Derrière son sourire innocent et son cartable d’écolière se cache une histoire familiale où l’éducation, le respect et la transmission des valeurs islamique, occupent une place centrale.
À seulement cinq ans, la petite Taymiyyaah Kinza Seid-Ally, fille unique, impressionne déjà son entourage par sa maturité, sa passion pour l’apprentissage et son attachement aux valeurs islamiques. Elle connaît plus d’une quinzaine de sourates par cœur. Élève en Grade 1 à l’école Little Pearls (Al Meezan Islamic Center), où elle étudie depuis deux ans, cette fillette de Camp-Chapelon est devenue, malgré son jeune âge, une source d’inspiration pour de nombreux parents.
Son père, Twalha Seid-Ally, âgé de 31 ans, affirme que tout commence à la maison. « La première école d’un enfant, c’est son foyer. Aucun téléphone, aucune tablette ne pourra remplacer le temps qu’un parent passe avec son enfant », explique-t-il d’emblée.
Transmission des valeurs
Dans cette famille profondément attachée à l’enseignement islamique, l’apprentissage du Quran fait partie du quotidien. Le grand-père de Kinza, Sayed Dalil Seid-Ally, aujourd’hui âgé de 65 ans et en situation de handicap, a toujours veillé à transmettre les fondements de la religion à ses enfants. Son enseignement rigoureux a marqué plusieurs générations de la famille.
Parmi elles figure son autre fils, Imam Assadoullah Seid-Ally, 28 ans, qui exerce depuis une décennie comme imam à la mosquée Al Waadi, à Vallée-Pitot. Enseignant en études islamiques, il joue également un rôle important dans l’éducation religieuse de sa nièce.
En effet, depuis sa naissance, Kinza, enfant unique pour ses parents, a été initiée progressivement aux invocations et aux enseignements du Quran. « Nous ne lui avons jamais imposé la religion. Nous l’avons simplement accompagnée. Alhamdoulillah, elle aime naturellement apprendre », raconte son père.
Un bon équilibre
Aujourd’hui, la fillette connaît déjà plusieurs sourates par cœur. Elle récite notamment Ayat-ul-Kursi avant de s’endormir et maîtrise différentes invocations du quotidien. Son oncle et son grand-père l’aident régulièrement dans son apprentissage, notamment avec la sourate Al-Mulk et d’autres textes importants.
Mais pour ses parents, il ne s’agit pas uniquement de religion. « Nous voulons qu’elle réussisse aussi bien dans ses études académiques que dans le Deen. L’un ne doit jamais se faire au détriment de l’autre », souligne Twalha.
Cette philosophie semble porter ses fruits. À l’école, Kinza obtient d’excellents résultats et ses enseignants saluent régulièrement son sérieux et son comportement exemplaire.
Sa mère, Maryam Amreen Sheik Hyath, 28 ans, employée dans le secteur de la logistique, partage la même vision éducative. « Les enfants apprennent davantage en observant leurs parents qu’en écoutant leurs discours. Si nous voulons qu’ils adoptent de bonnes valeurs, nous devons d’abord les appliquer nous-mêmes », estime-t-elle.
Temps d’écran limité
À la maison, les écrans occupent une place limitée. Après l’école, Kinza dispose d’un court moment de détente avant de se consacrer à ses révisions, à ses activités quotidiennes et à sa famille. « Kinza kan sorti lekol, nou les li pran enn ti pause et les li get television pendan 30 minit. Mé portab zamé nou finn donn li. Apré sa, li pren so douche et fer so revision et dinner. Li fer so namaz aussi », raconte sa mère.
Pour son père, la société moderne présente un défi majeur. « Beaucoup de parents donnent un téléphone à leurs enfants pour les occuper. Mais les enfants ont surtout besoin de notre présence. Le temps qu’on ne passe pas avec eux aujourd’hui, on ne pourra jamais le rattraper demain. »
Depuis plusieurs mois, les récitations de Kinza sont partagées sur TikTok par son oncle, avec l’accord de ses parents. L’objectif n’est pas de rechercher la célébrité, mais d’encourager d’autres familles à s’investir davantage dans l’éducation de leurs enfants.
Des milliers de vues
Les vidéos, qui montrent la fillette récitant différentes sourates, ont suscité de nombreuses réactions positives. Certains internautes racontent avoir été émus jusqu’aux larmes en l’écoutant. D’autres, y compris des personnes non musulmanes, saluent la beauté du message véhiculé. Certaines de ses vidéos dépassent même les 130 000 vues et comptent plus de 500 commentaires positifs, issus de toutes les communautés.
« Ce n’est pas seulement une question de religion. C’est un message sur l’éducation, le respect, la discipline et les valeurs humaines », explique son oncle, l’imam Assadoullah Seid-Ally.
Pour la famille Seid-Ally, la plus grande réussite ne se mesure ni au nombre de vues sur les réseaux sociaux ni aux performances scolaires. « Notre plus grande fierté est de voir notre fille grandir avec de bonnes valeurs et un bon comportement », affirme son père.
Un rêve : le Hadj
Parmi les rêves de la petite Kinza figure déjà un projet qui fait sourire ses proches : accomplir un jour le Hadj ou l’Umrah avec sa famille. Très attachée à son grand-père, elle évoque souvent ce souhait avec enthousiasme.
L’histoire de Kinza rappelle finalement une vérité simple mais essentielle : l’éducation d’un enfant ne repose pas uniquement sur les écoles ou les technologies modernes. Elle se construit d’abord à travers l’exemple donné par les parents, le temps passé en famille et les valeurs transmises au quotidien.
À seulement cinq ans, cette petite Mauricienne montre déjà qu’il est possible de grandir en conciliant réussite scolaire, spiritualité et respect des autres. Un message d’espoir qui mérite d’être entendu bien au-delà de son cercle familial.
Star Journal d'information en ligne