Le 25 juillet 2026 marquera une date lourde de sens pour Zahir Elaheebacus. Cela fera 26 ans que sa vie a basculé à la suite d’un accident de travail survenu le 25 juillet 2000. Il n’avait alors que 24 ans. Aujourd’hui âgé de 49 ans, il vit depuis plus d’un quart de siècle sans l’usage de ses deux jambes. Un drame qui a bouleversé son avenir, mais qui n’a jamais ébranlé sa foi.
Avant l’accident, Zahir était un jeune homme dynamique et engagé au sein de la Masjid Abu Bakr Siddique (RA). Très impliqué dans les activités religieuses, il participait aux célébrations du Yawm-un-Nabi et contribuait activement à la préparation des iftars durant Ramadan. Toujours prêt à aider, il occupait une place active dans sa communauté.
L’accident de juillet 2000 a brutalement mis fin à cet élan. Dix jours plus tard, il subit une importante intervention chirurgicale en Afrique du Sud, avec l’espoir de retrouver l’usage de ses jambes. Mais le verdict médical est sans appel : les nerfs sont gravement endommagés, il ne marchera plus jamais. « Kan dokter ti dir mwa ki mo pa pou kapav marse ankor, mo leker inn kase », confie-t-il.
Des années d’épreuves médicales
De retour à Maurice, il était admis à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo où il restera deux ans. À cette paralysie s’ajoute une thrombose à la jambe gauche, nécessitant un traitement intensif. Pendant dix ans, ses jambes sont maintenues sous compression afin de dissoudre les caillots sanguins. Les cinq premières années, il est totalement alité.
Sa jeunesse s’écoule entre douleurs, soins médicaux et longues périodes de solitude. L’épreuve est lourde, autant physiquement que moralement. Pourtant, au cœur de cette souffrance, Zahir s’accroche à une certitude : sa foi demeure intacte.
Ramadan, un rendez-vous spirituel
Cinq ans après son accident, il tente de jeûner à nouveau. Il parvient à observer le roza pendant deux années consécutives, avant que des complications de santé ne l’en empêchent définitivement. Son état physique ne lui permet plus de jeûner. Cependant, il n’a jamais cessé d’accomplir ses autres ibadâts.
Depuis 26 ans, chaque Ramadan est pour lui un moment d’intense spiritualité. Il se lève quotidiennement vers 1h30 du matin. Dans le silence de la nuit, il lit le Saint Quran, accomplit Le Tahajjud puis Fajr. Ce n’est qu’après qu’il se repose jusqu’en fin de matinée.
Le soir, il suit le Taraweeh sur YouTube, maintenant ainsi un lien spirituel avec la mosquée qu’il fréquentait autrefois. Ces instants ravivent une profonde nostalgie. « Sa bann momen la mank mwa boukou… avan mo ti dan masjid, mo ti aktif, mo ti prepar iftar pou bann dimounn. Aster mo lor lili, mo krwar mo lavi finn arete depi la », dit-il.
Une foi inébranlable malgré l’épreuve
Malgré tout, Zahir ne laisse pas l’amertume prendre le dessus. Avec une sérénité remarquable, il affirme : « Me mo gard la foi lor mo Créateur. Li ki finn donn mwa la vie, li ki pou deside kan pou pran li. Mo fer sabr, mo viv. Tou keksoz dan la vie ena enn rezon. Nou bizin krwar ki Allah kone seki meilleur pou nou. »
Son handicap n’a pas mis fin à sa spiritualité. Bien au contraire, il a transformé sa chambre en lieu de prière, son lit en espace de méditation. Même privé de mobilité, il continue d’avancer intérieurement.
Le 25 juillet 2026 ne symbolisera pas uniquement 26 années d’accident. Il représentera aussi 26 années de résilience, de patience et de foi inébranlable. Zahir n’a peut-être plus l’usage de ses jambes, mais son attachement à Allah demeure intact. Immobilisé dans son corps, il avance chaque jour par l’âme, porté par une foi qui ne l’a jamais quitté.
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