Poussée par un sentiment de révolte, Basheera Sheik Amodine a été entraînée dans l’engrenage de la drogue. Elle était encore trop jeune pour mesurer les conséquences de son acte. Sa vie va alors basculer sans qu’elle ne s’en rende compte.
Basheera a bien voulu faire ce témoignage, pour que d’autres ne commettent pas la même erreur. « N’essayez jamais de prendre de la drogue même pour le plaisir. Une fois que vous êtes dans ce cercle infernal, vous devenez son prisonnier », dit-elle. Ses deux filles étaient assises sur un petit lit à côté d’elle. Elle nous raconte sa descente aux enfers : « J’étais en Form II au Madad -ul-Islam Girls College. J’aimais mon école et mes études jusqu’au jour où soudainement j’ai commencé à me dégouter de tout», se rappelle-t-elle.
À la maison, ses parents imposaient sur elle des conditions très strictes. Elle ne pouvait même pas se rendre chez des proches. Profitant de leur absence, elle est sortie et a rencontré un groupe de jeunes qui prenaient de la drogue. Elle leur a posé la question «Qui zotte pé fer là ? » . « Nous pe mette nissah » Qui été sa nissah ? demande-t-elle encore? « Be vine zoine are nous ler là to pou conner », fut leur réponse.
Conditions strictes
Ignorant le danger auquel elle allait s’exposer, elle a commencé par sniffer de la colle. Sa vie va alors basculer. Et ce, malgré tous les efforts de ses parents pour la sortir de là. Finalement ses parents décidèrent de la marier avec l’espoir qu’elle allait changer.
« J’avais 15 ans quand j’ai épousé Ahmad. J’étais devenue une nuisance pour ma famille. En épousant Ahmad c’était pour moi l’occasion de sortir de la maison », nous dit notre interlocutrice. Après le mariage son époux a fini par apprendre la vérité sur elle. Il fait tout pour la sortir de là, mais en vain. Ses beaux-parents ne la portent pas dans leur cœur. Une fois de plus, elle est devenue la mal aimée. Elle a eu deux filles, Aliya et Aliza, aujourd’hui âgées de 13 et 11 ans respectivement.
En 2014, elle perd son époux, le seul être qui la soutenait. à peine une semaine après, que beaux-parents la mettent à la porte, lui refusant la garde de ses enfants. « Au lieu de retourner chez mes parents j’ai préféré ma liberté. Après quelque temps ma fille aînée Aliya m’a téléphoné pour me dire qu’elles sont maltraitées et battues et de venir les chercher. Mais n’ayant pas un travail continuel, je me suis retrouvée dans une nouvelle situation difficile. J’étais obligée de retourner chez mes parents, tout en continuant à me droguer », raconte-t-elle.
En 2014, Basheera fait une overdose, mais réussit à s’en sortir. Elle rechute une nouvelle fois en 2015. Toutefois, elle n’en pouvait plus s’en passer. «L’année dernière mes deux filles m’ont demandé de retourner à la maison et d’arrêter cette vie. Elles avaient peur pour elles même et pour moi », révèle-t-elle.
Cure de désintoxication
Elle avait honte d’elle-même. Prise des remords, elle est allée au Centre La Chrysalide à Bambous pour une cure de désintoxication de six semaines et pour suivre un traitement thérapeutique pendant six mois. Mais au bout de deux semaines elle a replongé dans l’enfer de la drogue. Une nouvelle fois elle essaie de suivre une cure de désintoxication au Centre Idrice Goomany. Avec un peu plus de volonté elle a réussi à 31 ans de sortir de cet enfer.
«Il m’arrive des fois d’avoir des tentations. Mais je pense à mes enfants qui sont ma raison de vivre. J’ai eu un boulot comme responsable dans un supermarché. Mais, j’ai dû l’abandonner, car une personne a su que j’étais une droguée et l’a raconté aux autres ». déclare-t-elle. Quand elle a voulu fuir la drogue elle s’est retrouvée dans un labyrinthe sans issue. « Une fois que l’on est dedans on devient prisonnière des sensations fortes. Je conseille aux autres de ne pas y toucher », conclut-elle.
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