Wednesday , 6 May 2026

Interdiction de porter le hijab : l’employeur a fait faux bond à trois reprises devant la CCM

L’affaire concernant l’interdiction de deux employées de porter le hijab sur leur lieu de travail, à savoir au sein du cabinet légal ENS Africa (Mauritius), a été officiellement portée devant la Commission for Conciliation and Mediation (CCM) le 2 juillet 2025, conformément à la section 64(1) de l’Employment Relations Act 2008. La question posée au cœur du litige est formulée comme suit : « Suis-je autorisée à porter le hijab sur mon uniforme sur mon lieu de travail ? »

Trois séances de conciliation ont été organisées par la CCM aux dates suivantes : 7, 11 et 17 juillet 2025. À chaque occasion, les deux employées étaient présentes, accompagnées de leurs avocats, Me I. Mamoojee et Me N. Hyderkhan. Par contre, l’employeur, ENS Africa (Mauritius), n’a assisté à aucune des trois séances de conciliation.

Le 8 juillet, Me Shrivan Dabee, représentant légal de l’employeur, a indiqué que ce dernier pensait que la première réunion était prévue pour le 8 juillet et non le 7. La date a alors été reportée au 11 juillet à 14h. Le 11 juillet, l’employeur a de nouveau été absent, invoquant l’indisponibilité de ses représentants légaux. Il a demandé un report de la séance au 17 juillet à 14h30.

Le 17 juillet, l’employeur s’est absenté pour la troisième fois, informant la Commission qu’il estimait faire l’objet de traitements inéquitables et d’intimidation, ce qui l’empêchait, selon lui, d’envoyer un représentant.

Face à cette triple absence, la Commission a conclu à une situation de blocage entre les parties. À la demande des plaignantes, l’affaire a été renvoyée devant l’Employment Relations Tribunal (ERT). Cette décision a été communiquée par la présidente de la CCM, Mme H. Prayag Poonith, le 18 juillet 2025.

Indignation du ministre Reza Uteem : «Mo bien bouleversé par sa cas la»

Le ministre du Travail, Reza Uteem, monte au créneau après la suspension d’une jeune femme pour avoir porté le hijab à son retour de l’Umrah, ainsi que sa collègue. Lors d’une fonction syndicale, il a dénoncé une atteinte flagrante à la liberté religieuse. Il appelle à la vigilance face à des dérives discriminatoires et rappelle que personne, pas même un cabinet d’avocats, n’est au-dessus de la Constitution.

Le ministre du Travail hausse le ton. Lors d’une fonction syndicale le jeudi 17 juillet 2025, Reza Uteem a livré un discours sans filtre, mêlant gravité et colère, face à ce qu’il qualifie de reculs inacceptables dans le respect des droits fondamentaux des travailleurs. Ciblant directement le cabinet d’avocats ENS Africa de Maurice, il a dénoncé la suspension d’une employée pour avoir décidé de porter le hijab à son retour de La Mecque, ainsi que sa collègue qui lui a emboîté le pas. Une affaire qui, selon lui, va bien au-delà d’un simple conflit de travail.

Devant un parterre de syndicalistes, le ministre ne cache pas son trouble : « Ena enn kitsoz ki pe bien bouleverse moi. Nou res dan enn pei miltikiltirel, miltirelizye. Tout dimoun flat nou parski nou enn nasyon arkensil kot tou nasyon, tou kouler, tou kominote viv pezibleman. »

Zordi ou ale dan judiciaire, ena juge met voile, ena magistrate met voile, ena avocate met voile, ena avouée met voile»

Mais cette harmonie, dit-il, repose sur un équilibre fragile. Un équilibre menacé par certaines dérives récentes : « Nou tou realiser ki sa balans ki ena la, li bien frazil sa. Ena boukou dimoun ki pou rod alim dife. Me la grand mazorite Morisien, nou kontan viv ensam ek nou nou respekte drwa de nou prosain pou pratik so relizion.  »
Et ce respect, rappelle-t-il, commence par le droit de chacun de s’habiller selon ses convictions religieuses.

