dimanche , 17 octobre 2021
Le prix de plusieurs produits de base sera contrôlé.

Subvention des denrées alimentaires : quand la dépréciation de la roupie flambe les prix

Un gouvernement qui n’a pas à cœur l’intérêt du peuple, surtout de ceux au bas de l’échelle. C’est l’impression qu’avait eu plus d’un face à la flambée de prix. Ces dernier temps, il ne se passe pas une seule semaine sans qu’il y ait d’augmentation de prix.

Deux facteurs sont à la source de cette tendance. Primo, le coût du fret en hausse. Sur un an, il a même doublé pour des produits venant de certains pays. Secundo, il y a la dépréciation de la roupie qui s’est accélérée le mois dernier par une décision de la Banque de Maurice (BoM). En fait, du début du confinement en mars 2020 à juin 2021, notre monnaie s’est dépréciée de Rs 3 par rapport au dollar, valant Rs 41 contre Rs 38 précédemment. Ce qui fait qu’un importateur doit débourser Rs 410 contre Rs 380 pour un produit qui coûte 10 dollars. Soit Rs 30 de plus.

Depuis la décision de la BoM du mois dernier, ce produit va coûter dans un proche avenir Rs 435, car le dollar s’est apprécié et s’échange à Rs 43.50. Cette hausse sera répercutée sur les importations à venir. Du coup, entre mars 2020 et juillet 2021, un dollar est échangé à Rs 5.50 plus cher. Sans compter que les prix des carburants ont aussi pris l’ascenseur.

Sept produits subventionnés

Sans l’ombre d’un doute, l’importateur n’a d’autres choix que de passer cette augmentation aux consommateurs. Ce qui équivaut à une baisse du pouvoir d’achat dangereuse pour les personnes au bas de l’échelle et même pour celles se trouvant dans la fourchette dite « lower middle class ». Le gouvernement s’est ainsi retrouvé dos au mur et dans l’obligation d’intervenir pour freiner cette tendance à la baisse. Ainsi, vendredi, le Premier ministre a annoncé la décision du gouvernement de subventionner les denrées de base comme les sardines et « Pilchards » en boîte, le fromage, l’huile comestible, la margarine, des tomates en conserve, le lait en poudre et les grains secs. Cette subvention à hauteur de Rs 500 millions sera effectuée à travers la Mauritius Revenue Authority (MRA). Plus d’un souhaitent que le gouvernement subventionne également le prix de certains médicaments qui est en constante hausse.

À l’Assemblée nationale, vendredi, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a expliqué qu’avec la Covid-19, la vie a été affectée sur toute la planète. En mars 2020, l’acheminement des produits par voies aérienne, terrestre et maritime a été stoppé et des restrictions imposées dans plusieurs pays du monde. « Il y a eu des interruptions dans la fourniture », a souligné le chef du gouvernement. Il a ajouté que la pandémie a impacté le marché mondial, alors que l’offre et la demande ont changé. Et d’ajouter que « Maurice dépend de ces produits ».

À ce jour, 27 produits sont sous le Price Control : 9 sous le Maximum Price Regime, 17 sous le Maximum Mark-up Regime et 1 sous le Recommended Retail Price Regime. Ces produits sont : le pain, le riz, les sardines, la farine, les Corned Beef/Mutton, le gaz ménager, le carburant, le gel sanitaire, la pomme de terre, l’oignon, les produits pharmaceutiques, le Pilchard, certains grains secs, les masques et les serviettes hygiéniques.

Un Observatoire des prix

Un Observatoire des prix sera mis sur pied pour les besoins du contrôle. En avril 2020, le gouvernement a introduit 22 produits sous le Price Control et la surveillance du marché a été assurée. Du 1er juillet 2020 au 15 juin 2021, 17 000 inspections ont eu lieu dans les commerces et 1 300 contraventions ont été dressées pour non affichage des prix et prix exagérés. En avril 2021, il a été trouvé qu’il fallait mettre les grains secs et les sardines sous le Price Control.

Mosadeq Sahebdin, de la CAP : «De nombreuses familles pourront manger à leur faim»

Le président de la Consumer Advocacy Platform, Mosadeq Sahebdin, accueille favorablement le contrôle, dès ce lundi, de prix de plusieurs produits de base. Cependant, il estime que d’autres commodités coûtent encore cher.

Le Premier ministre a annoncé, vendredi à l’Assemblée nationale, le contrôle de prix de 7 produits de base. Etes-vous totalement satisfait?
Quoiqu’insuffisante, par rapport au nombre de produits concernés, cette mesure va soulager des milliers de ménages à faibles revenus. Nous notons que le beurre n’y est pas inclus ainsi que le riz basmati. Toutefois, il est intéressant de faire ressortir que ce contrôle de prix va être maintenu pour six mois, contrairement à l’année dernière où il prenait fin après quelques semaines.

Au vu du contexte, cela va-t-il grandement soulager les Mauriciens ?
Certainement, ce sera un soulagement pour de nombreux ménages. Selon Statistics Mauritius, les ménages consacreraient 23% de leurs revenus aux produits alimentaires. Nous mettons en doute ce chiffre, car nous pensons que les Mauriciens dépensent plus pour les aliments. Avec la baisse de prix, de nombreuses familles pourront manger à leur faim.

Craignez-vous que certains commerçants malhonnêtes n’appliquent pas les nouveaux prix dès lundi ?
Ils n’ont pas le choix d’autant que les règlements à cet effet devront être publiés dans le Government Gazette probablement lundi. Les consommateurs devront être vigilants et rapporter tout cas d’abus.

Si les prix de quelques produits sont contrôlés, ceux du riz, du poulet, des couches, etc. restent élevés. Comment le consommateur doit-il équilibrer ses dépenses ?
Le budget familial demeure le maître-mot ! Il incombe à la Consumer Affairs Unit d’aller à la rencontre des familles pour partager la notion du budget familial.

De janvier à juin, les prix ont constamment prix l’ascenseur. Pensez-vous que cela ait pu contribuer à un appauvrissement des « lower middle class » surtout en prenant en considération l’impact négatif de la pandémie ?
Définitivement ! Les hausses vertigineuses suivant la hausse des prix des carburants et la dévaluation de la roupie ont eu un impact important sur la classe moyenne. Il n’est pas impossible que certains ménages aient dû puiser dans leurs économies pour faire face à la cherté de la vie.

Sinon, avec la troisième phase de réouverture, les parcs de loisirs commencent à accueillir des visiteurs. Quid de l’aspect de sécurité ?
Il est déplorable que la Tourism Authority n’ait pas répondu à l’appel de la CAP en faveur d’une évaluation des installations des parcs de loisir. Il semble que la sécurité des utilisateurs ne soit pas leur priorité pour l’instant.

Commentaires

A propos de star

Ceci peut vous intéresser

Judiciaire : le barreau accueille 26 nouveaux avocats

Le barreau mauricien compte 26 nouveaux adhérents. Ils ont prêté serment le mercredi 22 septembre …