vendredi , 9 décembre 2022

Le départ du Commissaire électoral réclamé – Selon son entourage : «Irfan Rahman est meurtri et blessé dans son âme»

« Nous ne laisserons personne trainer dans la boue un homme aussi intègre ». Les proches du Commissaire électoral donnent la réplique à ceux qui réclament la démission d’Irfan Rahman.

L’entourage d’Irfan Abdool Rahman est remonté et ne digère plus les critiques « acerbes et injustifiées  » de l’Opposition à l’égard du Commissaire électoral pour faire croire que les législatives de 2019 étaient truquées. Ses proches rappellent qu’Irfan Rahman « n’est pas un nominé politique et ne fréquente aucun homme politique ». « Sa nomination a été validée par la Judicial and Legal Service Commission. Il avait été choisi au mois de janvier 1998 alors qu’Ariranga Pillay était Chef juge et dont la compétence est reconnue à travers le monde », font-ils valoir. Ces derniers rappellent que le Commissaire électoral « a dirigé cinq élections générales de 2000 à 2019 » et qu’il « compte aussi plusieurs élections municipales et villageoises » ainsi que « diverses élections organisées par des entités privées ».

Un ancien collaborateur du bureau de la Commission électorale tient également à apporter son soutien à Irfan Rahman qu’il a «  personnellement côtoyé durant des années ». « Cela n’a pas de sens de venir dire que les élections sont truquées à Maurice. C’est archifaux », dit-il. Pour lui, il est « impossible de truquer une élection  », car l’organisation est telle qu’il est «  difficile de favoriser un candidat le jour des élections et le jour du décompte  ». Il rappelle que 320 agents étaient mobilisés dans la circonscription No 1 et presque 6000 à travers le pays. Selon l’ancien collaborateur, « M. Rahman est une référence au Commonwealth, au sein de la Francophonie, en Afrique et à l’Onu ». « Ou croire li pou gat so repitation pou de trwa votes dan Moris », avance-t-il.

« Un homme sensible »

Un proche parent d’Irfan Rahman, sous le couvert de l’anonymat, parle de son côté de « jalousie » et « pe fer politik lor ledo ene dimoune integre ». Il explique que le Commissaire électoral a frôlé la mort en deux occasions. « En 2000, à Johannesburg en Afrique du Sud, une fusillade avait éclaté lors du passage de son convoi et en 2004, à Kaboul en Afghanistan, une bombe avait explosé dans un centre de vote où il se trouvait », raconte-t-il. Ce proche d’Irfan Rahman nous confie que « le Commissaire électoral est meurtri et blessé dans son âme  » suite aux critiques de l’Opposition. «  J’ai vu Irfan (Abdool Rahman) en larmes, car c’est un homme très sensible. Zot traite li de corrompus ek fraudeur ek zot akiz li ki li fine trik elektion », se désole-t-il.

Notre interlocuteur ajoute qu’Irfan Rahman « est un homme pieux qui a accompli le Hadj et l’Umrah à plusieurs reprises » et qu’il a « les mains propres ». « Ene dimoune ki peur so Créateur, li pa pou kokin zame », affirme-t-il.

L’ensemble des fonctionnaires

Pour les collaborateurs du Commissaire électoral, les critiques de l’Opposition ne visent pas uniquement Irfan Rahman mais aussi les 14 500 fonctionnaires qui travaillent pour les élections. « Zot pe fer croire ki tou fonctionnaires corrompus  », tonnent-ils. Ils font ressortir que « l’île Maurice n’est pas l’Afrique » et que « les élections ici sont transparentes ». Selon eux, « aucune pétition électorale ne peut mettre en doute les compétences du Commissaire électoral ». « Normalement, ce sont les Returning Officers qui sont responsables des centres de vote le jour des élections et le jour du ‘counting’. Le Commissaire électoral ne se rend dans aucun centre de dépouillement. Il reste au bureau avec ses collaborateurs pour suivre le dépouillement en direct à la télévision », fait comprendre l’un d’eux.

En ce qu’il s’agit du Recount tenu le 1er février dernier, les collaborateurs d’Irfan Rahman expliquent qu’il n’est impliqué d’aucune façon dans cet exercice. « D’ailleurs dans un jugement de la Cour suprême rendu par l’ex-Chef juge Ashraf Ali Caunhye et le juge Chan Kan Cheong, il est écrit que ‘The Returning Officer must consider any request for a recount by a candidate or his election agent and refuse a recount if, in his opinion, he considers the request to be unreasonable’. À aucun moment dans le jugement, les deux juges ne font référence au Commissaire électoral », font-ils ressortir. En outre, selon eux, « la cour a fait mention d’erreur humaine et non de fraude en faisant allusion au recomptage au No 19 ».

Pour le cercle intime d’Irfan Abdool Rahman, « il n’est pas question de démission ». « Si la cour trouver ki Commissaire électoral fine fer fraude, li pou alé kuma ene homme d’honneur mem zour », conclut un proche parent.

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