De l’affaire du tikka à celle du hijab

Reza Uteem établit un lien direct entre deux faits  : l’affaire d’un hôtel ayant interdit le port du tikka, et la suspension de deux employées chez ENS Africa pour avoir porté le hijab. « Mo rapel bien ki ti ena enn lotel ki ti anpes enn employe met tikka. Kouma akoz met enn tikka afekter zot ? » a déclaré le ministre.

Il rappelle que l’Equal Opportunities Commission avait alors recommandé à la direction de l’établissement concerné de suivre une formation sur les droits humains. « Equal Opportunities Commission ti dir direktion sa lotel la ale swiv enn kour de Human Rights, parski la Constitution morisienn garanti a sak citoyen pratik so relizion. »

Reza Uteem ne cache pas son indignation en citant explicitement le cabinet ENS Africa de Maurice. « Aster la, Law Firm ENS Africa anpes so bann employé met voile. Ena enn tifi ki finn ale La Mecque, ek a so retour li desid met so voile. Sa pa afek person ! » tonne le ministre du Travail.

Il rappelle que dans le système judiciaire mauricien, le hijab est déjà largement accepté : « Zordi ou ale dan judiciaire, ena juge met voile, ena magistrate met voile, ena avocate met voile, ena avouée met voile. »

Mise en garde ferme

Et pourtant, dit-il, cette jeune employée d’ENS Africa (Mauritius) et sa collègue ont été suspendues pour avoir refusé de retirer leur hijab  : « Zot finn sispann parski zot finn refiz enlev zot voile. Ki messaz nou pe donn bann zenn ? »

Le cœur du message du ministre Reza Uteem est une mise en garde ferme contre tout retour en arrière social : « Fodré pa ou pran pou acquis bann drwa bann travayer. Fodré pa nou pense ki zordi nou finn ariv bien lwin de sa lepok kolonial la kot dimoun exploit nou. »

Il appelle à la vigilance syndicale et à la mobilisation des travailleurs : « Si bann syndicats pa faire atansyon, si bann travayer pa reste mobiliser, n’importe kisannla pou kapav vine efase tou sa travay ki bann travayer ek bann syndicats fine fer pendan des années et des années. »

Respect, pluralité et vigilance

Reza Uteem affirme que la beauté de Maurice réside dans sa diversité, et que cette diversité doit être défendue avec constance : « La beaute de Moris ki fer bann touris vini ici, c’est justement sa : bann kominote viv ansam. Ou mars dan enn lari, ou trouv enn leglise, enn shivala, enn masjid, enn mandir, enn pagode. »

Il dénonce une société qui accepte les mini-jupes mais juge le hijab : « To envi met mini, personn pa ampes twa met to mini. Si enn lot dimoun envi kouverr, laisse li. So lavie are li. Respekte li. » Ce respect du choix personnel est, dit-il, le socle du vivre-ensemble mauricien.

Le cri des proches : «Ce n’est pas une suspension, c’est une humiliation»

Elle n’a rien demandé, sinon le droit d’être elle-même. Depuis qu’elle est rentrée de l’Umrah, ce petit pèlerinage sacré à La Mecque, cette jeune Mauricienne a décidé de porter le hijab, par conviction religieuse. Une démarche personnelle, intime, profondément spirituelle. Pourtant, à son retour, elle a été suspendue de ses fonctions. Non pas pour une faute professionnelle, ni pour absence prolongée, mais pour avoir refusé d’enlever le hijab.

«C’est une injustice flagrante. On dirait qu’on lui fait payer d’exister. » La voix de ses proches tremble entre colère et douleur. Ils racontent le choc, la blessure morale, la violence silencieuse d’une exclusion qu’ils ne peuvent accepter. Pour eux, cette affaire dépasse de loin le cadre individuel : elle met à nu une intolérance systémique, un racisme feutré, un refus de la diversité pourtant garantie par la Constitution.

