lundi , 23 mai 2022

Initiative de Mujahid Emambokus : Morivert écrit une nouvelle page de l’écologie

« Normalemen nou bizin koup ene pied pou faire ene crayon mé nou propose dimoune plante ene pied kan li servi nou crayon ». Ce sont les paroles du fondateur de Morivert. Rencontre.

Mujahid Emambokus, un jeune professionnel, a à cœur la préservation et la conservation de l’environnement. «  Morivert a été fondé en 2019 et c’est aussi la concrétisation de mon projet que j’avais soumis dans le cadre de mes études », confie-t-il. Ayant noté une surconsommation de produits à base de plastique, il dit avoir été interpellé par l’utilisation des crayons et des plumes qui causent des dégâts. « On abat des arbres pour faire des crayons et surtout on utilise du plastique pour faire des plumes, et ces produits sont fabriqués par milliers », constate-t-il.

D’ailleurs, Mujahid Emambokus fait une remarque pertinente : les plumes ont une durée de vie très limitée et elles finissent dans les décharges publiques ou les océans. « Dans les océans, ces plumes se dégradent et constituent une réelle menace pour les animaux marins. Mais le pire reste qu’elles se désintègrent et deviennent des microparticules qui sont ingérées par les poissons et par la suite, nous les consommons  », avance-t-il. L’entrepreneur compte parmi ces jeunes qui veulent mettre en place une entreprise mais de manière durable. « Pour le moment, nous nous focalisons sur les crayons en papier recyclé et nous en proposons deux types : le crayon en papier personnalisable et le crayon en papier avec une capsule », explique-t-il. Ainsi, à l’achat d’un crayon à capsule qui contient des graines de diverses plantes, le consommateur peut les mettre en terre et faire pousser une plante lorsque le crayon arrive en fin de vie.

Produits éco-responsables et locaux

Conscient de l’impact de l’homme sur la nature, Mujahid Emambokus reprend une fameuse citation pour accentuer la nécessité de protéger la planète. « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants », cite-t-il. Pour lui, cette phrase est lourde de sens et il avance que les actions les plus simples mais entreprises collectivement peuvent souvent faire toute la différence dans le monde. Ainsi, il s’efforce de proposer à petite échelle des produits écologiques, respectueux de la nature.

Notre interlocuteur dit avoir vraiment foi dans l’avenir des produits éco-responsables et locaux. Il croit fermement que les Mauriciens peuvent adopter ce mode de vie en optant pour ce type de produit. « Les gens pensent que consommer local et écologique coûte plus cher mais ce n’est pas toujours le cas. Pour le moment, le prix de mes crayons en papier s’aligne sur celui des crayons normaux, soit Rs 125 la boîte de dix crayons. J’espère même pouvoir baisser le prix une fois que je passerai en une production de masse », fait-il ressortir. Il faut, en effet, souligner que pour le moment, Mujahid Emambokus fabrique chaque crayon de ses propres mains.

N’a-t-il pas eu peur de se lancer dans les affaires en pleine pandémie ? « Non, je pense qu’en cette période de crise, nous devons au contraire encourager la production locale et cela permettra de faire vivre nos concitoyens  », affirme-t-il. Selon lui, il existe un réel intérêt pour ce type de produits. « Le Mauricien lambda veut contribuer à la conservation de son environnement et il est preneur de petites solutions qui lui permettra de faire cela. Il faut juste lui en donner l’occasion ! » ajoute-t-il

Entre-temps, Morivert fait son petit bonhomme de chemin et a déjà obtenu une certaine reconnaissance. Mujahid Emambokus a été le 1st Runner Up du Sustainable Waste Management Challenge 2021, finaliste du Trampoline 2021 Accelerator Program et a été nominé pour le Creative Young Entrepreneur Award.

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