Après avoir dénoncé l’absence de consultation autour des amendements proposés à la Waqf Act, la Jummah Masjid de Port-Louis se dit désormais engagée dans un dialogue constructif avec les autorités. Son vice-président, Nissar Ramtoola, revient sur les rencontres tenues avec le ministre Shakeel Mohamed et les propositions soumises par l’équipe technique de la mosquée.
La Jummah Mosque est-elle rassurée après les consultations de cette semaine ?
À la suite de nos préoccupations, le ministre Shakeel Mohamed et les autorités ont réagi promptement. Notre équipe de professionnels a soumis des propositions afin de s’assurer que les amendements n’impactent pas la bonne gestion et l’indépendance des Waqfs.
Durant la semaine écoulée, plusieurs séances de travail/consultations ont été faites réunissant les ministres concernés, les représentants des différents ministères, le Waqf Board of Commissioners, les Ulémas, des professionnels ainsi que l’équipe technique de la Jummah Mosque.
Est-ce satisfaisant ?
Certainement. Ces échanges ont permis de revoir le projet de loi initial et d’aboutir à une ébauche qui tient davantage compte des réalités du terrain et des principes de la Sharia. Ces consultations ont permis aussi de corriger certaines anomalies qui prévalaient dans la loi existante. Nous saluons cette démarche constructive et l’esprit de dialogue qui a prévalu.
La consultation (shura) est un principe très recommandé en Islam et c’est une Sunnah de notre bien-aimé Prophète (saw). D’ailleurs, différentes organisations continuent d’apporter leurs suggestions et il paraît que les différents points et suggestions seront pris en considération.
Quelle est la prochaine étape ?
Nous prévoyons qu’il y aura une nouvelle réunion pendant la semaine à venir afin d’aboutir à un consensus qui allie bonne gouvernance et spécificités du Waqf, sacro-saint dans l’Islam. D’ailleurs, les principes de bonne gouvernance sont ancrés dans notre Sharia.
Nous estimons que ces amendements, liés spécifiquement à l’aspect « AML/CFT », doivent être accompagnés d’une refonte complète de la loi Waqf qui date de 1941 avec l’élaboration d’une feuille de route (Roadmap).
Quelles ont été les propositions de la Jummah Masjid ?
Nous avons fait une série de propositions aux autorités et elles reposent sur un principe simple : tous les waqfs ne présentent pas le même niveau de risque ni les mêmes caractéristiques. Aussi, un Mutawalli ne peut être comparé à un licencié des services financiers. Il est donc essentiel que la loi adopte une approche proportionnée.
Un Waqf est une amânah (responsabilité) envers Allah et dès qu’un waqf est dédié, il devient perpétuel et inaliénable. C’est dans cette optique que nos propositions ont été faites afin d’assurer la pérennité des Waqfs.
La distinction entre les différents waqfs sera-t-elle prise en considération ?
Nous avons proposé notamment de distinguer les waqfs selon leur taille, leur objet, leurs activités et leurs sources de financement, ainsi que les donations en petites quantités plutôt que d’imposer les mêmes obligations à tous.
Il était aussi important d’éviter de créer des charges administratives pour les petits waqfs familiaux ou religieux qui ne collectent pas de fonds auprès du public.
Nous espérons que ces consultations (Shura) déboucheront sur un plan de réforme consensuel et équilibré afin de consolider les Waqfs.
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