Brutalement mise à l’écart

« Elle est comme une fille pour nous. Une personne calme, respectueuse, dévouée à son travail. Toujours entre son emploi et sa maison. Jamais un mot plus haut que l’autre. »

Le hijab n’a pas été imposé. Il s’est inscrit naturellement dans la continuité de son expérience religieuse, après l’Umrah. « C’est quelque chose qu’elle a ressenti profondément là-bas, au contact des lieux saints. À son retour, elle a décidé de faire ce pas, en toute conscience. Elle ne dérangeait personne. Elle travaillait comme avant. Mais cette entreprise n’a pas accepté. »

La sanction est tombée sans ménagement. Aucune médiation préalable. Aucun dialogue. « On l’a suspendue comme si elle avait commis une faute grave. On parle ici d’un simple foulard, d’un geste religieux personnel. Où est la faute ? »

Un malaise plus profond ?

Ce que les proches dénoncent, c’est le traitement sélectif du hijab dans différents secteurs : « Pourquoi dans d’autres entreprises, notamment dans l’hôtellerie, cela ne pose aucun problème ? Pourquoi ailleurs, des femmes musulmanes peuvent porter le hijab sans être inquiétées ? Pourquoi cette entreprise en particulier décide-t-elle d’en faire une ligne rouge ? »

Ils refusent de considérer cela comme un simple malentendu. À leurs yeux, il s’agit d’une hostilité déguisée, d’une forme de racisme latent qui s’exprime sous couvert de règlement. « En 2025, on ne peut pas tolérer de telles dérives. Ce n’est pas de l’orthodoxie religieuse, c’est du racisme pur et dur. »

Une douleur personnelle profonde

Même si le port du hijab n’est pas lié directement à un deuil, la jeune femme reste profondément fragilisée. Elle a vécu, en parallèle, des pertes familiales lourdes : « Elle a perdu son père l’année dernière. Cette année, elle a perdu sa mère en février, puis son frère aîné quarante-quatre jours plus tard. Elle a vécu tout cela en silence. Et maintenant, cette suspension s’ajoute à son fardeau. »

Ils l’ont vue sombrer, résignée, usée : « Moralement, elle est brisée. Mais elle ne le montre pas. Elle encaisse. Elle prie. C’est Allah qui lui donne sa force. À sa place, nous aurions déjà craqué. »

Le message des proches est sans détour. Ils appellent à la vigilance collective, à la solidarité, à la défense des libertés. « Si cette affaire passe sous silence, demain aucune femme musulmane peut ne pas pouvoir porter le hijab au travail. Ce ne sera plus un droit, mais un risque. Ce n’est pas juste un cas individuel : c’est un précédent dangereux. »

Ils en appellent aux autorités, à la société civile, à la presse : « Maurice est un pays de tolérance, de pluralité. Nous n’avons pas à tolérer des logiques d’exclusion. Et jamais on ne laissera ce genre de pratiques s’installer chez nous.  »

Un cas emblématique

Au-delà de la situation personnelle, ce témoignage jette une lumière crue sur les défis auxquels sont confrontés les citoyens dans l’exercice de leur liberté religieuse. Dans une île multiculturelle comme Maurice, la tentation de banaliser ce type d’incident est grande. Mais ce serait, préviennent ses proches, une erreur tragique : « Ce cas est un signal d’alarme. Il faut que les institutions réagissent. Que les entreprises comprennent qu’on ne joue pas avec la dignité des gens. Que l’on ne peut pas, en 2025, suspendre une employée pour un foulard. »

ENS Africa (Mauritius) conteste les faits

Sollicitée pour commenter le différend, la direction d’ENS Africa (Mauritius) conteste les faits qui ont été rapportés, les qualifiant de « loin d’être exacts ».

L’entreprise indique que l’affaire est actuellement examinée par plusieurs instances officielles, et affirme rester pleinement engagée dans ce processus : « The facts that have been presented to you are far from true. The matter is currently being dealt with by various authorities, and we are committed to engage fully in this process. It would not thus be appropriate for us to comment at this stage. »

Voici notre questionnaire envoyé au cabinet :

1. La suspension de deux employées, intervenue en juin, fait suite à leur refus d’ôter le hijab au travail. Pourquoi le port du hijab constitue, selon la direction de ENS Mauritius, un motif légitime de suspension ?

