Monday , 15 June 2026

Occupation, violence et impunité : la Cisjordanie sous la pression des colons israéliens

La situation en Cisjordanie occupée demeure extrêmement tendue. Depuis plusieurs mois, les violences attribuées à des colons israéliens se multiplient : attaques contre des civils, destructions de biens, intimidations et déplacements forcés alimentent un climat de peur au sein des communautés palestiniennes. Alors que de nombreuses organisations internationales dénoncent une impunité persistante, plusieurs pays occidentaux, dont l’Australie, le Canada, la France, la Norvège et le Royaume-Uni, ont annoncé cette semaine de nouvelles sanctions contre des individus et entités israéliens impliqués dans les violences et l’expansion des colonies jugées illégales en Cisjordanie. Face à cette escalade, STAR s’est penché sur les enjeux qui entourent cette crise.

Occupation et impunité

Mosadeq Sahebdin : « La Cisjordanie subit la prolongation du drame de Gaza »

Pour Mosadeq Sahebdin, principal animateur de FLAG (Flambeau Action Group), les violences commises contre les civils palestiniens en Cisjordanie, notamment contre les femmes, les enfants et les familles vivant sous occupation, ne peuvent être regardées uniquement comme des actes isolés de colons extrémistes. À ses yeux, elles s’inscrivent dans un système plus large d’occupation, d’impunité et de soutien politique accordé à Israël.

Interrogé sur le regard moral et spirituel qu’il porte sur le silence de la communauté internationale, Mosadeq Sahebdin estime que cette passivité constitue une forme de complicité. Selon lui, les violences en Cisjordanie doivent être analysées à la lumière de ce qui se poursuit à Gaza. « Il ne s’agit pas d’actes de violence initiés seulement par les colons sionistes, mais de la prolongation du génocide qui perdure à Gaza vers la Cisjordanie », affirme-t-il.

Il soutient que les autorités israéliennes portent une responsabilité directe dans la détérioration de la situation. Se référant aux rapports internationaux, il affirme que l’État israélien ne se limite pas à tolérer les violences de certains colons, mais crée les conditions de leur développement. « Les autorités israéliennes sont complices des violences commises contre les civils palestiniens de Cisjordanie, puisqu’elles soutiennent les colons financièrement et militairement », avance-t-il.

Au-dessus du droit international

Pour Mosadeq Sahebdin, cette impunité est rendue possible par le soutien des puissances occidentales. Il estime qu’Israël continue d’agir comme s’il était « au-dessus du droit international », malgré les condamnations, les appels au cessez-le-feu et les dénonciations émanant de l’opinion publique mondiale. « Avec le soutien de l’Occident, Israël peut perpétrer le crime de l’élimination ethnique en toute impunité », dit-il.

Son analyse insiste particulièrement sur la souffrance des enfants palestiniens. Pour lui, les enfants sont devenus les premières victimes d’une violence qui vise non seulement les corps, mais aussi le moral des familles et l’avenir du peuple palestinien. « L’on ne peut taire le martyre que vivent les enfants palestiniens chaque jour. Et cela est maintenant étendu à la Cisjordanie occupée », déclare-t-il.

Il considère que la pression exercée sur les enfants palestiniens participe à une stratégie destinée à briser la résistance des familles. Selon lui, cette logique existait déjà avant le 7-Octobre et se poursuit aujourd’hui sous des formes encore plus brutales. « Torturer les enfants pour saper le moral de leurs parents était une stratégie adoptée pour faire pression sur les Palestiniens, que ce soit à Gaza ou en Cisjordanie  », affirme-t-il.

Mosadeq Sahebdin évoque aussi la situation des femmes palestiniennes. À ses yeux, les violences dirigées contre elles ne sont pas seulement des agressions individuelles, mais des attaques contre le cœur même de la société palestinienne. « En ciblant les femmes, c’est la base procréatrice même de la société palestinienne qu’ils éliminent », soutient-il, voyant dans cette violence une logique de nettoyage ethnique et de déplacement forcé.

Le sionisme protégé par l’Occident

Mosadeq Sahebdin établit une distinction entre judaïsme et sionisme politique. Pour lui, le sionisme ne doit pas être confondu avec la religion juive. Il le décrit comme un projet politique ayant détourné certains référents religieux pour justifier l’occupation, l’expulsion des Palestiniens, la discrimination, les arrestations arbitraires, les destructions de maisons, la privation d’eau, le contrôle de l’aide alimentaire et la négation des droits fondamentaux.

« Le judaïsme politique, plus connu comme le sionisme, est un détournement de la religion juive », affirme-t-il. Il estime que les fondateurs du sionisme n’étaient pas mus par une démarche religieuse, mais par une ambition politique et territoriale. À ses yeux, cette idéologie a été consolidée, armée et protégée par l’Occident pendant des décennies.

Plus de 1200 tués en Cisjordanie depuis octobre 2023

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé en Cisjordanie en marge du génocide à Gaza depuis le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1200 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l’AFP à partir de données de l’Autorité palestinienne.

Pas plus tard que la semaine dernière, un bébé de sept mois, Sam Fahd Abou Haikal, a été tué et ses parents ont été légèrement blessés lorsque les forces israéliennes ont ouvert le feu sur la voiture de la famille dans la ville de Hébron, selon des sources palestiniennes.

L’armée avait indiqué, après une enquête préliminaire, qu’un de ses soldats avait ouvert le feu « sur des civils » non suspects, après que leur véhicule avait accéléré en direction de troupes. Toutefois, selon une vidéo publiée par B’Tselem sur X, la voiture a ralenti et s’est arrêtée à l’approche de deux soldats israéliens.

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