jeudi , 30 juin 2022
Malgré Omicron, la vaccination permet de se protéger des formes graves de la Covid-19.

Dr Shameem Jaumdally : «Les chiffres communiqués ne reflètent pas la réalité»

L’ampleur sans précédent de la transmission par Omicron a débouché sur une hausse des hospitalisations chez nous. Le Dr Shameem Jaumdally, virologue en Afrique du Sud, nous aide à comprendre ce nouveau variant.

D’emblée, Dr Jaumdally avance que la grande différence avec Omicron est que sa vitesse de transmission est plus grande que les autres variants. La conséquence directe de ce virus est que le nombre de cas monte très rapidement en flèche. « En parallèle, il faut comprendre que plus de cas voudrait aussi dire, plus de patients dans les centres de santé et plus d’hospitalisation. Toutefois, Omicron semble nous permettre de pousser un petit ouf ! de soulagement, car il paraît que ce variant ne s’attaque pas aux poumons de la même manière que les autres variants, car il reste dans la partie supérieure des voies respiratoires », souligne-t-il.

Dr Shameem Jaumdally.

Parlant des chiffres quotidiens communiqués par le ministère de la Santé, le virologue soutient que ceux-ci « ne reflètent pas la réalité du nombre de cas actifs » dans le pays, car ce sont surtout les positifs détectés par les tests PCR qui sont comptabilisés. « Les cas positifs détectés par les ‘rapid tests’ ne sont pas pris en considération. Donc, comment ce chiffre peut-il dresser une image réelle de la situation de la crise sanitaire à Maurice et donner une bonne indication ? Mais il semblerait que comme prédit, le nombre de cas augmente après les fêtes. Il se pourrait que d’ici vers la fin de janvier, nous pourrions avoir une flambée du nombre de cas positifs et donc d’hospitalisation et enfin une hausse dans le nombre de décès », fait-il ressortir.

Ne pas baisser la garde

Pour le Dr Shameem Jaumdally, si Omicron se manifeste avec moins de sévérité chez certaines personnes, il met en garde que ce variant est toujours mortel. « Nous le voyons en Afrique du Sud et cela même si le taux de mortalité est définitivement moindre. Il faut comprendre qu’aujourd’hui les vaccins contribuent en grande partie à rendre moins mortel ce virus. Mais en prenant en considération certains facteurs, comme les personnes qui souffrent déjà de certaines maladies et celles qui ont reçu des vaccins de ‘moindre qualité’, nous voyons qu’elles sont toujours vulnérables face au virus », dit-il.

Aussi, le virologue estime qu’il ne faut pas non plus oublier que les séquelles post-infections sont toujours incapacitantes à différents degrés chez les patients ayant contractés le virus, qu’il s’agisse de Delta ou d’Omicron. « Il ne faut pas considérer qu’Omicron est la fin de la pandémie et conséquemment baisser sa garde. À mon avis, la vigilance est toujours de rigueur dans la société », ajoute-t-il. Cela dit, notre compatriote admet qu’avec Omicron, on note une réduction dans le nombre de décès mais aussi dans le nombre de personnes qui sont admises aux soins intensifs et qui nécessitent de l’oxygène.

Le système de santé

En cas d’une éventuelle flambée des cas à Maurice, notre système de santé pourra-t-il prendre en charge des patients nécessitant des soins poussés ? À cette question, le Dr Shameem Jaumdally est d’avis que si nous avons même 2000 personnes infectées au virus qui nécessiteront des soins simultanément, cela pourrait devenir problématique dans nos hôpitaux. « Cela, pour la simple et bonne raison que nos hôpitaux et le personnel prodiguent aussi des soins à d’autres patients souffrants de différentes maladies telles que le cancer, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, entre autres. Mais à mon avis, nos systèmes sont bien rodés à ce jour et nous avons acquis de l’expérience. Combinés au nombre de vaccinés et ceux qui ont déjà développé une certaine immunité, je ne pense pas que nous nous dirigeons vers une saturation de nos centres de santé », souligne-t-il.

Selon le virologue, avec le temps qui passe, nous retournons vers un semblant de normalité, comme la reprise des classes en présentiel à partir de février. Il recommande de toujours miser d’une part sur le maintien des règles sanitaires et des gestes barrières et d’autre part, il est d’avis que les autorités doivent privilégier une bonne communication vis-à-vis du grand public. « Il est important d’être transparent sur la politique qui est adoptée et surtout sur les informations communiquées. La population en elle-même doit continuer à rester vigilant et à se dire que ces règlements sont temporaires. Selon moi, si cela se fait jusqu’à la fin de l’hiver de cette année, nous serons arrivés vers une sorte d’immunité collective et nous serons majoritairement protégés », indique notre interlocuteur.

La situation en Afrique du Sud

Le Dr Shameem Jaumdally, qui exerce en Afrique du Sud, avance qu’Omicron est le variant qui domine le paysage actuellement. Mais selon lui, depuis le début, une discipline de fer a été instaurée sur la population pour pouvoir contenir les infections. « À ce stade, un retour à la normale est en cours; les universités reprennent en présentiel, les restaurants, bars et discothèques rouvrent leurs portes. Mais cette discipline est toujours présente. On respecte le port du masque et le pass vaccinal est demandé dans certains lieux. Nous avons de moins en moins de personnes aux soins intensifs à cause du virus et de moins en moins de patients dans les ‘covid wards’ », nous dit-il.

Selon le Mauricien, les interventions ont d’ailleurs repris normalement dans le centre où il est basé. Il estime que la population sud-africaine a fait face à quatre différentes vagues de la Covid-19 et elle en a tiré des leçons.

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