samedi , 24 août 2019
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Mahomed Imraam et Nageem Karimullah

Ramadan et toxicomanie : le jeûne, une barrière contre cette spirale addictive

Le mois de Ramadan est l’occasion pour ceux et celles qui sont accoutumés à la drogue de se débarrasser de cette mauvaise habitude. Pour les toxicomanes, la drogue est un refuge, voire un moyen de fuir la réalité. Comment font-ils pour rester loin de la drogue durant ce mois sacré, surtout ceux qui sont sous traitement de méthadone ? Nous avons rencontré deux toxicomanes anciennement habitués à la consommation de drogues dures mais qui ont mis fin à cette dépendance grâce au traitement à la méthadone. Ils nous racontent comment durant le Ramadan, ils prenaient leurs doses après le repas du matin et aussi après la rupture du jeûne. Ils sont d’avis que seul le namaz peut éloigner un toxicomane de cette spirale addictive.

Mahomed Imraam : «Seul le namaz peut nous garder loin de la drogue»

Mahomed ImraamMahomed Imraam, un professionnel dans le privé, a connu le Brown Sugar dans les années 1980. Pendant quatre ans, Imraam a connu la descente aux enfers. Chaque jour, il avait besoin de sa dose de Brown Sugar et dépensait beaucoup d’argent pour s’en procurer. Petit à petit, il néglige son travail et ses parents, et ne fréquente que ses amis. Après quatre ans, il décide de mettre un frein à la consommation du Brown Sugar par le traitement médicamenteux des médicaments. Pendant dix ans, Imraam reste loin de la drogue et retrouve une certaine stabilité dans sa vie. Dix ans après, les mauvaises fréquentations le font rechuter. Il tombe enfin sur un ami en vacances à Maurice. Trois mois après, Imraam arrête de se droguer grâce aux médicaments prescrits par un médecin. De 1999 à 2017, il ne touche plus à la drogue et se réfugie dans la spiritualité. Travail, namaz, bonnes actions seront ses passe-temps. Imran réintègre la société et fonde une famille.

En 2017, le démon de la drogue synthétique le reconduit dans le gouffre. Il croyait fumer un joint (mass) mais en fait, c’était une cigarette bourrée de drogue synthétique généreusement offerte par un ami. Le lendemain, Imraam part à la recherche de cette drogue plus connue comme ‘Batte dans la tête’. C’est une drogue qui semble procurer un effet de plaisir pendant toute une journée. En 2018, lorsque ses parents apprennent qu’il a rechuté, son épouse l’emmène chez un médecin du privé. Ses parents prennent également contact avec le centre Dr Idrice Goumany, qui lui tend une main salvatrice. Imraam accepte de faire des sacrifices et diminue ses doses. Le médecin lui prescrit des médicaments. C’est le Dr Rassool qui le prend en main et il arrête définitivement la consommation de cette drogue.

Imraam a décidé de rester loin de la drogue et de reprendre le chemin de la mosquée. Cette année, il a pris la bonne résolution d’observer le Ramadan, accompagné du namaz taraweeh sans oublier les bonnes actions à travers la zakaat. Son médecin traitant lui a prescrit un médicament après le Sehri et un autre après l’Iftar. Imraam conseille aux jeunes de rester loin de cette gangrène qui a détruit sa vie. Il conseille de rester solidement attaché à la musjid pour ne pas tomber dans le piège de la drogue.


Nageem Karimullah : «Il faut une volonté de fer pour observer le  jeûne»

Nageem Karimullah Nageem Karimullah a connu toutes les drogues dures pendant 30 ans jusqu’à sa sortie de prison en 2012 quand il décide de mettre fin à cette vie de toxicomane. Il a commencé à l’âge de 17 ans sans se soucier des conséquences. À sa sortie de prison, il est inscrit au programme de traitement par la méthadone. « Méthadone li ene médicament miracle sa, c’est ene baton magique », constate-t-il.

Depuis 2012, Nageem n’a pas rechuté et n’a touché à aucun produit excepté sa dose quotidienne de méthadone. Nageem raconte que durant le Ramadan, il prend sa dose de méthadone après l’Iftar en début de soirée. Mais cette situation lui cause des inconvénients. « Ene journée garde roza, aprés le soir, bizin sorti lors crown land pou alle prend mo dose l’hopital Jeetoo », laisse-t-il entendre. Nageem explique qu’il existe un protocole de ‘Home dose’. Les autorités doivent respecter l’engagement pris pour remettre la dose prescrite à tous ceux qui jeûnent d’après un critère établi. La deuxième solution serait la distribution de méthadone après l’Iftar au poste de police de Vallée-Pitot.

Nageem parle de volonté de fer pour jeûner durant toute la journée sans la dose de méthadone. « Il faut une volonté de fer pour observer le jeûne du Ramadan », dit-il. L’inconvénient de la méthadone après l’Iftar, c’est que le toxicomane ne pourra pas accomplir le namaz taraweeh dans un état normal. Au début du protocole du traitement, la méthadone était de bonne qualité et plus performante, constate Nageem et il demande au ministère de la Santé de vérifier la qualité de la méthadone actuellement distribuée.

Nageem, qui est Peer Educator au sein d’une ONG, participe activement à la campagne de prévention et de sensibilisation sur les dangers de la drogue. Il donne des conseils aux étudiants dans des collèges. Il tient à remercier Imran Dhanoo du centre Dr Idrice Goumany qui lui a donné l’occasion de refaire sa vie. Il se dit prêt à aller faire des témoignages durant le Ramadan dans les masjids. Il racontera son expérience de l’enfer de la drogue et comment il a pu s’en sortir.

Pour conclure Nageem demande aux jeunes de rester loin de la drogue synthétique. «La drogue sel vice ki pena tournevis », prévient-il. Vous pouvez le joindre sur le 5974-2831.

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