samedi , 28 janvier 2023
L’exercice du décompte au No 19 en novembre 2019.

Cela pousse à réfléchir – Recount dans la circonscription No 19 : lumière sur des erreurs inexpliquées

La lumière au bout du tunnel deux ans après les élections législatives du 7 novembre 2019. Le vendredi 21 janvier 2022, la Cour suprême à travers les juges Aruna Devi Narain et Denis Mootoo ont ordonné un « recount » dans la circonscription No 19 (Stanley/Rose-Hill) dans le cadre de la pétition électorale d’Olujare Jenny Adebiro, candidate battue du Mouvement militant mauricien. Elle s’est classée à la quatrième position derrière Ivan Collendavelloo de l’Alliance Morisien dirigée par Pravind Jugnauth. Cela pousse à réfléchir.

Erreurs de comptabilisation

Ce dénouement est intervenu le 13 janvier 2022 lorsque Dharmajai Mulloo, ancien Deputy Chief Electoral Officer, avait révélé en Cour suprême qu’il y aurait eu des erreurs dans la comptabilisation des voix dans 18 des 25 salles de dépouillement. Et que dans trois salles de dépouillement, notamment Nos 7, 10 et 11, le nombre de votes étaient supérieur au nombre de bulletin.
En fait, un maximum de 1 200 bulletins de vote est attribué à une salle de dépouillement dans cette circonscription. Néanmoins, dans les trois salles susmentionnées le nombre total de votes, divisé par trois, était supérieur à 1 200. La question qui se pose : depuis quand la Commission électorale est au courant de ces erreurs ? Celles-ci impactent directement sur l’issue des votes d’autant plus que l’écart entre Ivan Collendavelloo et Olujare Jenny Adebiro n’est que de 92 voix. Le premier avait recueilli 8 959 contre 8 876 à son adversaire. S’en est-il rendu compte deux ans après ? Qu’ont-ils fait pendant tout ce temps ? Pourquoi maintenant ? De ces ténèbres jaillit un parfum de soufre qui racle le nez et la gorge ! Cela pousse à réfléchir.

La Commission électorale se ravise

Ce même 13 janvier 2022, dans le sillage de cette révélation, le commissaire électoral, Irfan Rahman, a admis en Cour suprême qu’il y avait des écarts « déduits » du Recapitulation of Votes Form rempli par le Returning Officer le jour du dépouillement. En conséquent, il a instruit ses conseillers légaux de ne pas résister à la demande de « recount » surtout par « la nécessité de ne laisser aucun doute quant à l’intégrité du processus de comptage en général ». Là aussi, plus d’un aimeraient savoir quand a-t-il été informé de ces bourdes ? Quelles sont les procédures qu’il a enclenchées pour en faire la lumière ? La réponse à ces deux questions est capitale, car la Commission électorale avait au préalable objecté à la demande de « recount. » Cela pousse à réfléchir.

L’ESC dans le noir

La situation semble se corser pour la Commission électorale, car l’Electoral Supervisory Commission (ESC) a informé ne pas être au courant d’une « apparent mistake » dans le Recapitulation of Votes Form. Elle se frotte les mains en annonçant, par l’entremise de ses hommes de loi qu’elle se plierait au jugement de la Cour. Ce sentiment d’opacité autour de ses erreurs de décomptes paraît intrigant. Cela pousse à réfléchir.

56 extra votes

Des documents déposés par l’ancien Deputy Chief Electoral Officer, il ressort que dans les salles Nos 7, 10 et 11, Ivan Collendavelloo aurait eu plus de voix que’Olujare Jenny Adebiro. Mais à une question de l’avocat de l’ancien Premier ministre adjoint, Dharmajai Mulloo admet que « one cannot say with precision which candidates out of the 38 candidates had obtained the 56 extra votes from Counting Room Nos 7, 10 and 11. » Cela pousse à réfléchir.

Tout de même, compte tenu de la différence de 92 votes entre Ivan Collendavelloo et Olujare Jenny Adebiro, ces « 56 extra votes » méritent d’être pris au sérieux. Elles peuvent changer le résultat, comme spécifié par les juges Aruna Devi Narain et Denis Mootoo dans leur jugement : « We have also taken into consideration the margin in the difference of votes between the petitioner (Olujare Jenny Adebiro) and the first respondent (Ivan Collendavelloo) and we are satisfied that there is a real possibility in the circumstances that the difference in votes may be cancelled by the mistakes in the counting. » D’où la jubilation dans le camp des mauves et la confiance d’Olujare Jenny Adebiro qu’elle fera son entrée au Parlement. Si cela s’avère, la candidate du MMM a subi un lourd préjudice en perdant plus de deux ans de députation. Et cette erreur a permis à Ivan Collendavelloo de garder son poste de Premier ministre adjoint. Or, si le résultat reste inchangé après le « recount », ce sera une nouvelle victoire pour Ivan Collendavelloo. Peut-être plus éclatante que celle du 7 novembre 2019. Cela pousse à réfléchir.

Que la vigilance soit de mise

Concernant ces « 56 extra votes », les deux juges présument que des votes blancs pourraient avoir été comptabilisés : « … tends to indicate prima facie that void votes may have been counted. » Pour éviter qu’une telle situation se reproduise, les juges Aruna Devi Narain et Denis Mootoo recommandent la vigilance de la part du Returning Officer et son personnel, par la Commission électorale, par l’Electoral Supervisory Commission. Et également par les candidats et leurs agents qui travaillent dans les salles de dépouillement. C’est incompréhensible que notre système soit aussi rodé que des failles pareilles puissent surgir pour gripper la machinerie. Comme quoi les agents des candidats ne jouent pas leur rôle de chien de garde. Cela pousse à réfléchir.

Mauvaise publicité

L’issue de ce « recount » impactera sur l’image de la Commission électorale. Son aura sur le plan international resplendira davantage au cas où le classement initial des résultats reste inchangé. Cependant, son image sera entachée au cas où Olujare Jenny Adebiro détrône Ivan Collendavelloo de la troisième place. Ce sera un rude coup d’autant plus que les partis de l’Opposition ont mis en doute les dernières élections. Réagissant à ce jugement, Navin Ramgoolam, le leader du PTr, revient avec son argument de manipulation : « Vous réalisez que dans la majorité des classes au No 19, il y a plus de votes que de bulletins ? C’est grave et cela nous donne raison de dire qu’il y a eu manipulation et fraude. » Cela pousse à réfléchir.

Revoir les procédures

Judges have always borne a burden of responsibility. Now more than ever Supreme Court must ensure that Electoral Petition be heard in the shortest delay. Ce n’est pas possible qu’une demande de recount pour un écart étroit prenne deux ans. De plus la Commission électorale et l’Electoral Supervisory Commission doivent avoir le minimum de décence pour ne pas objecter à un recount dans ce cas précis. Qu’elles veuillent ou non, cela donne l’impression qu’elles ont quelque chose à cacher. La Commission électorale ne pourra pas empêcher une partie des Mauriciens de croire qu’elle avait voulu escamoter les erreurs révélées pour avoir objecter au recount. Cela pousse à réfléchir.

Nahse Mohammed

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