lundi , 23 mai 2022
Multazaam en compagnie de ses parents.

Les deux frères Sadulla libérés : «Allah nous a mis à l’épreuve»

Les deux frères Sadulla, Multazaam (27 ans) et Mursalaat (23 ans), ont retrouvé la liberté conditionnelle cette semaine après plus d’une année. Selon eux, ce fut un « test » de la part du Créateur.

Multazaam Sadulla, un des présumés suspects dans l’affaire Manan Fakhoo, a retrouvé la liberté conditionnelle, le lundi 18 avril, après sa comparution en cour de Rose-Hill. La police n’a pas objecté à sa remise en liberté et il a dû fournir deux cautions de Rs 50 000 et signer une reconnaissance de dette de Rs 3 millions. Le vendredi 22 avril, ce fut au tour de son petit frère Mursalaat de retrouver la liberté conditionnelle également à l’issue de sa comparution en cour de Rose-Hill. Il a dû verser deux cautions de Rs 75 000 chacune et signer une reconnaissance de dette de Rs 1 million.

Chez la famille Sadulla, c’est un moment de soulagement surtout en cette période de Ramadan. Après environ 14 mois en détention, Multazaam Sadulla, qui était chez ses parents à Port-Louis après sa remise en liberté, dit d’emblée que « toutes les difficultés qu’il a rencontrées en prison sont temporaires ». Les traits tirés, il conserve tout de même le sourire. Il confie à ses proches qu’il ne veut plus parler ou revenir sur cette affaire qui a défrayé la chronique. Pour lui, c’est un nouveau départ. Un nouvel espoir. Incarcéré à la New Wing de la prison de Beau-Bassin, Multazaam sourit de nouveau quand on lui demande quelles sont les difficultés qu’il avait rencontrées en prison. « Avek chaque difficulté, Allah avoye so facilité ek Allah so l’aide ti présent tout le temp pour moi  », affirme-t-il. L’aîné des frères Sadulla raconte que des jours, il est resté 24 heures dans sa cellule et ne sortait que deux fois par semaine pour quelques heures seulement.

Le milieu carcéral fait-il peur? Multazaam, pensif, répond par des phrases qui poussent à réfléchir : « kan ou ena la foi Allah dan ou le cœur, narnie pa fer ou per ! » Certes, il concède que les premiers jours en prison étaient difficiles, loin de ses parents et du confort de la maison. La solitude prenait alors le dessus sur le moral. « Ena ban ler kot nou senti nou tousel, nou avan tou ban humain, nou ena febles ek moral baisser parfoi. Mé Allah fer test pou geter si nou continuer réclame so l’aide », souligne-t-il. Multazaam se souvient que l’année dernière, durant le Ramadan, il a fallu observer le jeûne dans des conditions diamétralement opposées que chez lui. Il raconte qu’il ne manquait pas cependant d’accomplir ses salats dans sa cellule sur le sol.

Eid en famille cette année

Le jour de l’Eid-ul-Fitr en 2021, Multazaam soutient avoir beaucoup pensé à ses parents. « Allah so intervention ti présent, li fine avoye boukou facilités pou mo passe sa ban moments difficiles la », maintient-il. Le jeune homme fait ressortir qu’il avait confiance en Allah et qu’après chaque difficulté, il y a la facilité. Multazaam avance que sa libération est « une première étape » et il attend que tous ceux qui ont été incarcérés dans le sillage de cette affaire recouvrent la liberté. « Mo pe atan ki tou ban frer sorti pou celebrer Eid en fami », ajoute-t-il. Il affirme être confiant que la justice va triompher. « Allah so la justice meilleure et la justice divine pou triompher », lâche-t-il.

Pour sa part, Mursalaat Sadulla se dit très soulagé de retrouver la liberté après plus d’une année d’incarcération. Cet habitant de Beau-Bassin dit en avoir profité pour faire beaucoup de prière. « Je me suis dit que le Créateur nous a mis à l’épreuve et qu’il faillait que je fasse preuve de patience », dit-il. Le jeune homme de 23 ans concède néanmoins avoir vécu des moments difficiles moralement. « En tant qu’humain, nous avons tous des moments où le moral est au plus bas. Cela dit, cet état d’esprit, par la grâce d’Allah, n’était que temporaire  », soutient-il. C’est la lecture du Coran et les prières qui, selon lui, ont permis de « rebooster » son moral. « Dan pensée Allah, leker gagne soulagement », admet-il.

Mursalaat Sadulla ne cache pas son contentement de pouvoir célébrer l’Eid-ul-Fitr de nouveau avec la famille cette année. Il dit avoir une pensée spéciale pour ses deux autres cousins, Saif et Anas, de même que pour les autres personnes toujours incarcérées. Les deux frères remercient le Créateur pour Ses faveurs durant ce mois béni de Ramadan. Ils remercient leurs parents, les proches, tous les frères et sœurs qui les ont soutenus durant ces moments difficiles. « Lalis tro long pou nou cite tou dimoun ki fin soutenir nou ek ki ti au premier plan sa ban derniers mois la. Mé nou ena ene pense special pou l’organisation UMM, Bhai Cassam Zoulou, Ashed Fawaz, Bhai Raouf Khodabaccus ek frer Cauhye », disent-ils.

Les parents et grands-parents des deux frères se disent «  soulagés après plus d’une année de stress ». «  Nou ena enkor de neve dan prison ek nou deman duas ki Allah facilite zot liberation avan Eid », conclut la mère de Multazaam et Mursalaat.

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