jeudi , 30 juin 2022

Enregistrement tardif du Nikah : des veuves musulmanes toucheront désormais la pension

  • Basir Mohabuth : « L’aboutissement d’un long combat »
  • 153 veuves concernées par cette mesure selon le ministère

«Nous étendons la Basic Widow’s Pension pour les veuves de foi musulmane à travers l’enregistrement tardif du mariage religieux auprès du Muslim Family Council ». Lorsque le ministre des Finances, Dr Renganaden Padayachy, a annoncé cette mesure dans le Budget 2022-2023, mardi 7 juin, Basir Mohabuth, coordinateur du Quatre Bornes Muslim Council (QBMC) et de la plateforme « Reconnaissance du Nikah à Maurice », n’a pu contenir ses larmes. Pour lui, c’est « l’aboutissement d’un long combat » en faveur des sœurs musulmanes qui étaient victimes d’une injustice depuis des années. C’est avec joie et surtout un soulagement qu’il a donc accueilli cette mesure budgétaire. Pour rappel, la pension universelle et la pension de veuve passent de Rs 9000 à Rs 10 000.

Dans une déclaration à STAR cette semaine, Basir Mohabuth dit remercier le Créateur en premier qui, dit-il, « fin met pitié ek generosite dans leker nu ban ‘decision makers’ ». « C’est avec beaucoup d’humilité devant Allah et aussi un grand soulagement que j’accueille cette décision. Nous menons un combat sans relâche depuis de nombreuses années. Etant donné que ces veuves et orphelins ont souffert pendant toutes ces années, je demande à présent au gouvernement d’adopter cette mesure avec effet rétroactif soit depuis la date du décès de l’époux de ces dames », avance l’ancien recteur.

Enregistrement des Nikahs

Basir Mohabuth raconte que c’est en 2014 qu’il a pris connaissance d’un jugement du Privy Council rendu en 1992 ayant trait au mariage religieux musulman. « Toutefois, faute d’un Chairman au Muslim Family Council, cela est resté lettre morte jusqu’à ce qu’un article soit publié dans STAR en 2017 concernant une veuve qui était privée de pension. C’est alors qu’il y a eu une vraie prise de conscience quant à l’étendue de ce problème », se rappelle-t-il. Notre interlocuteur enclenche alors des démarches pour trouver une solution en faveur de toutes ces veuves musulmanes privées d’une pension. « Mais c’était un cri dans le désert. Cela semblait n’intéresser personne », ajoute le président du QBMC. Toutefois, il ne baisse pas les bras et multiplie les campagnes de sensibilisation au sort des sœurs musulmanes. « Chacun a apporté sa contribution en envoyant diverses missives aux autorités concernées et en assistant les veuves auprès du Pension Tribunal. Mais en vain, car leur nikah n’était pas enregistré », indique-t-il.

Cela dit, après une réunion avec divers représentants de plusieurs mosquées du pays, le problème a pu être exposé au Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui leur a promis de trouver une solution. « C’est désormais chose faite. Nous sommes très reconnaissants envers le PM d’avoir tenu sa parole. Désormais, la balle est dans le camp des masjids pour éviter un tel scénario à l’avenir. La direction des mosquées doit s’assurer que l’imam est enregistré auprès du Muslim Family Council. La direction doit aussi veiller à ce que chaque nikah célébré par l’imam soit enregistré auprès du MFC et que les nouveaux mariés obtiennent leur certificat de nikah. On ne peut plus plaider l’ignorance. Chacun doit, à présent, assumer sa part de responsabilité », recommande-t-il.

Après l’amendement à la Civil Status Act pour permettre l’enregistrement tardif des nikahs célébré jusqu’à 2022 afin que les veuves puissent bénéficier de la pension, Basir Mohabuth compte envoyer une lettre ainsi qu’une affiche à toutes les mosquées du pays pour sensibiliser les mussallis à l’importance d’enregistrer leur nikah. Selon la ministre de la Sécurité sociale, Fazila Jeewa-Daureeawoo, 153 veuves musulmanes sont concernées par cette mesure.

Osman Mohamed avait soulevé la question en trois occasions

Le député du Parti travailliste, Osman Mahomed, a également milité en faveur des veuves musulmanes privées de pension. Il avait soulevé la question en trois occasions à l’Assemblée nationale auprès du ministre des Finances, Dr Renganaden Padayachy, du Premier ministre, Pravind Jugnauth, et de la ministre de la Sécurité sociale, Fazila Jeewa-Daureeawoo. Il avait fait un plaidoyer auprès du Dr Renganaden Padayachy après que la Jummah Masjid avait envoyé une correspondance au ministère des Finances pour se pencher sur la question de paiement d’une pension à la centaine de veuves concernées. Dans sa réponse, le ministre des Finances avait indiqué que ses techniciens travaillaient déjà sur le dossier en vue de trouver une solution « juste et équitable ».

Par ailleurs, la Young Protection Society, par la voix de son président l’Imam Zahir Peerbux, demande aux maulanas/imams/officiants de nikah de s’enregistrer auprès du Muslim Family Council et d’enregistrer les nikahs qu’ils ont célébrés auprès de cette instance. Cela, afin qu’en cas de décès de l’époux, la veuve puisse toucher une pension.

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