Discrète, réservée, passionnée de littérature, Sadia Khodabocus signe avec The Gossamer Like Heart un premier recueil de dix nouvelles sur l’amour lent, fragile et profond. Une entrée en écriture tout en douceur, portée par une vision sensible des sentiments.
Il y a des premiers livres qui arrivent avec fracas. Et puis il y a ceux qui s’installent avec délicatesse, presque sur la pointe des pieds. The Gossamer Like Heart (Un cœur aussi délicat qu’une toile d’araignée), premier ouvrage de Sadia Khodabocus, appartient clairement à cette seconde famille. Rien ici ne semble forcé. Tout donne plutôt l’impression d’un projet longtemps mûri, porté par une femme attachée à la littérature, à l’émotion vraie et à une certaine idée de l’amour.
Dès qu’elle parle de ce premier livre, Sadia Khodabocus laisse apparaître le socle de sa démarche : « Mon amour de longue date pour la littérature m’a donné l’élan, a posé les bases et a permis à ces histoires de voir le jour. » Elle dit aussi avoir voulu défendre une conviction simple, mais forte : « La lenteur et la constance finissent toujours par l’emporter, surtout dans les relations qui comptent vraiment. » Tout est déjà là : la sensibilité, la patience, et ce refus d’un monde affectif trop rapide.
L’amour, mais sans précipitation
Son recueil rassemble dix histoires autour d’une même tonalité : celle d’une romance qui prend son temps. Ce choix n’est pas anodin. Pour l’auteure, les choses les plus solides ne se construisent pas dans la précipitation. « J’ai toujours cru que les choses les plus durables dans la vie demandent du temps, beaucoup de patience, et parfois même des sacrifices », explique-t-elle. Dans une époque marquée par l’instantané, elle revendique au contraire une autre cadence. Elle le dit avec une formule très actuelle : aujourd’hui, on favorise souvent « l’amour au premier glissement de doigt plutôt que l’amour au premier regard ».
Chez elle, l’amour n’est ni spectaculaire ni tapageur. « L’amour n’est pas transactionnel et ne repose pas sur de grands gestes dramatiques », dit-elle. Ce qui l’intéresse, c’est autre chose : « C’est la construction progressive d’une confiance mutuelle, du respect, et du courage constant qu’il faut pour montrer sa vulnérabilité. » Son livre semble donc moins célébrer le coup de foudre que l’éclosion lente des sentiments, moins raconter l’évidence que l’apprentissage de l’autre.
Une vision plus vraie que féerique
Ce qui distingue aussi Sadia Khodabocus, c’est son refus des recettes trop faciles. Elle ne croit pas au conte de fées comme seule issue valable. « Ce qui distingue mes histoires, c’est le refus de présenter le ‘ils vécurent heureux pour toujours’ comme la seule destination possible », affirme-t-elle. Pour elle, l’amour n’est pas une ligne d’arrivée, mais un chemin. « Nous traitons souvent l’amour comme une ligne d’arrivée. Moi, je le vois comme les leçons que l’on apprend en route. »
Cette approche donne à ses textes une couleur plus humaine. Ses personnages ne sont pas lisses, encore moins idéalisés. Elle préfère écrire sur « des âmes sans vernis », sur des êtres parfois mis de côté par la société, mais qui continuent malgré tout à croire, à espérer, à tenir debout. Elle parle de rejet, de résilience, de douleurs du cœur, mais aussi de reconstruction.
Aujourd’hui, Sadia Khodabocus regarde cette première publication comme un rêve longtemps porté. Elle parle d’« un rêve de longue date qui se concrétise » et d’un moment presque irréel pour une première auteure. Elle remercie Dieu, ses parents, ses proches, ceux qui l’ont soutenue. Et même si elle reste prudente face à l’avenir, une envie est déjà là : « J’attends avec impatience, si Dieu le veut, d’écrire un autre livre. »
La fragilité comme force
Le titre du recueil intrigue. The Gossamer Like Heart évoque quelque chose de fin, presque aérien. Mais là aussi, Sadia Khodabocus donne au mot une profondeur particulière. « Le titre rappelle avec douceur que la vulnérabilité n’est pas un signe de faiblesse, mais une forme d’endurance », explique-t-elle. Elle compare le cœur à une toile d’araignée : fragile en apparence, mais étonnamment résistante. « Même si la toile paraît d’une extrême délicatesse, elle est techniquement plus solide que l’acier, exactement comme le cœur. » L’image est belle, mais surtout révélatrice. Toute sa vision de l’amour semble tenir dans cette idée : on peut être tendre sans être faible, sensible sans se briser. Elle parle ainsi « de la beauté d’être doux dans un univers qui exige souvent de nous que nous soyons durs ».
Cette phrase, à elle seule, pourrait presque servir de signature à son livre.
Une femme discrète, une voix bien à elle
Femme au foyer, Sadia Khodabocus a écrit dans les interstices du quotidien, en prenant sur son temps libre, en volant parfois quelques minutes entre les tâches, souvent la nuit. Elle raconte ce chemin avec simplicité. Le tournant, dit-elle, a été de ne plus voir l’écriture comme un simple passe-temps, mais comme « une expérience qui nourrit l’âme ». Elle a compris que son imagination n’était pas un écart par rapport à ses responsabilités, mais « précisément ce qui nourrissait sa capacité à les accomplir ».
Quand elle parle d’elle-même, le portrait se précise encore. Elle se décrit comme « terriblement timide », « une femme de peu de mots », très attachée à son univers intérieur. Avec une jolie formule, elle glisse même que ses yeux semblent souvent parler plus qu’elle. Spirituelle, passionnée de musique depuis l’enfance, romantique assumée, parfois perçue comme « trop intense », elle dit trouver de la force « dans les coins les plus sereins de la vie, ceux qu’on peut facilement négliger ».
C’est sans doute pour cela que son regard se pose avec tant de délicatesse sur les êtres ordinaires. Elle en est venue à cette conclusion : « Les récits d’amour les plus profonds sont souvent les histoires peu ordinaires de gens ordinaires. » Tout son projet semble tenir là. Écrire non pas sur des héros lointains, mais sur des êtres que l’on connaît, que l’on reconnaît, et qui portent en eux une intensité silencieuse.
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