dimanche , 27 septembre 2020

Poste de directeur du MSB : Rashida Nanhuck sacrifiée

  • Elle assume l’intérim depuis juin 2012
  • La nominée politique Sandhya Boygah choisie

La politisation des institutions fait souffler un vent de découragement sur la fonction publique. Rashida Nanhuck qui a gravi tous les échelons au Mauritius Standard Bureau (MSB) depuis 1992 jusqu’à occuper le poste de directrice par intérim depuis juin 2012 ne sera pas titularisée à ce poste. Elle sera sacrifiée au profit de l’ex-Parliamentary Private Secretary, Sandhya Boygah. Cette proposition n’a pas eu l’aval des membres du conseil d’administration du MSB.

C’est en février dernier que le nom de Sandhya Boygah est proposé pour le poste de directrice lors d’une réunion du Standards Council. Une proposition émanant du représentant du ministère du Développement industriel, des petites et moyennes Entreprises et des Coopératives mais qui fut toutefois rejetée par le Council pour trois raisons principalement.

Parmi les arguments avancés pour justifier ce rejet, le MSB Act. En effet, selon un membre du Council, les lois régissant le fonctionnement du Mauritius Standard Bureau stipule que pour remplir le poste de directeur, le MSB doit passer par un exercice d’appel à candidature. Ce que viendra d’ailleurs confirmer, plus tard, le conseiller légal du MSB, Rajesh Bucktowonsing. Il ne manquera pas de préciser que le Standards Council ne détient pas les prérogatives pour changer cela.

Un deuxième argument avancé par des membres pour rejeter la proposition est qu’un exercice d’appel à candidature avait déjà été conduit en 2016 et à l’issue duquel un candidat avait été choisi. Il n’y a cependant pas eu de suite et la personne choisie, qui travaille au sein du MSB, n’a toujours pas pu intégrer le poste de directeur.

Et enfin, le profil de Sandhya Boygah pour ce poste ne fait pas l’unanimité des membres. Certains membres du Standards Council sont d’avis que ce poste doit revenir à quelqu’un qui maîtrise les technicités derrière les activités quotidiennes du MSB. D’ailleurs, en sus des qualifications, le prétendant au poste de directeur doit avoir au moins dix années d’expérience dans un poste scientifique ou technique.

Ajouté à cela, Rashida Nanhuck assume l’intérim au poste de directrice du Mauritius Standard Bureau depuis 2012. « Elle répond d’ailleurs aux critères recommandés par la MSB Act pour le poste de Director, que ce soit en termes de qualifications et d’expérience. La logique veut qu’elle soit la personne qui soit titularisée à ce poste », ajoute ce membre du Standards Council.

Or, le souhait de titulariser Sandhya Boygah au poste de directrice du MSB serait motivé politiquement. « Tombe leve linn res fidel au parti. Cela n’a toutefois pas empêché qu’elle soit privée d’investiture aux élections de 2019. Malgré cela, elle s’est beaucoup investie lors de la dernière campagne électorale. C’est compréhensible que le parti veuille la récompenser pour ses bons et loyaux services. Surtout que pratiquement tous les autres ex-parlementaires qui n’ont pas eu de ticket aux dernières élections ont, eux, déjà été casés, soit au sein d’organismes parapublics ou au poste d’ambassadeur », nous fait comprendre un membre du bureau politique du MSM.

Face à cette imbroglio, tout porte à croire que c’est la plus haute instance du pays, soit le cabinet des ministres, qui sera appelé à trancher sur la question. Affaire à suivre…

Profil

Titulaire d’une licence en Food Science and Technology, Rashida Nanhuck prend de l’emploi au Mauritius Standards Bureau en 1992 comme Assistant Technical Manager en charge du laboratoire agro-alimentaire.

Elle est auditrice principale (Principal Auditor) pour les systèmes de management ISO 9001, ISO 22000 et HACCP. Elle est également auditrice pour l’accréditation des laboratoires selon l’ISO 17025.

En 2012, elle devient directrice adjointe du MSB. Depuis juin 2012, elle est directrice par intérim du Mauritius Standards Bureau.

Une femme de vision qui veut rendre le MSB autonome

Sous la direction de Rashida Nanhuck, le Mauritius Standards Bureau a connu une progression fulgurante. À tel point, qu’elle jetait les bases pour que l’organisme devienne une entreprise « commercially-oriented » pour assurer son autonomie financière à travers un nouveau « business model ». D’ailleurs, la stratégie 2015-2020 du MSB tend dans ce sens.

Rashida Nanhuck avait esquissé un projet de réforme qui s’articule autour de quatre axes majeurs:

(i) améliorer l’infrastructure pour faciliter les échanges commerciaux;

(ii) soutenir la politique nationale de qualité;

(iii) valoriser les normes et l’évaluation de conformité comme outils stratégiques ;

(iv) devenir une institution excellente et financièrement autonome.

Autonomie financière

Son plan de refonte du MSB vise aussi à rendre l’organisme autonome comme elle avait élaboré dans le passé :

« Le MSB est un organisme parapublic financé partiellement par des fonds publics et à travers des revenus obtenus de la vente de nos services. Il a une exigence de résultats du gouvernement et ainsi que de son conseil d’administration.

Pour y arriver il nous faut diversifier nos marchés, nous positionner sur de nouveaux créneaux porteurs et conserver nos parts de marché. Accélérer, accentuer et impulser davantage sont les maîtres mots.

Le MSB est reconnu comme un organisme qui soutient les politiques nationales de qualité pour le développement économique et social de notre pays. Le but principal de l’organisation est d’être à la pointe de la technologie en ce qui concerne l’élaboration des normes et assurer l’évaluation de conformité des entreprises dans leurs démarches vers la qualité. Le MSB a eu beaucoup de succès en tant qu’entité dite «  development oriented ».

La nouvelle piste de réflexion qui fait surface durant cette deuxième moitié de la décennie est de considérer le MSB comme une entreprise commerciale qui vend ses services marchands. Le Bureau doit donc devenir « commercially oriented ». Nous avons mis en œuvre une stratégie qui vise une autonomie financière avant la fin de cette décennie.

L’autonomie financière doit aussi se conjuguer par un nouveau « business model ». En ce moment, l’organisation est fondée sur un « management model  » avec l’accent sur les procédures administratives et financières et une gestion de ressources calquée sur celle du secteur public. Or, ceci doit évoluer vers un « business model » ayant au centre du discours les clients, les marchés la performance et les résultats. »

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