2. Avez-vous reçu formellement, par écrit ou verbalement, des directives ou recommandations de votre maison mère à Johannesburg interdisant le port de tout symbole religieux dans vos locaux à Maurice ? Si oui, pouvez-vous en fournir les grandes lignes ?

3. Nous notons qu’au sein même d’ENS Africa en Afrique du Sud, des associées, exécutives et juristes arborent le hijab sans que cela n’affecte leur intégration ou leur performance professionnelle. Comment expliquez-vous ce décalage de politique entre la maison mère et sa filiale mauricienne ?

4. Le Dress Code interne de ENS Africa (Mauritius), dont nous avons pu consulter une copie, ne contient aucune clause explicite interdisant le port de couvre-chef religieux, qu’il s’agisse de foulard, croix ou autre accessoire culturel ou confessionnel. Sur quelle base réglementaire ou contractuelle repose donc votre exigence d’uniformité vestimentaire imposant le retrait du hijab ?

5. Dans l’éventualité où les employées concernées accepteraient de reprendre leur poste tout en conservant le hijab, la direction serait-elle disposée à les réintégrer sans condition ? Si non, cela signifie-t-il que le port du hijab constitue désormais un motif d’exclusion permanente chez ENS Mauritius ?

6. La Constitution mauricienne garantit à toute personne la liberté de religion (article 11), y compris dans l’espace professionnel, sous réserve d’un intérêt supérieur justifié. Votre entreprise estime-t-elle qu’une telle restriction au port du hijab est juridiquement défendable dans le contexte mauricien ?

7. Compte tenu du caractère sensible de ce dossier, qui touche à des principes fondamentaux, ENS Africa Mauritius envisage-t-elle une révision de sa politique de diversité et d’inclusion pour l’aligner sur les bonnes pratiques régionales et internationales ?

Me Imtihaz Mamoojee, avocat des employées suspendues : «Il faut se défaire de cette mentalité rétrograde»

Pour Me Imtihaz Mamoojee, l’avocat des deux employées suspendues, l’interdiction du hijab imposée par ENS Africa (Mauritius) viole de manière flagrante la Constitution et traduit une discrimination religieuse directe. « Aujourd’hui le hijab, demain le sari ? » s’interroge-t-il, dénonçant une dérive inquiétante dans un État censé garantir la liberté de conscience.

Cette interdiction du hijab constitue-t-elle, selon vous, une atteinte manifeste à la liberté religieuse garantie par la Constitution, et en quoi diffère-t-elle d’un simple code vestimentaire d’entreprise ?
Il est absolument clair que la décision de la filiale mauricienne d’ENS Africa va à l’encontre de la section 11 de la Constitution de Maurice qui, sous le chapitre Protection of Freedom of Conscience, garantit la liberté religieuse. Il est important de souligner que, dans ce cas précis, le hijab constitue un vêtement décent et conforme aux exigences de la décence professionnelle. Je ne passerai pas par quatre chemins : il s’agit d’une atteinte manifeste à la liberté religieuse de mes deux clientes. À mes yeux, le port du hijab ne contrevient en rien aux exigences d’un code vestimentaire raisonnable en entreprise. Sans l’ombre d’un doute, ENS Africa fait fausse route sur ce dossier.

Aujourd’hui, on interdit le hijab. Hier, c’était le tikka. Demain, ce sera quoi ? Le sari ? Le churidar ?»

L’employeur a fixé lui-même la date d’audience, puis s’est désisté à trois reprises devant la Commission for Conciliation and Mediation (CCM). Cela vous agace ?
Tout à fait. À trois reprises, ENS Africa a utilisé divers stratagèmes dilatoires pour éviter de comparaître devant la CCM, y compris en déclinant des convocations qu’ils avaient eux-mêmes suggérées. À mon sens, cela constitue un grave manque de respect envers cette institution. Peut-être que l’employeur a ses raisons, que la raison ne connaît pas… Mais une telle attitude jette une ombre sur leur volonté de participer de bonne foi à un processus de conciliation.

