup plus large sur la création, l’ordre du monde et ce qui dépasse la simple matière.

Les limites de l’esprit humain

L’un des points centraux de sa réflexion est que la science, loin de tout expliquer définitivement, révèle aussi ce qui échappe à l’homme.

« La science montre les limites de l’esprit humain », affirme-t-il. « Nous voyons à quel point il est impossible de comprendre la Vérité absolue. » Il poursuit en évoquant « l’univers visible, l’univers invisible, le multivers, le métavers, le xénovers, l’hypervers et l’omnivers », avant d’ajouter : « Nous savons avec certitude que nous ne pourrons jamais tout comprendre pleinement. »

Pour lui, cette prise de conscience ne doit pas affaiblir la foi, mais au contraire la replacer au centre. « La foi restera toujours dans notre cœur. Nous acceptons ce que nous ne comprenons pas, mais nous savons que cela existe. »

Le Hadj, un tournant

Le Dr Luckhoo situe un moment important de son parcours en 2011, après son pèlerinage à La Mecque. Il décrit cette période comme un tournant personnel et spirituel.

« En 2011, lorsque je suis allé accomplir le Hadj, la première inspiration a commencé à venir », raconte-t-il. « Après cela, j’ai mémorisé les 99 Asma ul Husna (NDLR : 99 Noms d’Allah). J’ai senti un nouveau niveau dans ma méditation. Une émotion spirituelle spéciale circulait clairement en moi. »

Il explique avoir longtemps cherché cet état intérieur, notamment à travers l’étude du soufisme et d’autres lectures spirituelles. « J’ai essayé de retrouver cela pendant des années… Je cherchais des émotions qui feraient vibrer mon cœur. »

Ce vocabulaire montre bien que, dans son esprit, la réflexion scientifique ne se vit pas seulement dans les livres ou dans des concepts. Elle s’accompagne d’une expérience intime, intérieure, presque existentielle.

Idées, hypothèses et théories

Le Dr Luckhoo dit aujourd’hui avoir accumulé « environ 100 idées, hypothèses et théories » qu’il souhaite partager avec le monde pour nourrir d’autres recherches.

Parmi ces pistes, il évoque ce qu’il appelle le « nombre de Luqman », qu’il relie au verset 27 de la sourate 31 du Quran. Avec une grande assurance, il déclare : « Je peux prouver que 64 billions de billions de siècles d’écriture ne suffiraient pas à décrire Allah. Donnez-moi une heure, je le prouve n’importe quand et n’importe où. »

Cette affirmation, spectaculaire, donne la mesure de son enthousiasme et de sa conviction. Elle montre aussi qu’il entend inscrire ses réflexions dans un cadre qu’il juge à la fois spirituel et démonstratif.

Un travail mené souvent dans la solitude

Le chercheur explique avoir avancé pendant des années de façon très solitaire. « J’ai continué à faire des recherches seul pendant des années dans ma méditation », dit-il.

S’il affirme n’avoir pas traversé de doute sur le fond de sa démarche, il sait toutefois que ses idées peuvent susciter scepticisme ou opposition. « Maintenant que je partage mes découvertes au monde, je m’attends à de la résistance et à toutes sortes d’oppositions », reconnaît-il. Mais il ajoute aussitôt : « Je ne suis pas stressé parce que toutes mes idées reposent sur un certain fondement scientifique. »

Il estime même que les oppositions pourraient s’atténuer avec le temps : « Je m’attends à ce que l’opposition d’aujourd’hui s’inverse après mes explications. »

Une reconnaissance internationale

Interrogé sur le sens de la distinction qu’il a reçue, le Dr Luckhoo assure qu’il n’y voit pas un aboutissement personnel au sens mondain. Pour lui, cette récompense est surtout une responsabilité supplémentaire.

« Les prix reçus m’ont fait sentir que je devais aller plus loin et plus profondément », dit-il. Puis il précise : « Je partage les détails de ces prix non pas pour gagner en célébrité, mais pour que les gens aient confiance en moi comme quelqu’un de crédible dans le domaine de la spiritualité et de la science. »

Il espère, à travers cette crédibilité, permettre à d’autres de cheminer eux aussi : « Ils peuvent ainsi aspirer à grandir dans leur relation avec Allah en regardant mon travail. »

Ce que les gens comprennent mal

Pour le Dr Shakeel Luckhoo, il existe deux malentendus fréquents. Le premier consiste à croire que la science finit par tout expliquer. Le second consiste à penser que, dans la religion, il faut simplement suivre sans jamais chercher à comprendre.

Il résume cela ainsi : « Les gens pensent que la science explique tout. En religion, ils pensent qu’il faut juste suivre l’Écriture aveuglément. »

Il nuance toutefois son propos : « Il n’y a pas de problème à suivre l’Écriture aveuglément, mais si vous comprenez la complexité de l’univers, vous comprendrez la grandeur du Maître de l’univers. » Et il conclut : « Avec la science, on peut se rapprocher davantage d’Allah. »

C’est sans doute là le cœur de son message : la science n’est pas, pour lui, une machine à remplacer la foi, mais une voie possible pour l’approfondir.

Un appel direct aux jeunes

À la jeune génération, Dr Shakeel Luckhoo adresse un message très appuyé, presque militant. Il veut les convaincre qu’un chemin existe pour ceux qui cherchent sincèrement un sens plus profond à leur vie.

« Toute personne qui veut trouver la lumière divine la trouvera certainement », affirme-t-il. « C’est une loi, comme la loi de l’entropie, mais la sincérité derrière cette démarche est déterminante. »

Il met également l’accent sur la force de la pensée humaine  : « Notre plus grand capital est notre pouvoir de pensée. Les humains ont une superpuissance de pensée. »

Dans un style très imagé, il ajoute : « Ce que j’ai cherché pendant des décennies sera fait en quelques minutes avec l’IA dans un avenir proche. » Puis il lance cet avertissement simple : « Ne perdez pas les opportunités. »

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