Wednesday , 6 May 2026

Élève malvoyant du hsc privé de sa pension : Rayhan Sakhabuth se bat face à l’indifférence

Privé de sa pension et confronté à l’indifférence administrative, Rayhan Sakhabuth, étudiant malvoyant, lutte chaque jour pour poursuivre ses études. Entre cours particuliers indispensables, examens à préparer et moqueries à l’école, il incarne le courage et la résilience face à un système qui peine à l’accompagner.

Depuis 2024, la vie de Sheik Muhammad Rayhan Sakhabuth, habitant de Rose-Hill, a basculé une seconde fois. Cette année-là, la pension que la Sécurité sociale lui versait depuis la maternelle a été brutalement suspendue.

Une aide pourtant vitale pour financer ses cours particuliers et acheter ses manuels scolaires. « Mo finn pas lor board medikal dé fwa. San fer test visuel, zot dir ki avek enn lizie mo kapav trouver », lâche-t-il, entre résignation et colère.

Son combat commence dès les premiers mois de sa vie. À seulement deux mois, une grave infection à l’œil gauche l’a condamné à la malvoyance. Le médecin qui le suivait alors a refusé d’opérer, laissant la décision à son pédiatre. Impuissant, ce dernier n’a pu sauver l’organe. Depuis, Rayhan ne voit qu’à travers son unique œil droit.
Vision réduite

Mais aujourd’hui, cet œil fatigue. Sa vision se réduit de plus en plus. Élève en HSC au collège de Saint Mary’s, il doit redoubler d’efforts pour suivre le rythme. « Mo pa kapav konsantrer lor tablo, mo vision feb », confie-t-il. Lors des examens du PSAC, il avait bénéficié d’un temps supplémentaire, un aménagement essentiel pour compenser son handicap. Mais au collège, malgré ses demandes répétées, cette mesure n’a jamais été reconduite. « Mo oblizé sanz sanz plas pou vin pre avek tablo pou swiv explikasyon », dit-il.

Rayhan raconte aussi avoir souvent été la cible de moqueries à cause de sa malvoyance. « Kan mo ti rantre kolez ek ziska Grade 9, ena zenfan ti pe fer mwa boufon ek apel mwa par tou sort nom akoz mo lizie », confie-t-il. Aujourd’hui, il souligne que les élèves plus âgés se montrent au contraire solidaires et l’aident à mieux comprendre les explications des professeurs.

Une nécessité, un appel

À la maison, la situation est tout aussi compliquée. Son père, Tajudin, souffre de plusieurs maladies chroniques et doit subir une opération de la prostate la semaine prochaine. Sa mère, Rafeeka, est elle aussi confrontée à de sérieux problèmes de santé. Le budget familial est déjà très serré. Sans la pension, financer les études de Rayhan devient un véritable défi quotidien.

Pour lui, cette aide n’est pas un luxe mais une nécessité, la clé pour maintenir ses performances scolaires et espérer un avenir à la hauteur de ses ambitions. Aujourd’hui, il lance un appel direct au ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron  : « Mo bizin sa pension-la pou pey mo leson ek aste bann liv ek past papers ki bien importan pou mwa. Mo koné ou enn dimoun ki konpran soufrans dimoun, ek mo espéré ou pou revwar mo ka pou ki mo kapav reysi mo HSC ek al liniversite, ki enn rev pou mo fami. »

Rayhan n’est pas seulement un étudiant brillant malgré son handicap ; il est aussi le visage d’une réalité plus large : celle d’élèves qui, malgré leur courage et leur persévérance, se heurtent à l’incompréhension administrative et au manque d’accompagnement adapté. Son histoire rappelle que la réussite scolaire ne dépend pas uniquement de la volonté d’un élève, mais aussi de la solidarité que la société choisit – ou non – de lui offrir.

Vaincre l’indifférence

Ses parents, Tajudin et Rafeeka, présents lors de notre entretien, regardent leur fils avec fierté. Malgré la maladie et les épreuves, ils croient en ses capacités. Tajudin confie : « Mo swete ki minis Subron ek so junior minister Kugan Parapen etidie ka mo garson, parski li pe deman re koumans donn li so pension pou li kapav pey so bann leson ek gagn bon rezilta HSC pou li al liniversite. »

Derrière ses excellents résultats, Rayhan mène un combat quotidien où chaque page tournée est une victoire sur la malvoyance et sur l’indifférence administrative. L’histoire de Rayhan Sakabuth est poignante : elle nous rappelle que la réussite d’un étudiant malvoyant ne repose pas seulement sur son acharnement, mais aussi sur l’équité et la solidarité que la société doit lui garantir.

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