Monday , 22 June 2026

Fils d’un laboureur, devenu président de village : le parcours inspirant de Fawaaz Jummun

À Tyack, son nom revient aujourd’hui avec insistance lorsqu’il est question de réussite locale, d’engagement communautaire et de détermination.

À seulement 36 ans, Fawaaz Jummun incarne le parcours d’un enfant du village devenu entrepreneur accompli, puis figure politique locale respectée. Pourtant, derrière cette trajectoire ascendante se cache une histoire profondément ancrée dans la simplicité, le travail et les sacrifices d’une famille modeste.

Père de trois garçons, Fawaaz Jummun a grandi dans un foyer où chaque journée était rythmée par l’effort. Son père, laboureur, complétait ses revenus grâce à un petit commerce de quartier, tandis que sa mère consacrait son énergie au foyer et à l’éducation des enfants. Dans cet environnement, le travail n’était pas une option mais une évidence.

Derrière chaque succès d’un homme, il y a souvent un soutien discret mais essentiel. Dans le cas de Fawaaz Jummun, cette force d’accompagnement porte un nom : son épouse, Nabila. « J’ai grandi en observant mon père se lever très tôt et rentrer tard. Rien ne nous était donné facilement. Chaque effort avait une valeur. C’est cette réalité qui m’a appris la discipline et la persévérance », raconte-t-il.

La débrouillardise

Après sa scolarité primaire dans la région, il poursuit ses études à la SSS de Surinam jusqu’au School Certificate. Mais très vite, l’univers du commerce familial attire davantage son attention que les chemins traditionnels.

Chaque week-end, alors que les jeunes de son âge profitent de leurs loisirs, il accompagne son père sur les marchés et dans les points de vente, où ils écoulent des produits cosmétiques. Ces moments deviennent une véritable école pratique. « Ce n’était pas seulement vendre des produits. J’apprenais à écouter les clients, à comprendre leurs attentes, à négocier. Sans m’en rendre compte, je construisais déjà les bases de mon avenir », explique-t-il.

À 18 ans, il prend une décision déterminante : s’investir pleinement dans le développement du petit commerce familial. Là où beaucoup voyaient une activité limitée, lui percevait déjà un potentiel d’expansion.

Un passionné

Animé par cette vision, il sort progressivement de son cadre habituel et explore de nouvelles opportunités. Il entreprend notamment des voyages en Chine afin d’établir des contacts commerciaux et d’élargir ses sources d’approvisionnement.

« Beaucoup pensaient que j’étais trop jeune pour me lancer dans de telles démarches. Mais j’étais convaincu que pour avancer, il fallait oser sortir de sa zone de confort », confie-t-il.

Ces premières expériences à l’étranger marquent un tournant majeur. Grâce à une stratégie progressive et une implication constante, il parvient à transformer un commerce familial en une structure commerciale en pleine expansion.

Au fil des années, l’activité se développe et se structure. Plusieurs points de vente voient le jour à Tyack, Rose-Belle, Rivière-des-Anguilles et Port-Louis. L’entreprise familiale devient une source d’emplois et participe activement à l’économie locale. Des conteneurs de marchandises importées arrivent régulièrement pour alimenter les différents magasins, attirant une clientèle diversifiée à travers l’île.

Engagement social constant

Malgré cette réussite économique, Fawaaz Jummun reste attaché à une vision simple de la réussite. « L’argent ne doit pas être une finalité. Le vrai succès, c’est de pouvoir créer des opportunités, aider les autres et contribuer au développement de sa communauté », affirme-t-il.

Cette philosophie se traduit par un engagement social constant. Très actif dans la vie communautaire de Tyack, il s’implique au sein du groupe Awareness de la région et participe régulièrement à des initiatives sociales. Aide aux familles vulnérables, soutien aux jeunes, participation à des actions de solidarité : son implication est visible sur le terrain.

Pour les habitants, il n’est pas seulement un entrepreneur ou un responsable, mais une figure accessible, proche des préoccupations quotidiennes. « Je ne crois pas en une vie politique ou sociale enfermée dans un bureau. Il faut être sur le terrain, parler aux gens, comprendre leurs difficultés », insiste-t-il.

Il convient également de préciser que Fawaaz Jummun a été élu en deuxième position lors des élections villageoises 2020, au sein de l’équipe Awareness Tyack Leadership, conduite par Vikram Gooransing. Une performance qui confirme le soutien solide dont il bénéficiait déjà auprès des habitants de Tyack.

Bien-être communautaire

Depuis son élection à la présidence du conseil de village de Tyack, il s’attèle à poursuivre une vision centrée sur le développement local, l’amélioration des infrastructures et le renforcement du bien-être communautaire. Malgré un agenda chargé entre ses responsabilités professionnelles, familiales et publiques, il continue de privilégier une présence active sur le terrain.

« Quand on aime ce que l’on fait, on trouve toujours l’énergie nécessaire. Ma motivation vient de ma famille et de la confiance des habitants », souligne-t-il.

Aujourd’hui, son parcours inspire de nombreux jeunes de la région. Il symbolise la possibilité de réussir sans privilèges particuliers, à condition de faire preuve de discipline, de travail et de persévérance.

« Je dis souvent aux jeunes de ne pas avoir peur de commencer petit. L’important est de rester constant, de travailler avec sérieux et de croire en ses capacités », insiste-t-il.

Une présidence tournée vers la proximité

Le 12 juin, Tyack a vécu un moment symbolique avec la prestation de serment officielle de son nouveau président de village au Tyack Village Hall.

L’arrivée de Fawaaz Jummun à la tête du conseil de village marque une nouvelle dynamique locale. Élu grâce à la confiance des habitants, il représente une génération de responsables pour qui la proximité avec la population est essentielle.

Bien avant son mandat, il participait déjà à plusieurs actions sociales dans la région. Cette implication lui a permis de mieux comprendre les réalités quotidiennes des familles, notamment en matière d’infrastructures, d’activités pour les jeunes et de solidarité.

« Être président, ce n’est pas un privilège, c’est une responsabilité. Mon bureau doit rester ouvert à tous », affirme-t-il.

Depuis son entrée en fonction, il multiplie les rencontres avec les habitants afin de cerner leurs besoins et de construire des solutions adaptées. Sa vision repose sur un développement équilibré, mais aussi sur la cohésion sociale.

« Un village ne se développe pas uniquement par les infrastructures, mais par l’unité de ses habitants », rappelle-t-il.

Commentaires

A propos de star

Ceci peut vous intéresser

Yousuf Manjoo : la foi comme boussole, l’art comme mission

Comédien, homme de théâtre et professionnel de la logistique, Yousuf Manjoo, 53 ans, incarne depuis …