- Le maulana Azhar Peerbocus recherché par la police
Twaha Academy Secondary Boarding School de Bel-Air traverse une zone de fortes turbulences, avec des enfants pris au cœur d’un scandale aux multiples ramifications. Des parents et la direction de l’établissement ont porté plainte contre le principal, le maulana Azhar Peerbocus, pour des faits de maltraitance sur enfants. Introuvable, il est recherché. Dans le même temps, un autre front s’est ouvert avec l’annonce par le président de l’Ashrafi Chishti Association of Mauritius de la révocation du « Khilaafat » accordé à Maulana Hussein Luckheea, sur fond de « serious allegations » visant sa conduite, son intégrité et son aptitude.
L’affaire Twaha Academy a éclaté au grand public cette semaine à travers une vidéo en circulation sur les réseaux sociaux où on voit des parents – dont leurs enfants auraient subi des sévices – agressant le principal de l’établissement, le maulana (Mufti) Azhar Peerbocus.
Un nouveau palier a ensuite été franchi avec l’entrée en scène de la police. Une precautionary measure a été enregistrée cette semaine au poste de police de Bel-Air, puis l’affaire a évolué vers une enquête formelle, les faits dénoncés ayant été jugés suffisamment plausibles pour justifier des investigations plus poussées. Dans ce cadre, plusieurs élèves mineurs de Twaha Academy sont actuellement entendus par la police afin de recueillir leurs témoignages et d’établir ce qui s’est réellement passé au sein du boarding school.
Le dossier s’est encore alourdi avec l’enregistrement de deux dépositions pour « ill-treatment of child » contre Azhar Peerbocus. À ce stade, c’est bien sa personne qui se trouve au centre de la procédure. L’affaire ne repose donc plus uniquement sur des accusations relayées sur les réseaux sociaux, mais sur une séquence policière comprenant plaintes, main courante, enquête, auditions d’enfants et recherche active du principal concerné.
« Serious allegations »
C’est dans ce contexte déjà explosif que la direction de Twaha Academy a décidé de sortir du silence. Dans un communiqué daté du samedi 4 avril 2026, elle affirme avoir pris des mesures immédiates après de « serious allegations » survenues dans la nuit du 30 mars. Selon ce communiqué, le principal a été « revoked and relieved of all duties with immediate effect », c’est-à-dire révoqué et relevé de toutes ses fonctions avec effet immédiat.
La direction cherche ainsi à installer sa propre chronologie des faits. Dans sa version, de graves allégations émergent dans la nuit du 30 mars, puis l’établissement agit sans attendre. Le communiqué ajoute un élément majeur : Twaha Academy affirme avoir formellement saisi la police dès le 31 mars 2026. Autrement dit, l’institution soutient qu’elle n’a pas cherché à garder l’affaire en interne, mais qu’elle a très vite impliqué les autorités.
« Clean record of morality »
Pour renforcer cette ligne de défense, la direction précise avoir sollicité Me Assad Peeroo pour un avis légal. Elle explique que c’est sur la base de cette consultation qu’elle a entrepris les démarches nécessaires pour impliquer les autorités. Ce passage n’est pas anodin : il vise à montrer que l’établissement a agi dans un cadre juridiquement encadré, et non sous le coup de la panique ou de l’improvisation.
Dans le même communiqué, Twaha Academy tente aussi de répondre à une autre question sensible : comment une telle situation a-t-elle pu surgir au sein de l’institution ? La direction explique que le principal avait été nommé sur la base de « high qualifications » et d’un « clean record of morality with no previous offenses ». Elle ajoute lui avoir confié cette responsabilité « in good faith », autrement dit de bonne foi. Par cette formulation, l’établissement cherche clairement à défendre sa gouvernance passée et à faire comprendre qu’au moment de la nomination, aucun signal négatif connu ne justifiait, selon lui, la méfiance.
« NO COVER-UP »
Mais le passage le plus politiquement chargé du communiqué reste sans doute celui intitulé « NO COVER-UP ». En choisissant d’utiliser cette formule, la direction répond frontalement au soupçon d’étouffement qui commençait à s’installer dans l’opinion. Elle affirme : « We stand firmly with the truth and will not hide anything from the population. » En clair, Twaha Academy nie toute volonté de cacher l’affaire. En même temps, elle met en garde contre « false accusations and misinformation » circulant sur les réseaux sociaux, signe qu’elle cherche aussi à contenir l’emballement numérique autour du dossier.
Le communiqué se termine sur un message centré sur les élèves, la direction affirmant que « the safety and well-being of our students remain our highest priority ». Cette phrase referme le texte sur l’argument que l’établissement veut placer au-dessus de tout : la protection des enfants.
C’est désormais une affaire policière, doublée d’une crise de gouvernance et de communication pour Twaha Academy. Et la suite dépendra désormais de ce que révéleront l’enquête, les témoignages des enfants entendus et les éventuelles suites judiciaires.
Ashrafi Chishti Association of Mauritius : le Khalifaat de Maulana Luckheea révoqué
Les séquelles du scandale qui secoue Twaha Academy continuent de s’étendre. Dans un document daté du 2 avril 2026, le président de l’Ashrafi Chishti Association of Mauritius, Syed Muhammad Noorani Ashrafi ul Jeelani Ashrafi, annonce la révocation du « Khilaafat » accordé à Maulana Akhtar Hussein Luckheea, sur fond de « serious allegations » visant sa conduite, son intégrité et son aptitude. Le texte mentionne aussi explicitement Twaha Academy, dont le signataire dit avoir été sollicité comme « Chief Patron ».
Dès l’ouverture, le ton est grave. Le signataire dit avoir été informé de « serious allegations and matters concerning the conduct, integrity, and suitability » de l’intéressé. Sans détailler ces allégations, le document précise qu’elles sont jugées suffisamment sérieuses pour justifier une mesure immédiate.
Syed Muhammad Noorani Ashrafi ul Jeelani Ashrafi rappelle avoir auparavant accordé à Maulana Luckheea le Khilaafat au sein de l’Ashrafiyyah Silsilah. Mais face à ce qu’il appelle « the prevailing situation », il affirme retirer avec effet immédiat tous les droits, permissions et autorisations qui lui avaient été accordés comme Khaleefah.
Le document précise que cette décision est prise « in good faith » afin de préserver « the integrity, discipline, and moral standing » de l’association.
Le signataire affirme que Maulana Luckheea lui avait demandé d’agir comme « Chief Patron » de son académie, tout en précisant qu’aucune affaire ne lui avait été signalée auparavant. La note se termine par une rupture nette. Le président de l’ACAM affirme se désolidariser complètement de l’intéressé.
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