Y a-t-il, selon vous, dans cette affaire, une forme de discrimination indirecte fondée sur la religion, au sens du droit du travail mauricien et des conventions internationales ratifiées par Maurice ?
Je parlerais plutôt de discrimination directe, au vu des faits. La section 64 de la Workers’ Rights Act est explicite : il est interdit de pratiquer toute forme de discrimination sur le lieu de travail, y compris pour des motifs religieux. On ne peut instituer une procédure disciplinaire à l’encontre d’un employé du seul fait de sa religion ou de l’expression de sa foi. Ce que vivent mes clientes va à l’encontre non seulement du droit du travail mauricien, mais aussi des conventions internationales ratifiées par Maurice, notamment les instruments de l’Organisation internationale du travail (OIT), ainsi que les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies.

Quelles dispositions précises du règlement interne de l’entreprise sont invoquées pour interdire le hijab, et ces dispositions sont-elles juridiquement opposables sans violer les droits fondamentaux ?
À ce stade, l’entreprise n’a toujours pas pu démontrer en quoi le port du hijab serait incompatible avec ses opérations ou ses standards professionnels. Il lui appartient d’apporter cette précision. Mais de notre côté, nous ne voyons pas en quoi le hijab – porté de manière soignée et harmonisée avec l’uniforme – pourrait perturber le bon fonctionnement de l’entreprise. Il s’agit d’un droit fondamental, et toute disposition interne ne peut y déroger que dans des conditions très strictes et justifiées, ce qui n’est manifestement pas le cas ici.

Le port du hijab ne contrevient en rien aux exigences d’un code vestimentaire raisonnable en entreprise»

Quels sont les préjudices – moraux, professionnels ou financiers – subis concrètement par vos clientes depuis l’entrée en vigueur de cette interdiction ? Ont-elles été sanctionnées ou écartées ?
Mes clientes sont profondément bouleversées. Elles vivent cette situation comme une injustice criante. Elles ont été visées par une procédure disciplinaire simplement parce qu’elles ont décidé, en toute conscience, de porter le hijab. Elles n’ont commis aucune faute professionnelle, aucun manquement au règlement, sinon celui de ne pas avoir renoncé à une pratique religieuse qui leur est chère. Le préjudice est réel, tant au niveau moral que sur le plan de la dignité au travail.

En cas d’échec de la conciliation devant la CCM, quels recours judiciaires envisagez-vous  : Employment Relations Tribunal, Cour suprême, Commission des droits de l’homme ?
Nous avons déjà franchi une étape importante  : en raison du blocage devant la CCM – provoqué par l’absence répétée de l’employeur – j’ai demandé officiellement au président de la Commission de référer l’affaire à l’Employment Relations Tribunal (ERT). Par ailleurs, une autre action a été engagée en parallèle devant l’Equal Opportunities Commission. Une première audience y est prévue ce lundi à 10h30. Nous explorerons toutes les voies de recours disponibles, y compris les instances constitutionnelles, si nécessaire.

Au-delà du litige individuel, ce dossier soulève-t-il, selon vous, un enjeu de société plus large sur la compatibilité entre pratiques religieuses et cadre professionnel dans un État démocratique ?
Absolument. Maurice est une démocratie, et les droits fondamentaux y sont protégés par la Constitution. Le Président de la République en est le garant. C’est pourquoi je trouve profondément déplorable et regrettable qu’en 2025, on en soit encore à vouloir interdire à une femme de porter un hijab sur son lieu de travail. Cela trahit une mentalité rétrograde dont il faut absolument se défaire, si nous voulons que chacun se sente pleinement respecté dans ce pays.

Aujourd’hui, on interdit le hijab. Hier, c’était le tikka. Demain, ce sera quoi ? Le sari ? Le churidar ? Maurice est un pays multiculturel, un véritable melting pot où chaque citoyen apporte sa culture, sa foi, son héritage. Et c’est précisément cette diversité qui fait la richesse et la beauté de notre société. L’identité mauricienne, c’est aussi cela.

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