vendredi , 30 septembre 2022

Omicron, nouveau variant préoccupant – Dr Shameem Jaumdally : «Il ne faut pas céder à la psychose»

Qualifié de « préoccupant » par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nouveau variant Omicron inquiète. Or, le Dr Shameem Jaumdally, virologue mauricien basé en Afrique du Sud, demande de ne pas céder à la panique, car il faut encore confirmer les résultats des exercices de simulation effectués jusqu’ici.

Après Alpha, Beta, Gamma, Delta… un nouveau variant du coronavirus a été identifié cette semaine, lequel a été appelé « Omicron ». Apparu en Afrique du Sud, l’Omicron inquiète déjà dans la communauté scientifique qui cherche à savoir si ce variant serait plus contagieux et plus dangereux. Le Dr Shameem Jaumdally explique que biologiquement, le virus a connu quelques mutations qui pourraient éventuellement le rendre plus résistant aux vaccins. « En termes simples, les mutations sont telles que les vaccins pourraient ne pas reconnaître le virus. C’est comme si un voleur avait enfilé une cagoule. Vous savez qu’il est là pour voler mais vous ne pouvez prendre une quelconque action, car vous ne connaissez pas son identité », explique le virologue.

Simulations

Le Dr Shameem Jaumdally.

Autre information connue : dans la province de Gauteng en Afrique du Sud où des cas ont été enregistrés, il a été constaté que l’Omicron a commencé à être en compétition avec le variant Delta. « Nous savons que le Delta a un taux supérieur de transmission. Nous déduisons donc que l’Omicron dispose également d’un taux de transmission élevé », ajoute-t-il.

Cela dit, notre compatriote indique que les informations ventilées jusqu’ici émanent surtout des exercices de simulation effectués par des chercheurs. « Il nous reste donc encore à vérifier tout cela en laboratoire, notamment pour évaluer l’efficacité des vaccins contre ce variant, sa contagiosité, sa virulence, etc. Tout reste à confirmer. Mes collègues et moi travaillons déjà dessus et sous sommes en communication constante avec d’autres équipes de chercheurs. C’est pourquoi je dis qu’il ne faut pas céder à la psychose », recommande le Dr Shameem Jaumdally. Selon lui, les communications dans le monde entourant ces simulations sont alarmistes. Or, il considère que « ena enn façon pou faire communication scientifique ».

Selon les prévisions du virologue, d’ici la semaine prochaine, d’autres informations vont tomber en ce qui concerne l’Omicron. « À ce stade, nous ne pouvons dire avec certitude si ce variant sera plus dangereux. Nous ne disposons pas de suffisamment de données maintenant pour faire une telle affirmation », concède-t-il.

Frontières

Mais ce qui est sûr, selon le virologue, c’est qu’Omicron, comme tous les autres variants avant lui, dispose du même mode de transmission, soit par voie nasale et buccale. « Nous connaissons la durée d’incubation et nous savons qu’il y aura des malades dans certains groupes vulnérables principalement, soit ceux souffrant du diabète, d’hypertension, de maladies cardiovasculaires, etc. », dit-il. D’où l’appel du Dr Shameem Jaumdally pour le maintien des gestes barrières et du respect des mesures sanitaires.

La décision de Maurice de fermer ses frontières avec quelques pays africains a aussi été commentée par le virologue. Selon lui, cette décision ne fera que retarder l’arrivée de ce variant sur le sol mauricien. « Ce n’est qu’une question de temps avant qu’Omicron ne soit détecté à Maurice également. D’ailleurs, nous avons vu ce qui s’est passé avec le Delta. Nous savions que tôt ou tard, ce variant allait faire son apparition sur le sol mauricien. Finalement, le Delta est entré alors qu’il y avait encore des restrictions au niveau des arrivées », fait-il ressortir. Il dit cependant comprendre, tenant compte de l’importance et la contribution du tourisme à l’économie que seuls quelques pays soient interdits à ce stade.

Afrique du Sud : quatrième vague ?

L’Afrique du Sud a déjà connu trois vagues de contamination jusqu’ici (C.1, Beta et Delta) et le Dr Shameem Jaumdally dit anticiper que l’Omicron sera à l’origine d’une 4e vague de contamination dans ce pays. Selon lui, il semblerait que l’Omicron tire son origine de ce pays. « Si des pays tels que l’Afrique du Sud, l’Inde ou encore le Brésil sont souvent à l’origine de nouveaux variants, c’est parce qu’ils comptent beaucoup de personnes immunodépressives (NDLR : insuffisance des moyens de défense naturels). Lorsque ces personnes contractent le virus, elles ont tendance à le garder plus longtemps, ce qui donne ainsi l’opportunité au virus de se multiplier davantage et de se modifier, ce qui donne lieu à des variants », dit-il.


Les vols commerciaux suspendus

Tous les vols commerciaux d’Afrique du Sud vers Maurice seront suspendus à compter de 23h59 le dimanche 28 novembre 2021. C’est une information émanant du ministère des Affaires étrangères. L’objectif étant d’éviter une éventuelle propagation du variant Omicron sur le sol mauricien. Les voyageurs venant de Namibie, du Lesotho, du Botswana, d’Eswatini et du Zimbabwe sont strictement contrôlés. Les passagers qui ont été physiquement présents dans l’un des six pays sus-mentionnés au cours des 14 derniers jours précédant la date d’arrivée à Maurice ne seront pas autorisés à entrer ou à transiter dans la République de Maurice.

Les vols de rapatriement d’Afrique du Sud pour les citoyens mauriciens ainsi que pour les détenteurs de permis de travail et de résidence seront coordonnés par le ministère des Affaires étrangères et seront soumis à des protocoles sanitaires stricts, y compris la quarantaine.


Isolement et PCR pour les personnes déjà à Maurice

Les personnes qui se sont rendues dans ces six pays (Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Eswatini, Zimbabwe et Namibie) dans les 14 jours, avant leur date d’arrivée à Maurice, seront soumises à un test PCR obligatoire et devraient s’isoler en attendant leur résultat PCR. C’est ce qu’indique le ministère de la Santé. Dans le cas où une personne est positive à la Covid-19, qu’elle soit symptomatique ou non, elle sera admise dans des centres ou des hôpitaux dédiés sous la tutelle du ministère de la Santé et du Bien-être. Ceux dont les résultats sont négatifs seront tout de même suivis par le ministère et devront passer un test PCR obligatoire à leur jour 7 et jour 14.

Les personnes qui sont déjà à l’île Maurice et qui se sont rendues dans les six pays mentionnés au cours des 14 derniers jours précédant leur date d’arrivée sont invitées à faire un test PCR dans n’importe quel hôpital.

Fruits, légumes et fleurs en quarantaine

Les importations de fruits, de légumes et de fleurs d’Afrique du Sud, par avion, feront l’objet d’un traitement spécial. Le ministère de l’Agro-industrie a décidé que tous ces produits devraient être préalablement emballés. Une fois à Maurice, les marchandises seront transférées directement de l’avion à la chambre froide de l’Agricultural Marketing Board (AMB) située à l’aéroport, pour une durée de 48 heures. Aucun frais supplémentaire ne sera réclamé aux importateurs.

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