Friday , 19 July 2024

L’accusation provisoire rayée : Shamshir Mukoon, sera-t-il réintégré au CEB ?

Une question est sur les lèvres de nombreux Mauriciens : le Central Electricity Board (CEB), à travers le ministère des Utilités publiques et par ricochet le gouvernement, va-t-il rendre justice à Shamshir Mukoon ? Plus précisément, en le rétablissant à son poste de directeur par intérim du CEB ?

En effet, mardi, le magistrat Gavindren Coolen, siégeant au tribunal de Curepipe, a rayé l’accusation provisoire pesant contre Shamshir Mukoon, l’ancien directeur par intérim du CEB. Rappelons que depuis le 3 juin 2021, il faisait face à une accusation provisoire d’avoir utilisé sa fonction publique pour des gratifications (public official using his position for gratification) dans le cadre de l’affaire St-Louis.

Les raisons avancées par l’Independent Commission Against Corruption (Icac) concernant cette accusation provisoire n’ont pas convaincu le magistrat Gavindren Coolen. Il a critiqué le délai des autorités pour déposer une accusation formelle contre le prévenu. L’Icac avait notamment souligné la complexité de l’enquête et la pandémie de la Covid-19 pour justifier le retard. Le Chief Investigator, Jokhoo, avait expliqué que l’investigation de l’organisme avait débuté en juin 2020. Celle-ci faisait suite à la publication d’un article de presse et à une plainte du CEB à la commission anticorruption. La plainte concernait des pratiques douteuses dans l’attribution d’un contrat pour le projet Saint-Louis à la société danoise Burmeister & Wain Scandinavian Contractor (BWSC) en 2016, à savoir l’ajout de turbines pour augmenter la capacité de production de la centrale thermique. Le contrat avait été attribué pour Rs 4,2 milliards.

La Banque africaine de développement (BAD) avait rapporté des fuites d’informations et des pots-de-vin potentiellement versés à des fonctionnaires et des personnalités politiques. Les enquêteurs ont découvert une série de pseudonymes et des courriels indiquant l’implication de diverses personnes, y compris le pseudo de « Maktoum », soupçonné d’être celui de Mohammed Shamshir Mukoon. Selon l’enquêteur, ce dernier n’a pas pu fournir le mot de passe de son courrier électronique, d’où les délais dans la procédure. Il a aussi soutenu que plus de 400 dépositions avaient été consignées dans l’affaire et 11 suspects identifiés. De plus, les autorités ont soumis une demande d’entraide judiciaire et ont collaboré avec le Serious Crime Office du Danemark.

Réagissant aux articles de presse sur la décision du Tribunal de Curepipe, la Financial Crimes Commission (FCC) a précisé que le terme « blanchir » ne peut pas être utilisé par rapport à l’annulation d’une charge provisoire, car cela n’exonère pas le suspect, sur qui pèsent toujours des « reasonable suspicions » et qui, par conséquent, fait toujours l’objet d’une enquête.

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