samedi , 4 juillet 2020
Reshad Ghanty, Koulshid Nabeebux et Sadeck Lallmahomed
Reshad Ghanty, Koulshid Nabeebux et Sadeck Lallmahomed

Impact du coronavirus : des commerçants locaux affectés

La Chine, le plus grand pays exportateur au monde, est ébranlée par le COVID 19. La fermeture des frontières a provoqué une baisse considérable dans les chiffres d’affaires de certains commerçants locaux qui n’osent pas s’aventurer en Chine.

Reshad Ghanty : «J’ai des stocks pour quelques mois seulement»

Reshad Ghanty importe ses produits de la Chine depuis plusieurs années. Il achète en grandes quantités pour éviter de faire souvent le va-et-vient. La dernière fois qu’il a passé ses commandes c’était en janvier 2020. Pour ce commerçant de Curepipe, la Chine représente un marché florissant et offre le meilleur prix. Il souhaite que la situation retourne à la normale.

«L’épidémie de coronavirus qui frappe la Chine, bien sûr, aura impact sur nous. Cela se fera ressentir dans trois ou cinq mois. J’ai des stocks pour travailler pour encore quelque mois mais il va falloir que l’on commence à nous tourner vers d’autres sources d’approvisionnement, comme par exemple l’Inde, la Turquie ou la Malaisie. Car, comme on le sait, les pays limitrophes de la Chine ont eux aussi fermé leurs postes frontières et interrompu leurs échanges commerciaux avec ce pays. Et d’ici la normalisation de la situation, si on n’a pas encore trouvé d’autres pays fournisseurs certainement que les prix vont augmenter et naturellement cela aura un impact direct sur les ventes. Aussi, je ne pense pas que se tourner vers Dubaï est la solution. Pour moi, cela ne vaut pas le coup, car environ 75% du marché d’importation dubaïote provient de la Chine et une partie de l’Inde», laisse entendre Reshad Ghanty.

Sadeck Lallmahomed : «Les prix pratiqués par d’autres pays ne sont pas les mêmes que la Chine»

Sadeck Lallmahomed qui tient lui aussi un magasin à Curepipe, nous confie que la crainte s’est installée depuis l’apparition du coronavirus en Chine, le seul pays avec lequel il fait des affaires depuis plusieurs années. En effet, il ne s’est jamais tourné vers d’autres pays, car la Chine est le seul pays au monde qui offre toute une variété de produits à des prix très compétitifs. « Si nous nous tournons vers d’autres pays, les prix ne seront pas les mêmes que ceux pratiqués par la Chine. Nous avons déjà fidélisé une clientèle avec les produits Made in China. Malheureusement, l’épidémie de coronavirus a chamboulé tous nos plans. Jusqu’à l’heure, j’ai encore quelques produits en stock mais ce stock ne tiendra pas longtemps. Il y a peut-être une voie de sortie en nous tournant vers la Turquie mais j’ignore si les prix sont aussi attrayants que ceux de la Chine. Nous prévoyons une baisse de nos chiffres d’affaires bien évidemment. Les Mauriciens veulent des articles de qualité à meilleur marché. Ou trouver cela sinon qu’en Chine ? » nous dit notre interlocuteur.

Sadeck pense que l’avenir reste sombre. Il souhaite toutefois une éclaircie sinon il aura à choisir : fermer boutique ou se tourner vers d’autres pays.

Koulshid Nabeebux : «Se tourner vers l’Inde ou la Turquie»

Koulshid Nabeebux gère un petit commerce à Port-Louis. Elle est rongée par l’inquiétude car les nouvelles en provenance de la Chine ne sont guère rassurantes. Pour elle, la Chine était le seul pays où on pouvait faire de bonnes affaires. « J’ai déjà été en Inde pour faire mes achats mais ce n’est pas pareil comme en Chine. C’est cette différence qui fait que presque tous les pays du monde se tournent vers la Chine pour faire de bonnes affaires. Le prix que l’on offre pour un produit en Chine, on ne le trouvera nulle part ailleurs. Il y a une grande différence sur le prix et aussi sur la qualité. En Chine, ceux avec qui nous faisons des affaires ne nous ont jamais joué un mauvais tour et bien sûr le prix et très compétitif. Maintenant avec la crise du Covid-19, je nage en pleine confusion. J’ai encore des marchandises pour travailler jusqu’à la fin de mars mais après  ? On parle de la Turquie par exemple mais je n’y ai jamais été. Et je ne pense pas que les prix seront les mêmes que ceux pratiqués en Chine », dit-il.

Koulshid est dans le prêt-à-porter pour dames depuis plusieurs années déjà. D’ici la fin des mars, elle aura à prendre une grave décision soit de «se tourner vers l’Inde ou la Turquie», soit de mettre la clé sous le paillasson. « Malgré les prix assez bas que nous pratiquons, les clients marchandent toujours. Qu’en sera-t-il si nous achetons des produits ailleurs et que le prix est différent  ? Aurons-nous des clients pour en acheter ? » s’interroge-t-elle.

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